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"Agent secret" de Philippe Sollers : Verbiage et remplissage. Quel dommage… Et à qui voudra le lire : courage
"Agent secret" de Philippe Sollers : Verbiage et remplissage. Quel dommage… Et à qui voudra le lire : courage
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"Agent secret" de Philippe Sollers : verbiage et remplissage. Quel dommage… Et à qui voudra le lire : courage

Philippe Sollers a publié "Agent secret" aux éditions Mercure de France.

Marc Buffard

Marc Buffard

Marc Buffard est chroniqueur pour Culture-Tops. Culture-Tops est un site de chroniques couvrant l'ensemble de l'activité culturelle (théâtre, One Man Shows, opéras, ballets, spectacles divers, cinéma, expos, livres, etc.).

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"Agent secret" de Philippe Sollers

Mercure de France, 3 mars 2021 - 200 pages - 18 €

Recommandation

A la rigueurA la rigueur

Thème

L’auto-portrait d’un écrivain connu et apprécié autrefois, qui s’est déjà raconté maintes fois, comme si l’objectif de l’appareil photo ou le pinceau du peintre étaient atteints d’un mouvement répétitif et saccadé. Ce kaléidoscope donne une image brouillée, à la manière d’un portrait signé Francis Bacon.

Points forts

Il n’y en a pas beaucoup...Peut-être la fin lorsque l’auteur convie le lecteur à boire un verre avec lui et lui présente Nietzsche, Rimbaud, Purcell, Proust, Hölderlin et enfin Dominique Rollin, l’amour de sa jeunesse qu’il n’a pas oublié, le tout se terminant par le très beau poème de Rimbaud " L’éternité ".

Le métier de l’écrivain aussi qui lui permet, de digressions en digressions, d’appeler des grands de la littérature ou de la psychanalyse qu’il a connus et/ou aimés, mais ce sont des évocations sans consistance qui ne semblent n’être là que pour servir l’image de Philippe Sollers.

Ce livre semble n’avoir été écrit que pour satisfaire les demandes pressantes d’un éditeur soucieux de rappeler l’existence de son auteur.

Comme il ne correspond à aucune nécessité, aucun besoin chez ce dernier, il faut donc faire du remplissage : convoquer encore et encore les mêmes souvenirs, laisser aller sa pensée sans souci du lecteur qui n’en peut mais, décrire le bureau où la plume charbonne et faire étalage de sa fatuité et de sa vie de tous les jours.

Autres astuces de remplissage, les citations avec le plus grand nombre de signes, les photos de son album de famille (elles tiennent facilement une page) et le recopiage de lettres dont le caractère très personnel transforment le lecteur en voyeur.

Et non en espion, car il n’y a rien de secret, hélas, dans cet agent ; il fallait bien trouver un titre à ce salmigondis.

Le tout comme une espèce d’écriture automatique, au fil d’une pensée sans structure et souvent sans consistance et pleine de truismes ( " dans écrire il y a rire et cri "... ), servie par un style de fume-cigarette.

Points faibles

Ce livre semble n’avoir été écrit que pour satisfaire les demandes pressantes d’un éditeur soucieux de rappeler l’existence de son auteur.

Comme il ne correspond à aucune nécessité, aucun besoin chez ce dernier, il faut donc faire du remplissage : convoquer encore et encore les mêmes souvenirs, laisser aller sa pensée sans souci du lecteur qui n’en peut mais, décrire le bureau où la plume charbonne et faire étalage de sa fatuité et de sa vie de tous les jours.

Autres astuces de remplissage, les citations avec le plus grand nombre de signes, les photos de son album de famille (elles tiennent facilement une page) et le recopiage de lettres dont le caractère très personnel transforment le lecteur en voyeur.

Et non en espion, car il n’y a rien de secret, hélas, dans cet agent ; il fallait bien trouver un titre à ce salmigondis.

Le tout comme une espèce d’écriture automatique, au fil d’une pensée sans structure et souvent sans consistance et pleine de truismes ( " dans écrire il y a rire et cri "... ), servie par un style de fume-cigarette.

En deux mots ...

Le livre de trop d’un écrivain qui n’a rien à dire et qui le dit quand même...

Un extrait

" Toutes mes rencontres importantes ont été des rencontres de singularités. Quand il y a vraiment rencontre, il y a création d’une courbure qui implique une singularité au sens de l’espace-temps et c’est vérifiable dans toutes les vraies rencontres, qu’elles soient masculines ou féminines. Du côté féminin ça commence très tôt. Quatorze ans, avec Eugenia, Basque du côté espagnol. Ensuite, Dominique. Ensuite, Julia. Voilà pour les plus avouables, puisqu’elles sont connues, mais maintenant je laisse la liste ouverte aux biographes éventuels."

L'auteur

Né Philippe Joyaux en 1936, Philippe Sollers a dirigé la revue Tel quel dans les années 1960 à 1980, ce qui lui fait rencontrer des intellectuels et écrivains tels que Roland Barthes dont il est proche. Puis il dirige la collection “L’infini” chez Gallimard. Parallèlement à cette activité, il écrit des romans comme  Femmes  en 1980 (Gallimard) qui connaît un succès populaire. Auparavant il s’était fait remarquer pour son soutien au maoïsme avant d’en prendre ses distances.

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