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Les cuisses de grenouille, un symbole suprémaciste blanc ?
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©JEFF PACHOUD / AFP

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Sciences Po se désolidarise d'une vidéo sur la "blanchité alimentaire" française

L'école de droit de Sciences Po a invité une universitaire américaine qui explique que les institutions françaises "ont directement créé et perpétué les hiérarchies et oppressions raciales" (et que cela passe notamment par la gastronomie).

La direction de Sciences Po s'est justifiée, dans une série de tweets publiée vendredi soir, après la diffusion d'une vidéo floquée du logo de l'école et sous-titrée par ses soins (d'où une écriture inclusive que nous avons choisi de retranscrire ici) où une professeur invitée considére que les institutions en France "perpétuent les hiérarchies et oppressions raciales".

Dans cette vidéo diffusée le 17 juin et intitulée "une République blanche? Blanc.hes et blanchité en France", Mathilde Cohen, professeur à l’Université du Connecticut, explique notamment que l'alimentation est utilisée en France "pour renforcer la blanchité comme identité raciale dominante".  

"Il y a un parallélisme entre la nourriture halal et la question du voile : tous deux sont considérés comme étant incompatibles avec la francité et son idéologie racialisée de l'universel", poursuit-elle. Elle explique ensuite que pour se "conformer aux normes blanches", les "personnes dont le statut racial est ambigu, comme les Arabes, les Maghrébin.ne.s et les Juif.ve.s avant elleux" doivent consommer du porc. 

Pour l'invitée, "la France est une nation […] où les institutions ont directement créé et perpétué les hiérarchies et oppressions raciales". Pour preuve, ajoute-t-elle, un monument à la gloire de la "suprématie blanche" est erigé devant l’Assemblée nationale : la statue de Colbert.

La polémique a éclatée après un communiqué du syndicat étudiant UNI, qui a dénoncé "le glissement progressif de Sciences Po […] vers une école soumise aux théories venues d’Amérique niant la rigueur scientifique au profit de l’idéologie". Il demande à la direction de mettre fin à "la gangrène racialiste et idéologique" au sein de l'établissement.

L'établissement a expliqué sur Twitter que "les positions exprimées par Sarah Mazouz et Mathilde Cohen n’engagent pas Sciences Po. Ces chercheuses qui ne sont pas rattachées à l'IEP et n’y enseignent pas, ont eu l’occasion de présenter leurs travaux lors d’un séminaire de recherche intitulé “La Semaine Doctorale Intensive”. "Sciences Po ne promeut aucune théorie ni école de pensée particulière. Notre université accueille, dans le cadre du débat scientifique, la pluralité des approches contemporaines des sciences humaines et sociales, dans le respect du cadre déontologique de la recherche", assure l'école.



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