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Les scientifiques ont découvert que l'Univers mourrait.
Les scientifiques ont découvert que l'Univers mourrait.
©NASA

Boom

"L'Univers meurt à petit feu" : les 4 scénarios possibles de la fin des galaxies

Les scientifiques ont découvert que l'Univers mourrait lentement mais sûrement. Les galaxies sont donc condamnées, mais on ignore encore comment se déroulera leur fin : Big Crunch, Big Bounce, Big Chill ou Big Rip ?

Il y a 13,8 milliards d'années, un évènement sans commune mesure allait déclencher le commencement.  Le commencement de tout, de la matière, des étoiles, des planètes, de la vie. Une soudaine explosion transforme notre univers primaire, cette masse incroyablement chaude et dense, dans l'état dans lequel nous le connaissons aujourd'hui avec des dimensions qui dépassent l'entendement. Cette  théorie, qui apparaît dès les années 1920, reste minoritaire pendant plusieurs décennies. En 1949, le très respectable physicien britannique Fred Hoyle intervient sur les ondes de la BBC et ironise sur cette interprétation qu'il juge alors farfelue, "basée sur l'hypothèse que toute la matière de lUunivers a été créé dans un grand bruit." En anglais, il parlait de "big bang." Il s'est moqué à tort mais le nom est resté.



Depuis, les chercheurs se sont donc mis d'accord pour affirmer que le Big Bang a bien eu lieu mais qu'il ne s'agissait pas exactement d'une explosion. C'est plutôt une expansion soudaine et progressive de l'Univers. Après s'être intéressée à la naissance, la cosmologie s'est ensuite penchée sur son évolution avec toujours plus de surprises. Contrairement à ce qu'on imaginait, l'expansion de l'Univers se poursuit encore et toujours. Pire, elle s'accélère, probablement en raison de l'impact gravitationnel de l'énergie sombre, cette force invisible et indétectable dont on soupçonne l'existence et qui composerait les 2/3 de l'Univers.

Les galaxies s'éloignent inexorablement les unes des autres par un phénomène de dilatation de l'espace. Et puisque l'Univers est né et qu'il grandit, peut-être finira-t-il par mourir.

Dans une étude rendue publique en août, les scientifique affirment qu'il "meurt à petit feu". Durant huit ans, avec l'aide des plus puissants télescopes de la planète, les experts ont scruté l'Univers dans 24 longueurs d'onde différente. Et le résultat est sans appel: l'énergie qu'il génère est deux fois moindre qu'il y a deux milliards d'années et elle continue à diminuer. "À partir de maintenant, l'Univers est voué au déclin, comme une vieillesse qui durerait pour toujours" explique Simon Driver, membre du Centre international de recherches radioastronomiques (Icrar) de l'État d'Australie-Occidentale.

"Il n'aura pas forcément une fin mais il aura probablement une forme différente à terme," tempère cependant Jean-Pierre Luminet, astrophysicien et directeur de recherche au CNRS, à l'Observatoire de Paris et au Laboratoire d’astrophysique de Marseille. Une chose est sûre, les scénarios sont nombreux et la réponse est loin d'être tranchée.


La première hypothèse du destin de notre univers est celle du "Big Crunch" ("grande contraction") qui pourrait se définir comme l'inverse du Big Bang. "L'univers entrerait d'ici 60 milliards d'années dans une phase de contraction en raison de l'attraction gravitationnelle, décrite par les théories de la relativité" détaille Jean-Pierre Luminet. Après s'être étendu, l'univers reviendrait ainsi progressivement à une forme similaire de celle du Big Bang, son état d'origine. La théorie a longtemps été favorisée et pourrait impliquer que l'univers observe plusieurs cycles de contraction puis d'extension, puis de contraction… On parle alors de "Big Bounce" pour "grand rebond".

Le Big Bang n'est donc pas la naissance de l'univers mais une simple phase de son histoire. "Ce scénario n'est absolument pas vérifié par les équations pour le moment" tempère Jean-Pierre Luminet. Surtout, la théorie de l'expansion accélérée de l'univers met à mal cette théorie car l'énergie sombre dilate l'espace et empêcherait, apparemment, sa contraction.



L'autre hypothèse est donc le "Big Chill" (grand refroidissement). Les galaxies s'éloignent et ce phénomène refroidit peu à peu l'univers. "On peut imaginer qu'au bout de 1000 milliards d'années, toutes les étoiles se soient éteintes" souligne Jean-Pierre Luminet. L'univers se meurt et devient un désert froid sans pour autant disparaitre. Là encore, tout dépend de la nature de l'énergie sombre dont on ne sait presque rien. Elle entraîne non seulement l'expansion de l'univers mais elle le fait à une vitesse de plus en plus importante.

Dans une nouvelle hypothèse, l'univers n'a même pas le temps de se refroidir car, tel un elastique, il finit par céder sous la violence de l'expansion. C'est le "Big Rip" (grand déchirement) où l'espace va se disloquer brutalement. "Les modèles montrent que cela pourrait arriver dans quelques dizaines de milliards d'années, soit très peu à l'échelle cosmologique" souligne Jean-Pierre Luminet. Encore une fois, tout dépend de la nature de cette énergie sombre car cette théorie implique que l''accélération soit exponentielle et que l'énergie sombre qui la provoque ait une densité très importante. Certains théoriciens supposent que cette accélération pourrait aussi diminuer à un certain moment, au point de relancer la contraction. Retour au Big Crunch.

Les modèles sont donc variés et multiples. Quel que soit celui qui est choisi, l'univers ne ressemblera plus à ce que nous connaissons. La bonne nouvelle, c'est qu'il n'est probablement qu'au début de sa vie.

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