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Il existe encore de nombreuses "zones blanches" où les portables ne captent pas.
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La minute tech

Comment se débrouiller dans les zones mal couvertes en 3G ou 4G (à commencer par les TGV)

Malgré les efforts des opérateurs, il existe encore de nombreuses "zones blanches" où les portables ne captent pas, surtout en ce qui concerne la 3G et la 4G.

Pierre  Ledru

Pierre Ledru

Pierre LEDRU travaille dans les télécoms depuis plus de 30 ans. Après une expérience de 10 années, expatrié comme assistant technique aux autorités locales des Télécoms au Yémen, il devient formateur puis formateur-développeur à l’institut de formation Alcatel-Lucent. Il possède une grande expérience de la téléphonie et a suivi toutes les évolutions de la ToIP.

Il est également acteur amateur de théâtre et appartient à la troupe du théâtre de la griffe.

Il est notamment l'auteur de Téléphonie sur l'IP (ToIP).

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Finies les "zones blanches." C'est désormais l'objectif du gouvernement qui veut faire en sorte que toute la France soit concernée par un réseau cellulaire, même dans les campagnes les plus reculées. Un accord a d'ailleurs été signé avec les opérateurs pour faire en sorte que, dès 2016, la 2G soit présente partout, et dès 2017, que ce soit le tour de la 3G. "Obliger les opérateurs mobiles à augmenter leur couverture nationale, 3G/4G, ce  sera favorable à tous les usagers" affirme Pierre Ledru, spécialiste des Télécom. Mais Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free ont encore du pain sur la planche. Malgré les offres variées proposant du Edge, de la 3G+ ou du H+, chacun a déjà vécu une perte de réseau ou l'impossibilité de récupérer ses mails dans le TGV. L'Observatoire sur la couverture et la qualité des services mobiles (Arcep) vient de publier ses propres résultats sur l'étendue du réseau cellulaire en France, pointant du doigt certaines défaillances et les grandes disparités entre les différents opérateurs mobiles



Avant toute chose, un petit récapitulatif du vocabulaire mobile d'impose :

2G : évolution du GSM/GPRS, la 2G permet de passer des appels et d'envoyer des SMS

EDGE (ou E) : appelé aussi "2,75", c'est le réseau de base pour la plupart des téléphones. En étant patient, il peut charger des pages web assez légères.

3G : le réseau devient beaucoup plus performant. Les pages web s'affichent toutes.

H+ : Moins puissant que la 4G, le H+ est du très haut débit qui permet d'afficher des pages web rapidement ou de regarder des vidéos sans trop de problèmes.

4G : La nouvelle référence. Encore mal desservi, c'est un réseau très rapide proche d'une connexion wifi.

4G+ : Les opérateurs cherchent à séduire en proposant la 4G+ qui se veut encore plus performante. Pour le patron de Free, ce n'est qu'un coup marketing. Mais il semblerait que la 4G+ apporte de nouvelles performances.  
Une fois les bases posées, il s'agit de constater les différences entre les divers opérateurs. Côté 2G, les problèmes commencent. Entre 90 et 97% du territoire est couvert, ce qui représente néanmoins entre 99,1 et 99,9% de la population concernée. Côté 3G, cela se gâte encore plus. Si la population est bien couverte (entre 99 et 99%), il existe encore de nombreuses zones blanches sur la carte : Bouygues Telecom ne couvre que 80% du territoire, derrière Free (82%), SFR (91%) et Orange (93%). Enfin, le déploiement de la 4G débute à peine, la couverture du territoire est ainsi minime : 3 à 22%, selon les opérateurs. Forcément, ce sont les zones urbaines qui sont concernées.

Oubliez donc vos mails et vos vidéos si vous partez à la campagne ou si vous traversez la France en TGV.  "Il devient évident que lors d’un déplacement terrestre rapide ou pas, les usagers font face à ces manques de couverture" souligne Pierre Ledru. "Ceci ayant pour conséquence, même si l’on admet que certains opérateurs peuvent mutualiser leurs ressources réseaux, des pertes de connexion en cours de trajet ; difficile alors de maintenir un dialogue cohérent avec l’Internet voire simplement téléphonique."



Réseau 2G de Orange et de SFR


Réseau 2G de Bouygues Télécom et de Free

Pour évaluer la qualité des réseaux, l'Arcep a réalisé 160 000 mesures et utilisé 210 indicateurs (en ville, en voiture, à l'intérieur, à l'extérieur…). Et une fois de plus, le grand vainqueur est logiquement l'opérateur historique Orange avec 153 indicateurs au-dessus de la moyenne. Suivent Bouygues Telecom et SFR (52 et 42 indicateurs au-dessus de la moyenne) et enfin, Free, petit nouveau qui ne compte que 8 indicateurs au-dessus de la moyenne. Si la 2G et la 3G s'en sortent bien dans les zones d'habitations, c'est évidemment bien moins probant dans les transports. Dans le TGV, Orange et Free (qui utilise une partie du réseau du premier) réalisent de bon score concernant le maintien des appels et l'envoi des SMS (autour de 90% de réussite), talonnées par SFR, tandis que Bouygues Telecom est à la peine (75% d'appels maintenus et 80% d'envois de SMS). Pour le chargement des pages web, les scores sont moins flatteurs : 70% des pages sont chargées en moins de 30 secondes chez Orange, derrière SFR qui prend la tête avec un score 75%. Bouygues atteinte les 60% tandis que Free n'atteint pas les 50%.

Sur les autoroutes, seul Free peine à charger les pages web tandis que les appels et les SMS sont satisfaisants pour tous les opérateurs (environ 90%). Même constat dans les trains de banlieue, tandis que le métro résiste encore au réseau cellulaire de qualité. La bonne nouvelle, c'est que ces chiffres sont en progression. Pour le métro parisien, la 3G sera effective pour une première ligne fin 2017. Il va falloir s'armer de patience, une  nouvelle fois.


les performances dans le TGV
 

Atlantico : Comment expliquer que la couverture complète du territoire ne soit pas déjà opérationnelle ?

Pierre Ledru : La principale difficulté pour une couverture en téléphonie mobile maximale du territoire réside dans le taux d’investissement auquel peuvent consentir les opérateurs de réseaux. Comme l’indique évidemment l’ARCEP, les territoires ruraux ou de faible densité d’habitants sont les moins bien lotis. Les investissements y sont souvent onéreux (topologie défavorable) et les recettes en retour naturellement plus faibles. Il en est de même pour l’accès aux services de l’Internet et les débits desservis. Il faut d’ailleurs noter que même la téléphonie classique fixe continue de rencontrer des problèmes dans certaines régions, notamment lors de pannes dont la résolution, elle aussi, coûte cher. Celle-ci est souvent déléguée à des sous-traitants qui eux aussi veulent se garantir des revenus suffisants au regard des investissements matériels et humains engagés. Curieusement, les usagers des réseaux fixes sont les oubliés de ce rapport…

Comment palier aux "trous d'air" lorsqu'on se déplace ?

Dans une automobile aucune parade, surtout si vous êtes le conducteur, règles de sécurité obligent. Dans un bus, un train, un TGV, seule parade, confier sa connexion via Wifi au transporteur. Mais lui aussi fera face à certains manques de connexion. Certaines lignes de TGV (comme Thalys) offrent ou vont offrir un service garanti de fournisseur d’accès mais le problème de l’investissement se pose à nouveau et il faut ou faudra bien rentabiliser le service. Un surcoût s’appliquera donc en sus de votre abonnement à un opérateur classique.

Tous les modèles de téléphones portables (ou de tablettes tactiles) présentent-ils les mêmes possibilités ?

Le Wifi étant aujourd’hui le seul moyen d’accéder au réseau de votre transporteur, à moins de disposer d’un équipement d’accès satellitaire personnel, il faut donc que le terminal utilisé soit « Wifi compatible » comme les smartphones ou la majorité des tablettes tactiles. Ces terminaux sont encore assez chers mais votre opérateur ou certaines grandes surfaces peuvent les vendre à des prix raisonnables.  Restera ensuite le problème des voyages en avion car nous serons toujours plus exigeants ; des expériences ont déjà été lancées mais quid des résultats ? Pas beaucoup d’informations à ce sujet.

 

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