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 Brexit, Trump, primaire de la gauche, même combat ? Et Benoit Hamon mit le doigt sur le "Sésame ouvre toi" des élections
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L'homme concis

Brexit, Trump, primaire de la gauche, même combat ? Et Benoit Hamon mit le doigt sur le "Sésame ouvre toi" des élections

“Je ne prétends pas détenir la vérité, mais est-ce que nous voulons que ça continue comme avant ?" Comment Benoît Hamon a réussi à résumer en une seule phrase la clef de l’élection de 2017.

Christophe Bouillaud

Christophe Bouillaud

Christophe Bouillaud est professeur de sciences politiques à l’Institut d’études politiques de Grenoble depuis 1999. Il est spécialiste à la fois de la vie politique italienne, et de la vie politique européenne, en particulier sous l’angle des partis.

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Bennoit Hamon : "Je ne prétends pas détenir la vérité, mais est-ce que nous voulons que ça continue comme avant ?"

Les déclarations de Benoit Hamon lors du troisième débat de la primaire de la « Belle Alliance populaire » (Parti socialiste et partis alliés du PS) concordent bien avec l’état d’exaspération de l’opinion publique française telle que la mesurent les sondages. Comme d’autres (M. Le Pen, F. Fillon, J. L. Mélenchon, etc.), B. Hamon a bien compris l’insatisfaction déclarée des Français face au statu quo actuel. Nous sommes en 2017 et la crise commencée en 2007 n’en finit pas. Sa solution pragmatique, qui consiste à essayer de trouver une voie de sortie par essais et erreurs, rappelle ce que firent les gouvernements de tous les pays à la suite de la crise des années 1930. Dans un premier temps, tout le monde s’était tenu à l’orthodoxie économique de l’époque, qui était fondée comme aujourd’hui sur l’austérité budgétaire, et aussi sur l’étalon-or. Après quelques années de tentatives et d’échecs, les gouvernements ont tenté les uns après les autres, chacun de leur côté et selon des dynamiques propres à chaque pays, des choses nouvelles, mais sans faire appel à une réflexion théorique d’ensemble préalable. Ils ont essayé des choses inédites, parce que, de toute façon, ce qui était préconisé par les experts de l’époque ne fonctionnait pas et exaspérait de plus en plus les électeurs. Tout le monde a donc bricolé quelque chose pour se sortir du bourbier de la crise de 1929. Ce n’est en fait qu’après la Seconde guerre mondiale que des universitaire ont théorisé ce qui avait été pratiqué depuis quelques années sous le nom de « keynésianisme » en attribuant au seul J. M. Keynes la paternité de ce qui avait été en fait tenté et de ce qui avait réussi. 

Le choix de Benoit Hamon qui consiste à annoncer vouloir prendre des risques au nom de la gauche socialiste correspond par ailleurs à ce que font ailleurs en Europe les dirigeants de la droite nationaliste. Un Viktor Orban en Hongrie mène ainsi une politique économique largement hétérodoxe et peu théorisée par ailleurs, mais cela semble bien satisfaire une bonne part de l’électorat hongrois. B. Hamon rappelle à la gauche française, mais aussi à tous les acteurs du monde politique, que la bonne politique est souvent par essence exploratoire. Si l’on est vraiment réaliste, on sait bien que le monde social s’avère encore plus compliqué dans ses interactions que les théories qui le prétendent le décrire. On découvre alors les bonnes solutions en les mettant en œuvre. 

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