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Une aiguille surdimensionnée pour les minutes et des dents de requin pour les index (Doxa)…
Une aiguille surdimensionnée pour les minutes et des dents de requin pour les index (Doxa)…
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Atlanti-Tac

Quand le rouge vernit les secondes et quand l’orange colore les minutes : c’est l’actualité décembriste des montres

Mais aussi le retour du vert dans la Matrice, la météorite qui ne descendait pas du ciel, la rondeur fumée qui n’est pas dans la poche, l’étrier qu’on passe au poignet et les horloges fantômes du Congo…

Grégory Pons

Grégory Pons

Journaliste, éditeur français de Business Montres et Joaillerie, « médiafacture d’informations horlogères depuis 2004 » (site d’informations basé à Genève : 0 % publicité-100 % liberté), spécialiste du marketing horloger et de l’analyse des marchés de la montre.

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DOXA : Des codes mythiques pour plonger…

Certaines marques horlogères ont une touche de « magie » qui semble les accompagner tout au long de leur vie. Actuellement en pleine renaissance sur ses principaux marchés, la maison indépendante suisse Doxa revient de loin, mais, dans son parcours, elle a toujours su préserver son identité et même son intégrité, avec une image préservée en dépit des aléas économiques de sa situation. Dans la « malle aux trésors » qu’elle a sauvé de son passé, les collections des montres de plongée, autrefois portées par tout le gratin des stars subaquatiques, dont le fameux Commandant Cousteau. La Sub 600T nous revient aujourd’hui telle qu’elle est née dans les années 1960, mais avec assez de touches modernisées pour nous séduire à nouveau. Le boîtier à pans coupés en acier (40 mm) est aujourd’hui très chic, surtout avec son bracelet à maillons métalliques intégrés, de même que la couronne vissée déportée à quatre heures. La lunette tournante est proposée en acier comme en céramique. Admirez au passage les index en forme de dent de requin à douze, neuf et six heures. Si le mouvement automatique est contemporain, la montre a conservé ses codes originels, comme l’aiguille orange des minutes surdimensionnée. Sub 600T, avec un « 600 » qui signale que cette montre « professionnelle » est étanche à 600 m (60 bars), ce qui offre une confortable marge de sécurité. Pour varier les plaisirs, Doxa vous propose cette star en six versions aux couleurs mythiques. Le meilleur pour la fin : le prix, posé sous les 1 500 euros avec un bracelet en acier et une lunette céramique [on reste sous les 1 400 euros avec un bracelet caoutchouc et une lunette en acier]. Enfin, une marque suisse qui ne pratique pas l’extorsion de fonds !

HAMILTON : Le vert est dans la Matrice…

L’élevage des icônes horlogères est, comme la fabrication des fromages d’alpage ou la distillation de l’absinthe, une des spécialités les plus réussies des vallées suisses. Naturalisée suisse depuis quelques décennies, une ancienne marque phare de l’horlogerie américaine comme Hamilton, a parfaitement pris le ton de cette rétropassion que certains appellent olding. Voici donc, un demi-siècle après la présentation de la toute première montre « numérique » par Hamilton, le retour de la Pulsar sous le nom de PSR MTX : s’il n’y en aura que 1 999 exemplaires, c’est en référence au légendaire film Matrix, lancé en 1999, aujourd’hui de retour avec Matrix Resurrection et ses héros, Neo, Trinity et Morpheus, eux aussi ressuscités. Que de rétro-nostalgie dans toutes ces opérations ! La PSR MTX est noire, forcément noire, avec un affiche numérique vert qui rend hommage à la Matrice et un boîtier rétrofuturisé qui fleure bon le design avancé des années 1970-1990. Une avancée vers le passé ou un retour vers le futur ? À moins de 1 000 le ticket, on peut tenter l’aventure…

HANHART : La touche rouge…

Chez les amateurs de montres militaires, « 417 » reste un chiffre fétiche : c’était la référence des mythiques chronographe Hanhart, réalisés par cette marque allemande dans les années 1950 pour les équipages de l’aviation fédérale allemande (chronos qui descendaient directement des montres qui équipaient les pilotes de la Luftwaffe pendant la Seconde Guerre mondiale). Chaque réédition de ce chronographe « 417 » provoque un tsunami de demandes qui viennent allonger les listes d’attente et alourdir la facture sur le marché secondaire où cette icône vintage s’arrache au prix fort. Voici une nouvelle version « Red Lion », en 39 mm et non plus en 42 mm : on y retrouver le même cadran à deux compteurs (tous les codes nécessairement vintage y sont repris), le composé luminescent ivoiré pour la touche d’authenticité « à l’ancienne », le verre saphir bombé pour le style nostalgique, la lunette crantée avec son repère rouge et ce poussoir repeint en rouge dont la légende veut qu’il ait été, à l’origine, passé au vernis à ongles par l’amoureuse d’un beau pilote germanique qui voulait que le porteur de la montre pense à elle ! Le mouvement est automatique et l’étanchéité poussée à 100 m, mais Hanhart a eu la bonne idée de reprendre le principe du « bracelet de force » (bracelet classique à sangle et sous-bracelet) que les pilotes portaient à l’époque parce que les boîtiers des années 1950 avaient tendance à se dégrader au contact de la peau. Le prix a lui aussi un réconfortant parfum vintage : moins de 2 000 euros pour une telle pièce « historique », c’est un beau cadeau de Noël…

H. MOSER & CIE. : Une rondeur très fumée…

Il y a plusieurs bonnes raisons de s’intéresser à cette montre Heritage de la marque indépendante suisse H. Moser & Cie, héritière d’une longue tradition qui lui a fait baptiser « Since 1828 » ce modèle. Tout d’abord le boîtier en bronze, métal noble qui se patine en s’enrichissant, au fil des mois et des années, de teintes plus ou chaudes selon le quotidien de celui qui porte la montre. Ensuite, la rondeur galbée du boîtier, qui évoque les anciennes montres de poche, ce que confirme les attaches fines du bracelet : c’est ainsi que sont nées les premières montres-bracelets, qui n’étaient autres que des montres de poche passées au poignet où elles étaient attachées à un bracelet par des attaches soudées au boîtier. Autre particularité de cette montre Heritage : son cadran « fumé » [une spécialité de H. Moser & Cie, aujourd’hui reprise par beaucoup de marques horlogères] propose le nom de la marque en écriture cyrillique : c’est un clin d’œil à l’histoire, puisque H. Moser & Cie. était, au XIXe siècle, une des marques suisses les plus connues et les plus appréciées sur le marché russe. Qu’on se rassure, le reste de la montre est très contemporain, de ses chiffres et des aiguilles glaive saturées de matériau luminescent à son mouvement mécanique « manufacture » de nouvelle génération. Cette Heritage « Since 1828 » est une vraie friandise horlogère pour les amateurs exigeants…

RALPH LAUREN : L’étrier au poignet…

Variante désormais « classique » dans les collections horlogères, les montres en forme d’« étrier » témoignent d’une certaine élégance féminine et d’un « chic sportif » immédiatement sensible. C’est aujourd’hui un des codes identitaires de la maison Ralph Lauren, qui propose des boîtiers dans différentes tailles, de la mini en 23 mm à la maxi en 36 mm, avec différents mouvements (automatiques ou électroniques) et dans différentes finitions, dont une très sobre version noire, dont la distinction est renforcée par le bracelet en maillons métalliques dont la souplesse se coule autour de tous les poignets (les différents modèles de cette montre disposent également de bracelets interchangeables en cuir noir). Avec les chiffres romains contrastés sur le cadran, c’est la grande classe. Notez bien le nom du modèle de cet « étrier » horloger (Stirrup), mais vous n’aurez aucun mal à le reconnaître en vitrine : c’est une montre qui sait faire la différence ! Surtout au poignet…

BON À SAVOIR : En vrac, en bref et en toute liberté…

•••• KARSTEN FRASDORF : à quoi bon se compliquer la vie à chercher des blocs de météorite métallique pour y sculpter des boîtiers horlogers, alors qu’on peut obtenir le même « effet météorite » en imitant la nature ? L’atelier créatif suisse de l’horloger indépendant allemand Karsten Frasdorf nous propose ainsi un tourbillon météoritisé, dont le cadran est en vraie météorite (ci-dessous), mais dont le boîtier bénéfice d’un très suggestif traitement en « style météorite ». Réussite esthétique et maîtrise d’une mécanique avant-gardiste particulièrement « pointue » : les collectionneurs commencent à parler avec gourmandise de ces Montres KF »… •••• MUSÉE DE L’AIR ET DE L’ESPACE : c’est, au Bourget (tout près de Paris), l’ancien aéroport de Paris devenu un des plus anciens et un des plus riches musées du monde pour ce qui concerne l’histoire de l’aviation et de la conquête spatiale. 120 avions et fusées y sont exposés en permanence dans 12 halles, avec un fonds qui compte 400 appareils. Un nouveau partenaire horloger pour ce musée : la maison Bell & Ross, qui reste ainsi la plus impliquée du monde dans l’aéronautique et le spatial (elle parraine déjà, entre autres patrouilles nationales officielles, la célèbre Patrouille de France)… •••• HORLOGES FANTÔMES : ne manquez pas, dans Business Montres (accès libre), la fantastique histoire des horloges fantômes géantes que l’ex-président congolais Kabila avait commandé à un fantomatique horloger suisse. Des millions de dollars ont changé de main, souvent en liquide, pour se promener entre les caisses d’un État congolais pillé par un pouvoir prédateur et des banques suisses plus aveugles que jamais sur la propreté douteuse de ces fonds. Ces horloges suisses n’ont évidemment jamais été mises en place. Et le revenu moyen des Congolais est resté sous les quarante dollars mensuels…

• LE QUOTIDIEN DES MONTRES

Toute l’actualité des marques, des montres et de ceux qui les font, c’est tous les jours dans Business Montres & Joaillerie, médiafacture d’informations horlogères depuis 2004...

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