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Des empreintes de pas en Tanzanie, sur le site de Laetoli, témoignages des premiers humains, permettent d'en apprendre plus sur les hominidés.
Des empreintes de pas en Tanzanie, sur le site de Laetoli, témoignages des premiers humains, permettent d'en apprendre plus sur les hominidés.
©PATRICK BERNARD / AFP

Nouvelle étude

Une empreinte de pas vieille de 3,66 millions d’années révolutionne ce qu’on sait de l’histoire des Humains

Des empreintes de pas en Tanzanie, témoignages des premiers humains, permettent d'en apprendre plus sur les hominidés, selon une nouvelle publication dans Nature.

La plus ancienne preuve de la marche debout dans la lignée humaine sont des empreintes de pas découvertes à Laetoli, en Tanzanie en 1978, par la paléontologue Mary Leakey et son équipe. Selon une nouvelle publication dans Nature, des preuves concluantes du mode de vie des hominidés et sur le fait que plusieurs espèces d’hominidés coexistaient ont été démontrées. Les premiers pas d'hominidés datent d’il y a 3,66 millions d’années à Laetoli, en Tanzanie. Une autre série d’empreintes de pas mystérieuses a été partiellement fouillée sur un site voisin en 1976, mais rejetée comme ayant peut-être été faite par un ours. Une ré-excavation récente des empreintes de pas sur le site à Laetoli et une analyse comparative détaillée révèlent que les empreintes de pas ont été faites par un humain primitif, un hominidé bipède, selon une nouvelle étude publiée dans Nature.

"Compte tenu des preuves croissantes de la diversité locomotrice et des espèces dans les archives fossiles d’hominidés au cours des 30 dernières années, ces empreintes inhabituelles méritaient un autre regard", selon l’auteur principal Ellison McNutt, professeure adjointe d’enseignement au Heritage College of Osteopathic Medicine de l’Université de l’Ohio. 

Elle a commencé ses travaux notamment en se concentrant sur la biomécanique de la marche chez les premiers humains et a utilisé l’anatomie comparative, y compris celle des ours, pour comprendre comment l’os du talon entrait en contact avec le sol afin de mieux analyser l'origine de ces empreintes.

Ellison McNutt était fascinée par les empreintes de pas bipèdes (via la marche debout) sur le site A de Laetoli. 

Laetoli est célèbre pour son impressionnante piste d’empreintes d’hominidés sur les sites G et S, qui sont généralement acceptées comme Australopithèque afarensis - l’espèce du squelette partiel "Lucy".

Afin de déterminer l'origine des empreintes du site A, en juin 2019, une équipe de recherche internationale dirigée par le co-auteur de l'étude, Charles Musiba, professeur agrégé d’anthropologie à l’Université du Colorado à Denver, s’est rendue à Laetoli, où ils ont fouillé à nouveau et étudié les empreintes consécutives. Ils ont identifié des preuves que les empreintes fossiles ont été faites par un hominidé, y compris une grande empreinte pour le talon et le gros orteil. Les empreintes ont été mesurées, photographiées et scannées en 3D.

Les chercheurs ont comparé les traces du site A de Laetoli à des empreintes d’ours noirs, de chimpanzés et d' humains.

Selon l'auteur principal de l'étude, Jeremy DeSilva, professeur agrégé d’anthropologie à Dartmouth, "lorsque les ours marchent, ils font des pas très larges, oscillant d’avant en arrière. Ils sont incapables de marcher avec une démarche similaire à celle des empreintes du site A, car leur musculature de la hanche et la forme de leurs genoux ne permettent pas ce genre de mouvement et d’équilibre".

Les talons des ours se rétrécissent et leurs orteils et leurs pieds ressemblent à des éventails, tandis que les premiers pieds humains sont carrés et ont un gros orteil proéminent, selon les chercheurs.

Selon Jeremy DeSilva, "grâce à cette recherche, nous avons maintenant des preuves concluantes des empreintes du site A qu’il y avait différentes espèces d’hominidés marchant de manière bipède dans ce paysage mais de différentes manières sur des pieds différents. Nous avons cette preuve depuis les années 1970. Il n’a fallu que la redécouverte de ces merveilleuses empreintes de pas et une analyse plus détaillée pour arriver à ces conclusions".

Nature

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