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Dérèglement climatique : voilà ce que le résultat de la présidentielle américaine peut changer pour la planète

Donald Trump et Joe Biden affichent des ambitions très différentes sur le plan écologique. Pour Trump, il n’est pas concevable de sacrifier des industries et des emplois sur l’autel du changement climatique. Pour Biden, ce dernier est "un danger essentiel pour l’humanité".

Myriam Maestroni

Myriam Maestroni

Myriam Maestroni est présidente d'Economie d'Energie et de la Fondation E5T. Elle a remporté le Women's Award de La Tribune dans la catégorie "Green Business". Elle a accompli toute sa carrière dans le secteur de l'énergie. Après huit années à la tête de Primagaz France, elle a crée Ede, la société Economie d'énergie. 

Elle est l'auteure de plusieurs ouvrages majeurs: Intelligence émotionnelle (2008, Maxima), Mutations énergétiques (Gallimard, 2008) ou Comprendre le nouveau monde de l'énergie (Maxima, 2013), Understanding the new energy World 2.0 (Dow éditions). 

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Raphaël Boroumand

Raphaël Boroumand, est docteur ès sciences économiques de l’EHESS-Paris, diplômé d'un magistère de l'université Paris Dauphine-PSL ainsi que du MBA d’American University (Washington D.C.). Il est enseignant-chercheur en économie et economic advisor à Eurogroup Consulting. Il a été chercheur affilié à la City University London. 

Expert énergie-climat et ancien économiste au CIRED-CNRS (Centre International de Recherche sur l’Environnement et le Développement), Raphaël Boroumand est notamment co-auteur de l'ouvrage "20 idées reçues sur l'énergie" (De Boeck Supérieur). Il a publié de nombreux articles scientifiques dans des revues académiques internationales de référence.

Il a été expert pour le Ministère de la Transition Écologique et Solidaire et auditionné par l'Assemblée Nationale (Commission des Affaires Européennes) sur la libéralisation des secteurs de l'énergie et des télécommunications. Il a été consulté pour le rapport « Propositions pour des prix du carbone alignés avec l'accord de Paris » remis à la Présidente de la COP 21.

Il est membre du comité d'orientation du think tank européen EuropaNova où il travaille sur la transition écologique et le développement de la finance durable.  Il est co-rapporteur du rapport de l'Institut Montaigne "Rénovation énergétique : chantier accessible à tous" (2019). Il a participé au cinéma dans le film-documentaire "Barrages, l'eau sous haute tension" sur les enjeux économiques liés à la concession des barrages hydroélectriques français. Avant de devenir enseignant-chercheur, Raphaël Boroumand a travaillé plusieurs années comme consultant en stratégies d'entreprises dans de grands cabinets internationaux de conseil.

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Atlantico : Donald Trump et Joe Biden affichent des ambitions très différentes sur le plan écologique. A l’approche de l’élection présidentielle, que doit-on attendre en matière environnementale si l’un ou l’autre est élu ?

Myriam Maestroni et Raphaël Boroumand : Il semble difficile de trouver des positions plus tranchées en matière d’ambitions et de politiques climatiques que celle tenues par Donald Trump et Joe Biden, et encore récemment réaffirmées lors des débats opposant les deux candidats à la Présidentielle.

Selon Trump, pour qui les principaux responsables de la pollution sont la Chine, l’Inde et la Russie, il n’est pas concevable de sacrifier des industries et des emplois sur l’autel du changement climatique. Le propos est sans surprise de la part d’un Président qui avait pris la décision de sortir les États Unis des Accords de Paris au motif que ces derniers étaient « horribles, coûteux, unilatéraux », tout en se targuant que son pays était « et de très loin le premier producteur d’énergie au monde », et qu’il avait gagné la « guerre du beau charbon propre ».

A l’inverse, Joe Biden, dans la droite ligne de la pensée démocrate, fort de l’appui de Barak Obama, particulièrement engagé en matière de lutte contre le changement climatique, reconnait dans ce dernier un « danger essentiel pour l’humanité », et voit comme un « impératif moral de s’y attaquer » dans les plus brefs délais, reconnaissant l’urgence de la situation climatique, désormais démontrée par les plus grands scientifiques du monde.

Pour Trump, on peut souhaiter avoir « l’eau la plus buvable, l’air le plus pur, et le moins d’émissions de carbone » tout en dénonçant « les éoliennes, très intermittentes, qui tuent les oiseaux, et le solaire trop cher et pas assez puissant pour faire tourner les belles industries américaines» .

Biden, quant à lui, défend les « emplois bien payés dans le solaire et l’éolien » (25 à 30$ de l’heure selon lui), et accuse Trump d’avoir éliminé toute la réglementation en matière d’environnement, ce qui ne manquera pas, selon lui, de mettre les États-Unis en danger.

Il affirme vouloir équiper le réseau routier américain avec « 50.000 bornes électriques », pour ne pas perdre le leadership de l’industrie automobile en pleine mutation au profit de la Chine. Il souhaite lancer les « travaux de rénovation énergétique pour des millions de bâtiments afin d’épargner des dizaines de millions de barils de pétrole, en créant des millions d’emplois, en améliorant la santé des citoyens, et en nettoyant l’environnement ». En bon américain il argumente son propos en citant les analyses de financiers de Wall Street qui considéreraient son plan comme de nature à créer 18,6 millions d’emplois et des milliards de $ de croissance économique.

A cela Trump répond que, « le vrai coût du plan des démocrates est de 100 milliards de $ et supposerait de détruire des immeubles pour les reconstruire avec de toutes petites fenêtres, et, plus généralement ne manquerait pas de détruire le pays». L’argument est en droite ligne avec les performances économiques reconnues en matière de croissance et de baisse spectaculaire du chômage… au moins avant la crise de la Covid.

Enfin, Trump considère avoir rendu le pays indépendant des importations pétrolières évitant ainsi de nombreuses guerres dans le monde souvent liées à la géopolitique du pétrole. Cette politique a provoqué une guerre des prix du brut et un effondrement des cours, d’ailleurs devenu sans précédent dans l’histoire du pétrole, lors de la crise Covid, avec des prix devenus négatifs en avril dernier. Comme on le sait, le pétrole pas cher n’aide pas à déployer des politiques de lutte contre les émissions de carbone, dépréciant de facto la prise de conscience du problème de la concentration de l’atmosphère en CO2, principal responsable de l’effet de serre et du changement climatique.

La position de Biden, « pro-climat », sur la fracturation hydraulique (fracking) permettant la production de pétrole américain reste néanmoins ambigüe. Rappelons qu’Obama malgré, sa volonté de verdir l’économie, avait largement contribué à développer cette pratique. Ainsi, Biden, qui s’engage à flécher des investissements massifs vers la transition énergétique, déclare en même temps devoir gérer une « transition pétrolière » qui doit s’inscrire dans la durée nécessaire pour permettre d’investir massivement dans les énergies renouvelables. Cette position est, bien sûr, une façon de courtiser certains Etats comme le Texas ou la Pennsylvanie, qui font partie des Etats pivots à « sécuriser » pour les élections, et de « rassurer » les frackers hyper endettés, voire pour beaucoup en faillite.

En tout état de cause, on sent que les dommages environnementaux liés au fracking viennent contrebalancer les emplois que ce dernier suppose ou a supposé… avec des investisseurs qui lâchent massivement le secteur pour le remettre entre les mains de l’État.

Quel est le bilan écologique de Donald Trump après quatre ans au pouvoir ? Que changerait un second mandat ?

Aucun doute possible, la mémoire collective en matière de climat retiendra Donald Trump comme le Président qui a décidé, dès juin 2017, de sortir son pays des Accords de Paris -signés par son prédécesseur Obama- devenant ainsi le seul pays du monde et 2ème émetteur de CO2 mondial (17%) après la Chine (20%) hors de la mobilisation politique globale mondiale en la matière.

On se souviendra que le Président Macron avait alors exprimé son regret en lui suggérant « Make planet great again » par opposition à son souci d’« America first » et avait considéré « nécessaire le partenariat franco-chinois sur le climat et la diversité ».

Néanmoins, l’histoire a moins retenu que, dans la pratique, le retrait de l’Accord de Paris, ne prendra effet, coïncidence des calendriers… qu’au lendemain du scrutin, c’est-à-dire le 4 Novembre 2020, Biden a promis une réintégration immédiate.

De son côté, Trump n’a jamais, et c’est le paradoxe américain, jamais totalement gelé les discussions techniques, qui continuent en coulisse (une délégation américaine était notamment présente à Madrid lors de la COP25) pour préparer le cas échéant, un retour éventuel. Il faut dire que malgré la décision du Président américain, même les gouvernants les plus climatosceptiques (Jair Bolsonaro au Brésil) ou les plus émetteurs (Inde, Chine, Afrique du Sud, Russie) ont maintenu le processus malgré des plans d’actions jugés insuffisants.

Notons enfin que, depuis 4 ans on a vu s’accélérer de façon spectaculaire les dégats liés aux catastrophes climatiques qui n’ont certainement pas épargné l’Amérique, on a vu les investisseurs devenir très exigeants en matière de gestion du risque climatique, voire en désengagement total des industries polluantes, on évalue de mieux en mieux le risque de d’inaction qui, selon les études, se chiffre en dizaines de milliards d’€, et dans tous les cas s’avère très supérieur à toutes les analyses prospectives menées il y a 5 ans…

On voit pointer partout dans le monde des opportunités économiques liées à la construction du monde post-carbone, qui s’accélère.

Plus de 200 des plus grandes entreprises cotées du monde prévoient que le changement climatique pourrait leur coûter près de 1.000 milliards de $ (888 milliards d'€) au total dans les cinq prochaines années -un montant pourtant encore largement sous-estimé selon un rapport de l'Organisation, CDP (Carbon Disclosure Project) de fin 2019. Les assureurs paient des notes de plus en plus salées du fait d’épisodes climatiques extrêmes (inondations à répétition, incendies, tempêtes plus fréquentes et plus violentes, ouragans, vagues de chaleur, canicules,…). Selon CDP, de nombreuses entreprises ont également perçu un potentiel énorme à réduire les émissions de CO2 à temps pour éviter les scénarios climatiques les plus sombres. Ainsi, selon ces mêmes entreprises, considérées dans l'étude du CDP, et dont la capitalisation boursière combinée avoisinait les 17.000 milliards de $, les opportunités potentielles perçues supposaient une valeur de 2.100 milliards de $, liée à une accélération de la demande plus rapide que prévue en véhicules électriques aux investissements dans les énergies renouvelables.

Le président Trump est avant tout un pragmatique, et un second mandat n’exclut pas de défendre l’économie et les emplois en fléchant les aides massives décidées aux USA pour défendre l’économie américaine face à la crise covid vers cette nouvelle économie dite « régénérative », c’est-à-dire visant à réconcilier l’économie, l’écologie et l’investissement.

D’autant plus que le monde change vite... Ainsi la Chine, rival économique des États-Unis, vient d’annoncer, à la surprise générale, par la voix de son Président Xi Jinping, il y a à peine quelques jours, à l’occasion d’un discours prononcé à l'Assemblée générale de l'ONU, qui se tenait de façon virtuelle cette année, avoir décidé « de commencer à faire baisser les émissions de CO2 avant 2030, et d'atteindre la neutralité carbone d'ici 2060».

Cette annonce devrait rendre les discussions prévues pour la COP 26 à Glasgow en 2021 - la première après la désespérante crise covid - extrêmement passionnantes.

Joe Biden a-t-il les moyens de mettre en place une politique écologique ambitieuse, comme il semble l’indiquer ? Qu’est ce qui pourrait limiter son action ? 

Joe Biden, a annoncé être prêt à faire ce qu’il fallait pour atteindre la neutralité carbone du secteur électrique d’ici 2035. En clair, cela signifierait surtout une très forte accélération, en matière d’investissements, notamment dans le secteur des énergies renouvelables, sous réserve de se désempêtrer d’un secteur pétrolier qui, on l’a vu, pèse encore fortement dans la logique économique américaine.

On se rapproche de l’idée européenne du Pacte Vert de canaliser les investissements en priorité vers les nouveaux marchés « verts »… L’objectif doit être d’orienter massivement les flux d’investissements vers des infrastructures vertes.

En matière d’infrastructures, on sait que l’Amérique peut aller vite, et si elle se le propose, comme l’affirme Robert Bell, auteur de la Bulle Verte, elle pourrait « devenir le leader incontesté dans le domaine des énergies renouvelables, comme elle l’a fait avec le numérique il y a trente ans ».

Néanmoins, en ce qui concerne la rénovation des logements et des bâtiments, ce sera sans doute une autre paire de manches… car, on l’observe en Europe et en France depuis déjà 15 ans, il faut impliquer les citoyens pour décider de rénover afin d’améliorer la performance énergétique. Cela demande du temps, car il faut sensibiliser, informer, convaincre, accompagner, mobiliser des nouvelles compétences, former, etc… L’argent dans ces marchés est une condition nécessaire mais pas suffisante.

Quel rôle les acteurs autres que l’État Fédéral, comme les États, les villes, ou encore les entreprises privées, tiennent-ils dans la problématique environnementale aux États-Unis ?

Bonne question ! Les positions extrêmes anti-climatiques de Donald Trump ont, paradoxalement, contribué à mobiliser les acteurs américains non fédéraux qui se positionnent aux avant-postes de la lutte contre le réchauffement climatique.

Les tribunaux ont été interpellés par 22 États et 7 grandes villes qui ont décidé de porter plainte contre la politique environnementale du gouvernement Trump. Les plaignants dénoncent la réglementation connue sous le nom d’Affordable clean energy Act" (plan pour une énergie propre et accessible) de l’administration Trump, qui ne fixe aucune cible spécifique de réduction des émissions aux États et devrait permettre d’ici 2030 une réduction de 35 % ses émissions de dioxyde de carbone de la part de l’industrie énergétique américaine sur la base des émissions de 2005. Un seuil moitié moins important que celui conseillé par l’agence internationale de l’énergie (AIE) pour respecter les objectifs de l’Accord de Paris.

Les plaignants jugent ces règles rebaptisées « Dirty power rules » inefficaces pour lutter à la fois contre le changement climatique et la pollution. Cette bataille judiciaire pourrait également peser dans les choix à venir en matière d’environnement et de futur énergétique des États-Unis…

A titre illustratif du pouvoir des tribunaux aux EU, il me parait intéressant de relever le titre du Wall Street Journal, grand quotidien économique conservateur, du début d’année : « PG&E. La première faillite liée au changement climatique, et probablement pas la dernière. » . PG&E est la Pacific Gas & Electric, géant du secteur énergétique, une société par actions surveillée par des régulateurs de l’État de Californie, fournissant gaz et électricité à 16 millions de personnes. Cette société faisait l’objet d’un procès climatique, avec 750 actions en justice, représentant plus de 5600 plaignants, l’accusant de négligences dans la gestion de son réseau de distribution ; poteaux défaillants, zones non débroussaillées, etc. et la rendant donc directement responsable des incendies meurtriers qui avaient dévasté la Californie notamment les deux dernières années.

Nous connaissons tous cette société, immortalisée par le film dans lequel Julia Roberts incarnait la militante Erin Brockovich. Cette dernière y menait une action en justice contre cette même société alors accusée, dans les années 1990, de pollution d’eau potable. Elle se vit alors condamnée à verser une indemnité de 333 millions de $ au collectif de 600 victimes. L’article sonne comme une mise en garde : « La faillite de PG&E pourrait marquer une étape importante dans le monde du business : la première grande victime du changement climatique dans les entreprises. Peu de gens s’attendent à ce que ce soit la dernière ».

L’engagement individuel et local compte aussi en matière de climat. Ainsi des États, des villes et donc bien sûr des citoyens, mais aussi des entreprises, pesant pour plus de la moitié de l’économie et de la population se sont engagés à tenir les objectifs de l’Accord de Paris malgré le manque de soutien politique fédéral.

En ce qui concerne les entreprises, en Californie ou à New York, le poids des multinationales aidant, le niveau d’attention porté à ces sujets a favorisé de véritables succès. Tesla, totalement acquise à la cause du monde post-carbone, devenue un énorme succès boursier, avec près de 400 milliards de $ de capitalisation, (soit 2 fois plus que Toyota et plus de 10 fois celle de Ford) en est un exemple emblématique.

A l’inverse, la sortie récente d’Exxon Mobil, l’empereur du pétrole, de l’indice du Dow Jones (après plusieurs décennies) est, souhaitons-le, le signe d’un réveil de certains investisseurs sur le risque climatique que représente certains « profils carbones » sur les marchés financiers. Le risque climatique est aussi un risque financier principalement pour les entreprises des secteurs carbonés et les institutions financières. Dès lors, ce risque climatique est une menace pour la stabilité de l’ensemble du secteur financier. Si Biden est élu, il devra inciter les régulateurs financiers pour que le risque climatique soit intégré dans la réglementation financière et donc pris en compte dans les stratégies d’investissements des institutions financières par le développement de « stress tests climatiques » pour les banques (évaluation de leur résistance au risque climatique).

En matière de relance économique, une relance « verte » contribuera à renforcer la résilience de l’économie américaine au changement climatique en combinant croissance économique, créations d’emplois, et transition écologique à condition de réduire progressivement les investissements dits « bruns » (nuisibles à l’environnement). Le problème n’est pas tant un manque de ressources financières qu’une mauvaise allocation de ces ressources.

Le rôle du nouvel exécutif américain doit aussi consister à inciter les acteurs privés de tous les secteurs d’activités à intégrer le risque climatique dans leurs décisions. La lutte contre le réchauffement climatique doit impliquer les secteurs public et privé ainsi que les ménages américains. L’engagement de toutes et tous sera facilité si les décisions fédérales sont pro-climat. La future administration fédérale doit comprendre que les solutions aux prochaines crises climatiques et sanitaires sont liées et qu’elles sont compatibles avec une croissance économique sélective. L’élection présidentielle du 3 novembre est une opportunité unique de redémarrer l’économie autrement en sortant de l’opportunisme idéologique et du climato-scepticisme.

Bref, il reste beaucoup à faire… dans des délais qui se raccourcissent mais des initiatives de plus en plus nombreuses, concrètes et crédibles dessinent peu à peu les contours de ce nouveau monde plus conscient de la vulnérabilité de notre planète et de la vie humaine. Il va devenir difficile que les politiques, y compris aux États-Unis puissent ignorer cette réalité.

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