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Le goût de Deauville, textes choisis et présentés par Philippe Normand.
Le goût de Deauville, textes choisis et présentés par Philippe Normand.
©Reuters

Atlantico Lettres

Le casino et les étoiles

M. Normand (!) nous parle de Deauville avec de la crème dans les mots. Une critique du journal "Service littéraire".

François Bott

François Bott

Écrivain et journaliste, vient de publier “Le dernier tango de Kees Van Dongen” au Cherche Midi.

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Erudit passionné (passionnel), amoureux de la littérature, Philippe Normand nous fait partager “Le goût de Deauville” dans l’excellente et très éclectique collection du Mercure de France, où “Le goût de Tahiti” voisine avec “Le goût de Tanger”, et “Le goût de Versailles” avec celui de Venise, “Le goût de la Corse” avec celui de la Chine. Vive la diversité et le cosmopolitisme ! À travers les textes des écrivains amoureux de Deauville, c’est une délicieuse promenade que nous fait accomplir l’ami Normand.

De Flaubert (la préhistoire) à Sagan, de Colette à Jérôme Garcin, de Kessel à Simenon, de Morand à Maurice Dekobra, de Tristan Bernard (l’habitué des planches) à Cocteau, pour lequel Deauville était "le théâtre de la mode", ils ont été nombreux à célébrer cette station balnéaire, ses fastes, ses charmes, ses fantômes, ses légendes, sa mythologie. Maurice Dekobra, qui partagea son existence, durant les années folles, entre les paquebots, les palaces et les trains de luxe (avec sa “Madone des sleepings”), respirait à Deauville un air de chez soi. La nuit, disait-il, dans cette station balnéaire, le casino, avec ses lumières, ne manquait jamais de rappeler son existence aux étoiles. Le casino, c’était (c’est) le grand navire des rêves, le grand paquebot de la dernière chance, où se mêlaient parfois, avec des aventurières et des Mme de, les jeux de l’amour et du hasard…

En juillet 1914, Apollinaire faisait des calligrammes sur la plage. C’était le dernier été avant la guerre. Il essayait sans doute de tromper ses inquiétudes, comme tout le monde. Quel temps faisait-il sur les planches ? Le temps qui passe, le temps qu’il fait… A Deauville, en septembre, les couleurs du ciel rivalisent avec les états d’âme. Et les couchers de soleil sont des merveilles de mélancolie. Ce que préférait Sagan, c’était octobre sur la plage, car elle était "rendue à la solitude, à l’adolescence rêveuse, à ce qu’on ne devrait jamais quitter et que les autres vous obligent sans cesse à déserter. Mais là, dit-elle, les autres ne pouvaient rien entre moi et ce triomphant automne". Et si les villes de charme étaient elles-mêmes des livres, des romans écrits par je ne sais qui ? Des romans racontant les hivers du cœur et les étés de la vie.   

Le goût de Deauville, textes choisis et présentés par Philippe Normand, Mercure de France, 130 p., 8 €.

Source : Service Littéraire, le journal des écrivains fait par des écrivains. Le mensuel fondé par François Cérésa décortique sans langue de bois l'actualité romanesque avec de prestigieux collaborateurs comme Jean Tulard, Christian Millau, Philippe Bilger, Éric Neuhoff, Frédéric Vitoux, Serge Lentz, François Bott, Bernard Morlino, Annick Geille, Emmanuelle de Boysson, Alain Malraux, Philippe Lacoche, Arnaud Le Guern, Stéphanie des Horts, etc . Pour vous y abonner, cliquez sur ce lien.

Service Littéraire. Le mensuel de l'activité romanesque

 

 

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