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Quand les femmes peuvent tenter l’aventure et quand les horlogers ont du coeur : c’est l’actualité toujours confinée des montres
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Atlantic Tac

Quand les femmes peuvent tenter l’aventure et quand les horlogers ont du coeur : c’est l’actualité toujours confinée des montres

Mais aussi le renaissance d’une légende de l’aviation, la montre qui voit le soleil se lever plusieurs fois par jour, un verre gravé pour ceux qui n’aiment les shérifs et le jouet des fous du volant…

Grégory Pons

Grégory Pons

Journaliste, éditeur français de Business Montres et Joaillerie, « médiafacture d’informations horlogères depuis 2004 » (site d’informations basé à Genève : 0 % publicité-100 % liberté), spécialiste du marketing horloger et de l’analyse des marchés de la montre.

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BREITLING : Pour les femmes qui aiment les (vraies) montres…

Si vous prenez encore Breitling pour une marque pour aviateurs rugueux et tendanciellement portés sur le machisme, il va falloir mettre à jour votre logiciel horloger : Breitling sait aussi parler aux femmes ! La preuve avec cette nouvelle Navitimer 35, qui met une des légendes de l’horlogerie – la fameuse Navitimer de 1952, adoptée depuis par d’innombrables équipages de pilotes civils et militaires – à la portée des poignets féminins. Question de taille (35 mm, mais avec une grande « ouverture » qui apporte de la lumière à la montre), de style (la montre est un peu moins « instrumentale », mais on a conservé la fameuse règle à calcul circulaire), de cadran (aéré), de mouvement (automatique, donc sans souci de remontage) et de décoration (couleurs, nacre, diamants, bracelets, etc., sans oublier la lunette « perlée »). C’est clairement une montre que les femmes qui aiment les (vraies) montres ont envie de porter pour peu qu’elles se soucient d’aller plus loin que les autres et de ne pas se contenter d’une mièvrerie chichiteuse à leur poignet. Si Breitling se met à séduire aussi les femmes, un peu exclues du radar de la marque ces dernières années, une grande aventure recommence pour la marque…

AURICOSTE : Pour les pilotes du grand cirque urbain…

En revanche, pour les messieurs qui aiment les (vraies) montres de pilote, la « nouvelle » Flymaster Type 20 d’Auricoste tient de la bénédiction : c’est la reprise à peine restylée de la mythique « Type 20 » qui équipait les pilotes français de l’Armée de l’air dans les années 1950. Sauf que cette nouvelle Flymaster est directement inspirée par la rarissime « Type 20 » devenue réglementaire dans les années 1960 et qui était alors disponible soit avec une lunette de plongée, soit avec une lunette tournante graduée sur vingt-quatre heures. Cette réédition est d’une fidélité émouvante à son aînée, ne serait-ce que par la taille (39,5 mm, contre 37 mm à l’époque) et par le choix d’un mouvement automatique (il s’agit à présent d’un calibre automatique Dubois Dépraz, qui remplace le Lémania 2040 qui n’existe plus). À ces menus détails près, on s’y croirait : c’est la (re)naissance d’une icône, qui confirme la renaissance d’une grande maison d’horlogerie française, Auricoste, qui a mérité dans le passé le titre envié d’« horloger de la Marine ». Le prix est finalement assez raisonnable (3 450 euros), compte tenu des finitions, du choix de ce mouvement haut de gamme et de la « gueule » de cette montre au poignet…

RAKETA : Pour un cosmonaute, pas forcément russe…

Pour les montres de pilotes, l’Europe ne respire pas qu’avec l’horlogerie suisse, française, anglaise ou allemande (sachant qu’on trouve des créateurs horlogers dans pratiquement toutes les nations du vieux continent). Il faut également compter avec la manufacture Raketa, qui a repris à Saint-Pétersbourg les traditions de la manufacture impériale fondée sur place par Pierre le Grand en 1721. C’est dans les murs de cette fabrique que sont nées, en 1961, les montres « soviétiques » Raketa, qui tirent leur nom du mot russe qui signifie « fusée spatiale » : Youri Gagarine était alors le héros de la Russie communiste. Aujourd’hui, Raketa produit toujours ses propres mouvements mécaniques : l’originalité de la nouvelle montre Baïkonour [c’est le nom de la ville du Kazakhstan qui abrite toujours le cosmodrome russe], c’est qu’elle a été développée avec un cosmonaute russe – Sergueï Krikalev, qui a déjà passé un total de 806 jours dans l’espace – pour ses amis anciens et futurs cosmonautes. La montre, qui est à remontage automatique en mode terrestre, réclame un remontage manuel quand elle est portée en orbite : le rotor du remontage automatique fonctionne très mal en apesanteur ! L’utilité du cadran calé sur vingt-quatre heures est double : en orbite [quand le soleil se « lève » plusieurs fois par jour], on peut donc distinguer facilement si on est dans la partie diurne ou nocturne de la journée, mais, une fois à terre, ce cadran peut servir de boussole si le vaisseau spatial n’a pas atterri au bon endroit au milieu de la taïga [ce qui arrive parfois aux équipages russes]. Les prix sont intéressants pour des amateurs européens : à partir de 1 200 euros pour une montre très originale et parfumée d’aventure qui sera livrée à domicile…

RESERVOIR : Pour les fous du volant qui s’assagissent…

On reste les montres de pilotes avec la nouvelle GT Tour Skeleton de Reservoir, une des jeunes marques français les plus prometteuses de ces dernières années. En revanche, on parle ici plutôt de pilotes automobiles, le concept d’affichage du temps qui passe reprenant le principe des compte-tours des tableaux de bord : une aiguille (rouge) rétrograde pour les minutes, décomptées en soixante unités sur un compteur semi-circulaire, et un chiffre pour les heures sautantes (l’indication à six heures est celle de la réserve de marche de la montre, inspirée par une jauge). Le boîtier de 43 mm est en titane, le mouvement automatique et le tout Swiss Made, avec deux bracelets (un cuir perforé et un Nato) pour une addition de 5 800 euros – Swiss Made oblige, hélas ! Le tout avec une coquetterie horlogère supplémentaire : le cadran ouvert laisse apercevoir le mouvement délicatement « squeletté », qui confirme l’authenticité mécanique de la montre…

GRAHAM : Pour ceux qui n’aiment pas les sheriffs…

« I shot the sheriff » : pour les nostalgiques des années 170, c’était un cultissime tube de reggae, créé par Bob Marley en 1973 et génialement repris par Eric Clapton l’année suivante (vidéo ci-dessous). Excitée par cette nostalgie, la manufacture suisse Graham crée une version un peu décalée de son très guerrier Chronofighter Grand Vintage : on y lit, gravé sur le verre de la montre, « I Shot the sheriff » avec une étoile de sheriff – il n’en faut pas plus pour émouvoir les grands adulescents qui aiment les « jouets de garçon » horlogers. Impossible de passer inaperçu avec cette montre de 47 mm au poignet, surtout avec le système de déclenchement du chronographe, inspiré par le système des déclencheurs manuels utilisés par les aviateurs qui bombardaient l’Europe pendant la Seconde Guerre mondiale [on évitera de porter cette montre à Dresde, où elle ne ferait sourire personne]. L’édition sera limitée à 25 montres…

BON À SAVOIR : En vrac, en bref et en toute liberté…

Les horlogers ont du cœur : la crise sanitaire a vu éclore de multiples initiatives horlogères dans toute l’Europe. La toute jeune marque indépendante Augarde vient ainsi de dédier une montre spéciale – décor camouflage et bracelet vert armée – à une « vente solidaire » sous forme d’enchères, dont le montant sera intégralement reversé à la Fondation des hôpitaux de Paris-Hôpitaux de France. D’autres horlogers et joailliers français ont également offert des montres et des bijoux pour cette vente aux enchères organisée par Artprecium-Millon sur le thème « Nos soignants valent de l’or » – on peut notamment citer Reservoir (ci-dessus), Michel Herbelin, Péquignet, Bodet 1868, Akrone, Frederique Constant ou Charles Jourdan. On peut enchérir en ligne jusqu’au 20 avril…

• LE QUOTIDIEN DES MONTRES

Toute l’actualité des marques, des montres et de ceux qui les font, c’est tous les jours dans Business Montres & Joaillerie, médiafacture d’informations horlogères depuis 2004...

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