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Sans « parti de gouvernement » dynamique, 2012 se fera sur les reports de voix
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Sans « parti de gouvernement » dynamique, 2012 se fera sur les reports de voix

Les enseignements de 13 années de statistiques sur les Français et leur proximité politique parti par parti 1999-2011 Exclusif la Lettre de l’opinion/Atlantico en partenariat avec l’IFOP

Guillaume Peltier

Guillaume Peltier

Guillaume Peltier est député de Loir-et-Cher et vice-président délégué des Républicains. Il a été professeur d'histoire-géographie, chef d'entreprise et porte-parole de Nicolas Sarkozy.

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Par une compilation exclusive de sondages Ifop réalisée pour la Lettre de l’opinion, tendances, capacités et mobilités politiques ressortent des études graphiques et laissent apparaitre certains cycles concernant la proximité partisane des Français depuis plus d’une décennie. Toujours corrélée à l’actualité politique, l’évolution de ces proximités amène à l’établissement de plusieurs constats depuis 1999.

Comment ont évolué les proximités partisanes des Français depuis 13 ans ?

Comme on peut le voir sur le graphique ci-dessus, quatre cycles se sont succédés.

-          1999-2002 : avantage gauche

De 1999 à la réélection présidentielle de Jacques Chirac en 2002, la gauche profite d’un écart de 10 à 12 points sur la droite, tandis que le lien partisan des Français semblait des plus distendus (19,2% en 2000 ne se sentaient proches d’aucun parti).

-          2003 2007 : une dynamique favorable à la droite gouvernementale

Pendant ces 3 années, la politisation des Français a évolué rapidement et gagné près de 11 points passant de 16,6% d’indécis à seulement 5,9%. Parallèlement, si la gauche se renforçait quelque peu (+3 pts), la droite dans son ensemble tirait parti de ce nouvel intérêt de la part des Français. Sans toutefois parler d’une transformation de l’offre à droite, le camp droitier gagnait ainsi sur la période 7,7 points, soit un bond plus de deux fois supérieur à celui de la gauche. La dynamique était lancée pour l’élection de Nicolas Sarkozy.

-          2007 2010 : une baisse du socle électoral UMP favorable à la gauche

Après avoir réussi à séduire une partie de ses adversaires potentiels en 2007, Nicolas Sarkozy, une fois élu président, a vu depuis 2008-2009 son socle électoral pâtir d’une forte baisse du positionnement des Français à droite.

Après un croisement des courbe gauche/droite à l’avantage de la droite avant les présidentielles de 2007, un second croisement s’est produit avant les européennes de 2009.  Le résultat à la fois d’une gauche revigorée mais également de l’apparition de « déçus du sarkozysme », « déçus » retournant pour une part gonfler les rangs des « ni-ni » (9,2% en 2009 contre 6,8% en 2007). Depuis 2010, où 40,6% des Français s’estimaient de droite, une légère remontée semble s’enregistrer en 2011 (42,3%, + 1,7pts).

-          Nouvel infléchissement depuis 2010 avec une droitisation des Français qui ne bénéficie pas à l’UMP

Au regard de ces graphiques, la remontée droitière serait pleinement imputable au rebond du Front National. Après la bipolarisation de la sphère politique ayant rythmé les campagnes de 2007, force est de constater que les Français sont depuis cette date en attente de changement ou tout du moins de pluralité de l’offre, et ce dans chaque camp.





Une dynamique pour les forces de rupture :

Les pertes enregistrées entre 2007 et 2011 par l’UMP (-5,3 pts) comme par le PS (-5,8pts) se répercutent mécaniquement par le renforcement des extrêmes, jugés partis de la rupture. L’extrême gauche tout d’abord, dopée depuis 2009 par des bons scores aux élections européennes et régionales (7,7% en 2008, 14,8% en 2010), le FN ensuite, dynamisé par la perte d’influence à droite de Nicolas Sarkozy.

S’agissant des écologistes et des centristes (UDF Modem), des mini-cycles politiques se sont succédés depuis 1999. Il existe une forme d’entremêlement entre ces deux entités aux contours à la fois assez flous et évolutifs, qu’il s’agisse du positionnement politique ou de l’image et de l’étoffe de leur leader respectif.

Quels enseignements tirer de l’analyse de l’évolution des proximités partisanes pour décrypter la prochaine présidentielle ?

Du positionnement au vote, le pas est grand et ces courbes sont le témoignage que les mentalités évoluent, que des lignes bougent au gré des scrutins comme de l’actualité. Mobilisation des électeurs, structure des choix électoraux, traits d’images, dynamiques, etc.

Aux partis politiques, vecteurs de recrutement, de capter ces aveux de proximités partisanes, en constante évolution et pourtant, clé des débats et des élections…

Cela étant, depuis dix-huit mois, la gauche a franchi dans son ensemble le seuil des 50% tandis que la droite est en difficulté avec 42,3% en 2011.

C’est le FN qui vient troubler la donne en retrouvant un score plus élevé encore qu’à la veille des présidentielles de 2002 avec près d’un Français sur dix qui se dit proche du parti de Marine Le Pen.

Sans réelle dynamique à l’œuvre pour l’un ou l’autre des deux grands blocs PS/UMP, l’enjeu de l’élection présidentielle 2012 sera celui des reports de voix ! Une gauche en force mais éclatée, un bloc de la majorité présidentielle en baisse mais relativement hégémonique dans son propre camp et un FN en nette hausse qui complique la donne à droite avec le sujet sensible des reports de voix…

Guillaume Peltier pour la Lettre de l'opinion

Jérôme Fourquet pour l'IFOP

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