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Macron et les sondages : en baisse mais voilà pourquoi il n’y rien d’inquiétant pour le Président en l’état
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Macron et les sondages : en baisse mais voilà pourquoi il n’y rien d’inquiétant pour le Président en l’état

Emmanuel Macron subit une baisse de sa popularité depuis le mois de décembre 2017, venant contrer son rebond de fin d'année.

Esteban  Pratviel

Esteban Pratviel

Esteban Pratviel est chef de groupe pour la société de sondages Ifop.

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Emmanuel Macron subit une baisse de sa popularité depuis le mois de décembre 2017,  venant contrer son rebond de fin d'année. En termes de comparaisons avec ses prédécesseurs François Hollande et Nicolas Sarkozy, comment analyser la position actuelle du nouveau président ? 

Un peu moins d’un an après l’élection présidentielle de 2017 et son accession à la présidence de la République, Emmanuel Macron est redevenu minoritaire dans l’opinion d’après les Indices de popularité de l’exécutif mesurés par l’Ifop pour Le Journal du Dimanche. 44% des personnes interrogées déclarent en effet être satisfaites du président de la République, soit un score en baisse de 6 points par rapport au mois dernier, tandis que 55% déclarent en être mécontentes. L’actuel chef de l’Etat se situe toutefois à un niveau de popularité supérieur à ceux de ses prédécesseurs au même moment de leurs mandats : 37% des Français étaient satisfaits de François Hollande en février 2013, alors que 38% étaient positifs à l’égard de Nicolas Sarkozy en février 2008. Si cette popularité plus élevée n’est peut-être que provisoire, il conviendra de noter que, contrairement à ses prédécesseurs, Emmanuel Macron a réussi à rebondir par le passé et à repasser au-dessus de la barre des 50%, après un débat de mandat compliqué (40% de satisfaits en août 2017 pour atteindre 52% en décembre 2017).

Comment analyser ces différences au regard de l'électorat respectif de chacun des présidents ? La baisse récente d'Emmanuel Macron n'est elle pas à relativiser en raison de la conservation de sa base ? 

La structure des soutiens à Emmanuel Macron et à sa politique est différente de celles des anciens présidents de la République, même si les situations ne sont pas tout à fait comparables. L’actuel chef de l’Etat bénéficie tout d’abord d’un crédit plus fort dans son propre camp. Ainsi, 92% des sympathisants de La République en Marche lui témoignent de la satisfaction, quand François Hollande et Nicolas Sarkozy ne contentaient respectivement « que » 79% des sympathisants du Parti Socialiste et 81% des proches de l’UMP à pareille moment de leurs mandats. En outre, Emmanuel Macron peut compter sur un soutien appuyé dans un plus grand nombre de segments de la population : 58% des cadres et professions intellectuelles supérieures, 50% des moins de 35 ans et 48% des 65 ans et plus en sont notamment satisfaits. Ce n’était pas le cas pour Nicolas Sarkozy qui bénéficiait surtout d’un soutien important parmi les 65 ans et plus ou de François Hollande qui ne convainquait surtout qu’une minorité de professions intermédiaires ou de cadres.

Emmanuel Macron est perçu comme ayant le soutien "des médias" alors que ses prédécesseurs auraient été considérés plus défavorablement. Cette situation pourrait-elle révéler une surestimation de la côte d'Emmanuel Macron ou est ce que l'effet médiatique est surestimé en l'espèce ? 

Il est toujours périlleux de considérer que la population ne ferait que suivre une opinion générale véhiculée par les médias. Les Français utilisent en outre des sources d’informations très diverses qui ne traitent pas l’actualité de manière uniforme, font une sélection dans l’information qu’ils reçoivent et au besoin vont chercher l’information manquante pour faire leurs choix. De la même manière, il est tout aussi périlleux de considérer qu’Emmanuel Macron est mieux traité de manière générale par les médias que ses prédécesseurs. L’examen des situations passées est par ailleurs éclairant pour répondre à votre question. Le cas du référendum sur le traité établissant une constitution pour l'Europe en 2005 nous a notamment montré que malgré de nombreuses prises de position en faveur du « oui » parmi les leaders d’opinion, médiatiquement omniprésents, le « non » a finalement été majoritaire. Cette situation, à défaut de s’appliquer systématiquement, permet au moins de relativiser l’idée selon laquelle le traitement médiatique influence complétement les positions des électeurs.

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