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Atlantic Tac

Quand le chrono disrupte et quand l’Alp snobe Apple : c’est la chaude actualité des montres en hiver

Mais aussi une montre de fiançailles morganatiques, le vrai chronographe de Steve McQueen, un balancier qui ne s’en balance pas et des cadrans qui savent se faire attendre…

Grégory Pons

Grégory Pons

Journaliste, éditeur français de Business Montres et Joaillerie, « médiafacture d’informations horlogères depuis 2004 » (site d’informations basé à Genève : 0 % publicité-100 % liberté), spécialiste du marketing horloger et de l’analyse des marchés de la montre.

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HANHART : Juste pour le trait de vernis à ongles…

S’il est certain que le comédien américain Steve McQueen n’a eu qu’un rapport très distant avec les montres qui sont devenues iconiques grâce à lui (notamment Rolex et TAG Heuer), il n’en était pas moins un vrai amateur de montres, sa préférée étant un chronographe… Hanhart ! Cette montre allemande était celle des pilotes de la Luftwaffe : la tradition raconte que la marque rouge qui sert d’index sur la lunette tournante et qui permet de « noter » un repère sur le cadran aurait été, à l’origine, un trait de vernis à ongles laissé sur la montre par la fiancée d’un pilote, pour qu’il pense à elle en mission. Pendant la guerre d’Indochine, quelques pilotes de l’Armée de l’Air française ont utilisé ces chronos Hanhart, récupérés au titre des « dommages de guerre » dans les entrepôts de la Luftwaffe ! Après la Seconde Guerre mondiale, ce chronographe devenu légendaire militaire a été modernisé en 1953 par Hanhart pour les pilotes de la Bundeswehr allemande sous la référence 417, puis rendu à un usage plus civil (vidéo ci-dessous). Hanhart nous le propose aujourd’hui dans un superbe boîtier en bronze de 42 mm qui se patinera avec les années en fonction du mode de vie du porteur de la montre, de son lieu de résidence et de même de son alimentation. Une montre sportive de grande qualité (mouvement suisse et finitions « à la suisse », mais Made in Germany quand même), à un prix très décent (moins de 1 200 euros) qui explique que vous aurez du mal à la trouver en boutique, où elle est déjà pratiquement sur liste d’attente alors qu’elle vient à peine d’être lancée – mais la série est limitée à 150 exemplaires…

TAG HEUER : Juste pour les fiançailles de deux légendes…

L’annonce d’un partenariat entre la maison horlogère TAG Heuer et la marque automobile Porsche aurait paru si « naturelle » à tout le monde que l’effet de surprise a été un peu gâché : les deux marques se connaissaient et se fréquentaient depuis si longtemps dans l’univers du sport mécanique qu’on les pensait déjà « mariées ». Ce qui n’était pas le cas, Porsche ayant connu différents autres partenaires horlogers depuis une ou deux décennies. Si les analogies mécaniques entre horlogerie (mouvement) et constructeur automobile (moteur) ne manquent, si les légendes sont riches de part et d’autre [les deux marques ont leur « Carrera » !] et si les deux marques ont plus ou moins collaboré dans le passé, la disproportion présente entre les deux signatures n’est pas mince, Porsche affichant un chiffre d’affaires vingt-cinq à trente fois plus important que celui de TAG Heuer, qui emploie trente à trente-cinq fois moins d’employés pour vendre des montres dont le prix moyen est vingt à trente fois moins élevé que le prix moyen d’une Porsche. N’abordons pas les sujets qui fâchent comme l’impact environnemental tant des montres que des bolides allemands et admettons que TAG Heuer a tout à gagner avec ces fiançailles morganatiques, qui nous valent une nouvelle déclinaison de l’iconique chronographe Carrera (44 mm), intelligemment rhabillé pour Porsche de très esthétiques touches rouges, avec un cadran à effet « asphalte » et des grands chiffres qui rappellent les compteurs d’une Porsche. Le nouveau calibre automatique Heuer 02 apporte sa touche de modernité à cette « bague de fiançailles » qui séduira la clientèle aspirationnelle des jeunes urbains qui rêvent d’une Porsche et qui, à défaut d’en piloter une, se contenteront de regarder les heures faire leur course sur le bitume de ce cadran…

H. MOSER & CIE. : Juste pour le clin d’œil narquois…

Si vous trouvez que les jeunes horlogers indépendants suisses ne manquent d’air, vous avez raison, mais c’est bien plus subtil que ça. Au premier regard, cette Swiss Alp Watch ressemble furieusement à une... Apple Watch. Sauf que… Sauf que cette montre mécanique a été créée par H. Moser & Cie a été créée quelques années avant la star connectée d’Apple ! La jeune et facétieuse équipe suisse a donc choisi de relancer, l’année même du lancement de l’Apple Watch, cette Alp Watch [notez la subtilité de l’anagramme Alp et Apple], dont voici la version finale. Noire comme le cadran d’une montre connectée (mais ce noir très noir est spécialement noir), avec une petite seconde qui défile comme le petit pictogramme de téléchargement des outils numériques. Le mouvement mécanique à remontage manuel ne propose pas moins de 96 heures de réserve de marche, soit largement le temps de se reconnecter à sa smartwatch pour y lire quelques informations pour s’en déconnecter en revenant à une vraie perception de l’intemporalité du temps qui passe. C’est assez plaisant de voir que la Suisse horlogère a encore assez d’esprit pour donner une ironique leçon de maintien aux Californiens d’Apple…

GREUBEL FORSEY : Juste pour le plaisir des sens…

Vous connaissez forcément le nom de cette manufacture suisse indépendante : Greubel Forsey est sur l’arête sommitale du plus haut sommet de la haute horlogerie mécanique suisse, avec des montres dont le prix moyen avoisine les 400 000 euros. Rareté supplémentaire : la maison ne fabrique qu’une petite centaine de montres par an, mais il lui faut une centaine d’employés pour y parvenir ! Autant dire que vous avez peu de chances de croiser une Greubel Forsey au poignet d’un Français – sauf s’il s’agit d’un exilé fiscal de passage chez nous ! Il n’en reste pas moins qu’on est ici dans le superlatif de l’extravagance mécanique, avec des finitions pas loin d’être sublimes [quinze personnes y travaillent toute l’année] et une ingéniosité dans la performance horlogère qui laissent pantois. Sans vouloir trop entrer dans les détails de Balancier contemporain en or rouge, qui ne comprend pas moins de 255 pièces (logée dans un boîtier d’à peine 40 mm de diamètre), il faut simplement saluer la lisibilité exceptionnelle de cette montre et sa modernité dans le respect intégral de la tradition. Après, on pourra passer des heures à découvrir chaque détail, sachant que le verso de la montre est un monument d’horlogerie épigraphique, dont les inscriptions en relief racontent les valeurs qui guident les fondateurs de la marque. Impressionnant ! Cocorico : Robert Greubel, un des deux fondateurs de la maison, est Français : comme quoi, sans les Français, les Suisses ne seraient aussi forts en horlogerie qu’on le pense…

CODE41 : Juste parce que ça vaut le coup…

L’histoire de Code41, c’est une des plus belles aventures contemporaines de l’horlogerie indépendante en Suisse : une jeune équipe qui ne craint de marcher sur les pieds des grandes marques, une cote d’amour fantastique auprès des nouveaux amateurs de montres [on en verra la preuve dans les six ou sept millions d’euros déjà souscrits pour des montres qui ne sont vendues qu’en ligne] et des choix horlogers très sûrs pour des montres qui sont à la fois Swiss Made et mécaniquement irréprochables tout en restant disruptives. La saga continue avec le nouveau chronographe NB24, actuellement en souscription sous les 3 400 euros – ce qui constitue une remarquable bonne affaire, qui serait tarifée quatre à cinq fois plus cher si la montre était signée par une « grande marque ». L’amateur de chronographe automatique différent (masse périphérique et non rotor central) a le choix entre un boîtier de 42 mm en titane, moitié plus léger que l’acier, et le même boîtier en Aerocarbon, deux fois plus léger que le titane (68 g sans le bracelet), avec différentes options de couleur. Le chronographe a été développé par la très réputée manufacture Concepto, qui équipe bon nombre de marques célèbres. L’esprit nouvelle génération règne ici en maître, dans les moindres services aux clients qui sont aussi d’ambassadeurs et de propagandistes de Code41...

ROLEX : Juste pour se glisser dans la file d’attente…

La tension sur la demande des montres Rolex en boutique devient telle que la folie spéculative gagne les moindres modèles de la marque, même ceux qui étaient très faciles à trouver voici deux ou trois ans ! il faut que la nouvelle série des Oyster Perpetual 36 (pour 36 mm) proposée en cinq couleurs est très attirante : la taille et la souplesse du bracelet en acier rendent la montre très agréable à porter, alors que la palette particulièrement « juste » des couleurs a de quoi enchanter le regard chaque fois qu’on regarde le cadran. Quoique cette Oyster Perpetual soit datée de 2020, elle est la très digne héritière et très facile à reconnaître descendante d’une collection Rolex qui affiche cette année ses 90 ans ! C’est peut-être ce qui rassure les amateurs [les prix ont su rester décents], qui y reviennent à présent et qui s’inscrivent sur des listes d’attente qui oscillent, selon les couleurs et selon les boutiques, entre plusieurs semaines et plusieurs années selon les modèles. Un bon conseil : n’attendez pas et manifestez-vous – chez Rolex, on parle de « liste de souhaits »…

• LE QUOTIDIEN DES MONTRES

Toute l’actualité des marques, des montres et de ceux qui les font, c’est tous les jours dans Business Montres & Joaillerie, médiafacture d’informations horlogères depuis 2004...

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