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Le Point publie une enquête sur la CIA; Paris Match revient sur les vacances de Nicolas Sarkozy et Carla Bruni.
Le Point publie une enquête sur la CIA; Paris Match revient sur les vacances de Nicolas Sarkozy et Carla Bruni.
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Revue de presse des hebdos

Bruno Le Maire agace ses collègues ministres; Les Verts brillent par leur passivité à l’Assemblée; La CIA fait son grand retour; Le nombre de dissonances de genre explose

Mais aussi : L’Amérique est devenue une gérontocratie.

Gilles Klein

Gilles Klein

Gilles Klein,, amateur de phares et d'opéras, journaliste sur papier depuis 1977 et en ligne depuis 1995.

Débuts à Libération une demi-douzaine d’années, puis balade sur le globe, photojournaliste pour l’agence Sipa Press. Ensuite, responsable de la rubrique Multimedia de ELLE, avant d’écrire sur les médias à Arrêt sur Images et de collaborer avec Atlantico. Par ailleurs fut blogueur, avec Le Phare à partir de 2005 sur le site du Monde qui a fermé sa plateforme de blogs. Revue de presse quotidienne sur Twitter depuis 2007.

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« Le grand retour de la CIA » à la Une du Point. « Les dérives du développement personnel » à la Une de l’Express. Tandis que L’Obs s’inquiète pour nos enfants qui abusent des écrans. Paris Match s’intéresse aux vacances de la famille Sarkozy.

La famille Cazeneuve au coeur de la Macronie

Le Point souligne qu’à l’Élysée, à Matignon ou à l’Assemblée, quatre membres de la famille Cazeneuve (rien à voir avec Bernard) ont un rôle clé dans le dispositif présidentiel.

Un concours de circonstances les a propulsés à des postes clés de la majorité, désormais assiégée. Député macroniste depuis 2017, le père, Jean-René, 64 ans, vient d’être désigné rapporteur du budget et numéro deux de la commission des Finances. Une mission d’autant plus vitale que l’Insoumis Éric Coquerel en a pris les commandes. Son fils Pierre, 27 ans, vient d’être élu à son tour à l’Assemblée, après avoir été le chef de cabinet adjoint à l’Élysée du président. Le 28 juin, pour la séance inaugurale de la législature, père et fils siégeaient côte à côte. La fille Marguerite, 33 ans, numéro deux de l’Assurance maladie, la plus connue, fut la cheville ouvrière à Matignon de la réforme cathédrale des retraites du précédent quinquennat, en première ligne sur le Covid-19, avant de plancher sur le programme santé et retraites du candidat Macron. Son conjoint n’est autre qu’Aurélien Rousseau, 46 ans, ancien responsable de l’agence régionale de santé d’Île-de-France, rudement éprouvé durant la pandémie, devenu directeur de cabinet d’Élisabeth Borne.

Le business des passeurs vers la Grande Bretagne

Le Point cite quelques chiffres étonnants qui révèlent l’importance du trafic d’êtres humains entre la France et la Grande Bretagne : « Pour 3 000 euros, prix officieux de la traversée en « small boat », les passagers ont droit à une place assise sur le boudin d’un pneumatique et à un gilet de sauvetage, les deux made in China, bas de gamme. La clientèle se bouscule. En 2021, les garde-côtes britanniques ont comptabilisé 28 526 arrivées. Selon Lucy Moreton, secrétaire générale du syndicat britannique Immigration Service Union, « ils devraient être deux fois plus nombreux cette année ». Dans la mesure où le ministère de l’Intérieur évalue le taux de réussite des traversées à 60 %, cela signifie que les passeurs devraient vendre en 2022 quelque 100 000 places, pour un chiffre d’affaires total d’environ 300 millions d’euros. À titre de comparaison, Corsica Ferries, qui assure des liaisons maritimes entre le continent et la Corse, a enregistré en 2020 un chiffre d’affaires un peu inférieur à 200 millions d’euros. La mafia des passeurs est devenue un opérateur de transport avec lequel il faut compter. »

Transgenres : un phénomène de société

Le Point propose un dossier qui veut aider à comprendre les questions de genre et leur réalité en France. Selon l’hebdo, 9.000 personnes étaient prises en charge en 2020 par la Sécurité sociale en affection longue durée au titre d’un diagnostic de transidentité ou de dysphorie de genre (10 fois plus qu’en 2013). Dysphorie ou incongruence de genre, l’OMS définit désormais l’« incongruence » ou « dissonance » de genre comme une « divergence marquée et persistante » entre le genre ressenti par un individu et son sexe de naissance. 

De son côté, l’Observatoire des discours idéologiques sur l'enfant et l’adolescent né en 2021 sous la houlette des psychanalystes Céline Masson et Caroline Eliacheff. Il met en garde contre des transitions proposées trop rapidement aux mineurs et vient de contribuer à un appel européen, publié par plusieurs journaux dont Le Point en France, à une « information impartiale » sur ce sujet hautement inflammable.

La Suède a été, pionnière dans la reconnaissance de la transidentité et l’accompagnement médical des mineurs : mais en mars 2022, le Conseil national de la santé suédois a publié de nouvelles recommandations en la matière, estimant que les risques l’emportaient sur les possibles avantages et que les traitements ne devaient être proposés que dans des cas exceptionnels.

En Suède toujours, l’hôpital universitaire Karolinska a « changé radicalement de politique en adoptant le principe de précaution : les bloqueurs de puberté et les hormones de substitution sont désormais refusés aux mineurs de 16 ans – faute, explique l’institution, de certitude sur leurs effets à long terme et d’explication probante à l’afflux massif de jeunes patients ces dernières années. » 

Les dérives du développement personnel 

L’Express s’intéresse à ce qui devient un phénomène de société : « en croissance depuis plusieurs années, le succès des ouvrages "santé, bien-être et développement personnel" ne se dément pas. A la faveur de la crise sanitaire, les ventes ont encore accéléré : +19,8% l'an dernier, contre +4% seulement pour la littérature, selon le Syndicat national de l'édition. Dans les librairies, le domaine s'étend et grignote peu à peu les autres rayons. »

"Ces livres fonctionnent bien car ils répondent à une demande qui n'est pas traitée par ailleurs. Mais aussi parce qu'une partie du public, dépourvue de toute formation scientifique, apprécie cette forme de 'pensée magique'", constate le Dr Guillaume Fond, psychiatre à l'Assistance publique - Hôpitaux de Marseille. Et après tout, pourquoi pas ? Comme pour les médecines douces, certains se diront que même si la plupart de ces théories ne sont pas très sérieuses, elles peuvent peut-être faire du bien. Et que, dans le cas contraire, elles ne feront pas de mal. Pas si sûr, alertent toutefois aujourd'hui quelques voix plus critiques…"

« Si le lecteur ne parvient pas au bonheur et reste englué dans ses problèmes malgré les conseils prodigués, ce sera aussi de sa seule responsabilité. "Cela risque alors de représenter un échec de plus, à la fois culpabilisant et dépressogène", souligne le Pr Cédric Lemogne, chef de service de psychiatrie à l'Hôtel-Dieu (AP-HP). Et particulièrement délétère en cas de maladie psychiatrique avérée : "Pour des individus déprimés ou anxieux, il y a une vraie perte de chance, car ils pourraient bénéficier d'une prise en charge efficace en se tournant vers un médecin ou un psychologue. Ces ouvrages devraient préciser qu'ils ne s'adressent pas à ce public, mais bien sûr, s'ils le faisaient, leurs auteurs se priveraient d'une part non négligeable de leur marché", regrette le Pr Antoine Pelissolo, chef de service de psychiatrie à l'hôpital Henri-Mondor à Créteil (AP-HP) ».

L’Express consacre un article à un dénommé Idriss Aberkane qui propose des formations (payantes) en développement personnel, après l’avoir interrogé. Ce dernier l’a mal pris, et l’a fait savoir sur les réseaux sociaux où nombre de ses partisans insultent les journalistes de l’Express.

Les écologistes peinent à l’Assemblée Nationale 

Selon l’Express, le groupe écologiste à l'Assemblée nationale « peine à s'organiser et faire entendre sa voix face aux socialistes et aux Insoumis. »

« Depuis le 22 juin et le début de cette nouvelle législature, la léthargie a gagné les écologistes. "Ah ! Parce qu'il y a un groupe écologiste ?" ironise un socialiste quand on l'interroge sur ses camarades Verts. De l'aveu de tous, partenaires des bancs de la gauche comme opposants, Julien Bayou et les siens brillent par leur silence. Outre quelques prises de parole, leur discrétion lors des réunions d'intergroupe de la Nupes a été remarquée. »

« Unique réussite au tableau : Sandrine Rousseau, la seule à faire entendre sa voix et à occuper le terrain médiatique autant que faire se peut. Mais si elle existe, c'est avant tout à son propre compte plutôt qu'au service du groupe. "Heureusement qu'elle est là, et Dieu sait que ça me coûte de le dire", admet l'un de ses détracteurs internes, proche de Yannick Jadot. ».

Bruno Le Maire agace ses camarades

L’Express constate qu’au sein du gouvernement « Bruno Le Maire a eu l'agréable surprise de passer de la cinquième à la deuxième place dans l'ordre protocolaire du gouvernement. (…) pour certains membres de l'exécutif, attachés aux symboles, aux honneurs, et sans doute à leur ego, cela veut dire beaucoup... Ils peinent à comprendre pourquoi leur camarade a été récompensé de la sorte. L'un de ces ministres, reconduit lui aussi cet été, ressent le besoin d'établir une petite liste à puces : "C'est un type qui, primo, donne des leçons à tout le monde, secundo, ne prend pas son risque aux législatives, tertio, laisse sa circonscription filer dans les mains du Rassemblement national. Et, à l'arrivée, il devient n° 2 du gouvernement ! »

Le bonheur de Carla et Nicolas Sarkozy

Selon Paris Match, ils s’aiment toujours autant : « 14 ans de mariage, une passion intacte, le clan réuni autour d’eux » Les Sarkozy s’affichent en maillot de bain sur un yacht où ils ont passé 9 jours en famille en Grèce. Mais ce bonheur n’est pas sans nuage rappelle l’hebdo : « L’année 2022 n’a pas été des plus sereines pour les anciens locataires de l’Elysée, après deux procès très médiatisés en 2021, pour lesquels l’ancien président a été condamné et a interjeté appel.  Durant toute cette période judiciaire, Carla a été son pilier, raconte un proche du couple. Elle a tout fait pour lui rendre la vie douce, convaincue que de toute façon les juges étaient prêts à tout pour avoir sa peau. »

Gabriel Attal « enfant chéri de la macronie »

Paris Match salue, sur 4 pages, l’ascension de Gabriel Attal devenu  le ministre du Budget,: «  Son ascension éclair ne l’a pas grisé promet-il. Il y aurait pourtant de quoi. Plus jeune conseiller ministériel sous François Hollande, plus jeune ministre de la Ve République en 2018, réélu largement aux législatives dans les Hauts-de-Seine, l’enfant chéri de la macronie a été promu à 33 ans, grand argentier du gouvernement ».

Le PDG de Lactalis sort de l’ombre

Il a reçu l’Obs ! « Après plus de quinze ans de silence, le PDG de Lactalis rompt avec la discrétion historique du géant laitier pour faire face aux polémiques. Mais jusqu’à quel point l’industriel à l’appétit d’ogre a-t-il changé ? Il serre les mains, fait goûter les camemberts, devise avec la patronne des agriculteurs français Christiane Lambert, le représentant des grands distributeurs Jacques Creyssel, distribue des planches et couteaux à fromage, prend date avec les producteurs de lait de Mayenne… En cette édition du Salon de l’Agriculture, le PDG de Lactalis, Emmanuel Besnier, 52 ans, grand échalas aux cheveux grisonnants et à l’œil perçant, est là, en chair et en os. Une première. Longtemps il est resté le grand patron le plus discret du pays. Il est pourtant l’un des hommes les plus puissants de l’industrie agroalimentaire hexagonale, neuvième fortune de France d’après le magazine « Challenges », à la tête du premier groupe laitier mondial et de plus de deux cents marques très populaires dont certaines connues dans le monde entier (Président, Galbani, Lactel, Société…). Son message est clair : l’Emmanuel Besnier nouveau est arrivé. « Il est resté sur le stand pendant tout le salon !, se souvient Yohann Serreau, président des producteurs de Normandie et du Centre. Après des décennies de “vivons heureux vivons cachés”, il a montré qu’il voulait communiquer. » Le changement ne s’est pas fait de gaieté de cœur. (…) Emmanuel Besnier est toujours passé incognito. Jusqu’à ce que cela se retourne contre lui. « Notre discrétion a été prise, à tort, comme une volonté de cacher des choses, observe-t-il en nous recevant − à reculons − dans sa “cité du lait”, à Laval. Dans mon éducation mayennaise, on reste discret. A la maison, mon père disait “le bruit ne fait pas de bien et le bien ne fait pas de bruit”. » Le fils n’en pense pas moins. Sauf que la crise du prix du lait en 2016, au cours de laquelle Lactalis a été accusé d’étrangler ses producteurs, puis la crise du lait infantile contaminé à la salmonelle, issu de son usine de Craon en 2017, qui a intoxiqué une bonne quarantaine de bébés, l’ont obligé à transgresser la règle paternelle. Le PDG a tardé à rendre des comptes, n’a pas rencontré les victimes, a envoyé ses lieutenants au charbon, et s’est finalement mis tout le monde à dos. « On s’est aperçu que le fait de ne rien dire nous causait du tort. On n’était plus aussi petit qu’on pensait. Nous sommes le leader mondial du lait, il faut l’assumer », explique le patron dans un timide mea culpa ».

Marseille contre les paquebots

« La fronde contre les paquebots géants, très polluants et énormes consommateurs d’énergie, gagne la cité phocéenne. Les habitants des quartiers nord, qui vivent avec ces mastodontes amarrés sous leurs fenêtres, organisent la résistance Furtive » n’a pas froid aux yeux. Elle ne craint pas non plus de se jeter à l’eau. Le 14 juin, cette jeune activiste qui tient à se présenter sous son pseudonyme, son « nom de combat », dit-elle, plutôt que sous sa véritable identité, a réussi avec quinze de ses camarades du mouvement écologiste Extinction Rebellion et du collectif Stop Croisières à interdire l’entrée du port de Marseille au plus gigantesque navire de tourisme au monde, le « Wonder of the Seas ». Ce mastodonte, long de 362 mètres, soit près de la moitié du bassin du Vieux-Port, fait la taille d’un immeuble de 20 étages et peut transporter jusqu’à 9 300 personnes (7 000 passagers et 2300 membres d’équipage), l’équivalent d’une municipalité comme Bandol, Evian ou Honfleur. (…) Dernier-né de la compagnie Royal Caribbean, ce paquebot géant, construit dans les chantiers navals de SaintNazaire, a beau faire la fierté de son armateur, il n’en constitue pas moins une aberration écologique, sa consommation en fioul étant tout aussi démesurée que sa taille. »

Attention aux écrans

« C’est devenu un casse-tête, si vertigineux que même Google, pourtant réputé tout savoir, ne sait pas nous aider à le résoudre. Et pour cause. Ce casse-tête, c’est celui des adultes confrontés à des enfants qui, comme leurs copains, comme leurs cousines, comme leurs parents d’ailleurs, passent désormais un temps infini devant des écrans. Deux heures par jour chez les moins de 10 ans, trois chez les adolescents, plus de sept pour un quart des 15-17 ans, ça n’est pas rien en effet. Entre les consoles de jeux, les ordinateurs, les tablettes et surtout les smartphones, dont l’immense majorité des petits Français se trouvent équipés dès l’âge de 11 ans, il y a de quoi concurrencer certaines vieilles activités aussi recommandables que la lecture, la pratique d’un sport collectif, les confidences intergénérationnelles devant un barbecue qui ne prend pas, le plaisir de s’ennuyer. »

« L’écran total est vite totalitaire, et il n’est pas toujours simple, pour un parent, de lui opposer des contre-pouvoirs ou des garde-fous sans passer pour un tyran qui ne comprend rien à son enfant ni à son époque. Comme dans bien des domaines, c’est ce que disent la plupart des personnes interrogées dans notre enquête, le meilleur contrôle parental est donc probablement à chercher du côté d’un dialogue continu, où chacun s’interroge sur ses pratiques, voire sur son addiction, pour développer son esprit critique. Car la vérité, c’est que nous sommes tous des enfants face à la grande révolution numérique. »

International

L’Amérique est devenue une gérontocratie

L’Express remarque que « si Joe Biden se représente en 2024, comme il semble en avoir l'intention, il aura 82 ans au jour de sa prise de fonctions, en janvier 2025. A la même date, Donald Trump aura 78 ans. L'élection risque de ressembler à un duel d'octogénaires. "Tous ces vieux hommes politiques posent un sérieux problème. Ce n'est pas sain pour la démocratie", résume Harold Pollack, professeur de santé publique à l'université de Chicago. On se moquait de l'URSS ou de la Chine, dirigées par des vieillards cacochymes, mais l'Amérique est devenue une gérontocratie. » 

« Les papys sont partout. Mitch McConnell, le leader des républicains au Sénat, a 80 ans et Chuck Schumer, son homologue démocrate, 71. L'âge moyen des sénateurs tourne autour de 64 ans, contre 53 ans en 1981. Le Sénat compte 7 octogénaires sur 100 élus. Les représentants à la Chambre - 58 ans en moyenne - sont plus jeunes, mais Nancy Pelosi, la cheffe de file des démocrates, totalise 82 printemps. L'administration n'est guère plus fringante. Le Dr. Anthony Fauci en charge de la pandémie a 81 ans. Plus d'un quart des deux millions de fonctionnaires fédéraux sont proches de la soixantaine. La Cour suprême ? Nommés à vie, 5 juges sur 9 ont dépassé soixante ans. » 

Et « Vouloir conserver son siège à tout prix peut avoir des effets désastreux. Malgré sa santé déclinante, feu Ruth Bader Ginsburg a refusé de prendre sa retraite sous Obama. La juge de la Cour suprême, une démocrate, est finalement morte à 87 ans sous Donald Trump... qui l'a aussitôt remplacée par une archi conservatrice, favorable à l'interdiction de l’IVG. »

La CIA contre Poutine 

Le Point raconte comment la CIA, la centrale de renseignement américaine, mène la guerre clandestine contre Vladimir Poutine et se prépare aux défis de demain.  L’actuel directeur de la CIA, William Burns,  nommé par Joe Biden, a été ambassadeur des États-Unis à Moscou de 2005 à 2008. Il a donc rencontré Vladimir Poutine.  Le surnom de Burns dit tout de son expertise : « le poutinologue ».

La CIA ne manque pas de moyens : la communauté américaine du renseignement, dont elle fait partie, a reçu en 2022 quelque 84 milliards d’euros, utilisés pour la production d’informations secrètes au profit du gouvernement.

 « L’agence américaine n’a pas vu venir les printemps arabes en 2011, s’est trouvée frappée de cécité sur l’invasion de la Crimée en 2014, n’a pas su enrayer le retour des talibans au pouvoir en 2021 en Afghanistan, entre autres avanies. »

« Mais voilà qu’elle fait son retour avec la guerre en Ukraine ! Des mois avant l’invasion russe, elle l’a vue venir. Avec tant de précision, malgré quelques approximations, que Joe Biden a choisi d’utiliser ces renseignements pour conduire une opération de dévoilement des intentions de Vladimir Poutine. »

Le Point a interrogé Laurent Nunez, début juillet quand il était encore coordonnateur national du renseignement et de la lutte contre le terrorisme (avant d’être nommé préfet de police à Paris). 

Il évoque la coopération avec les Etats-Unis en matière de terrorisme : «Le contre-terrorisme nous conduit à une coopération vraiment très forte, notamment entre la Defense Intelligence Agency (DIA) et la Direction du renseignement militaire (DRM) puisque nous sommes présents avec les Américains sur certains théâtres d’opérations en Afrique et au Moyen-Orient. Sur ces mêmes sujets liés au terrorisme, la DGSE et la DGSI procèdent également à des échanges constants et très soutenus sur les groupes djihadistes, éventuellement individu par individu, mais aussi sur l’analyse de la menace terroriste islamiste qui pèse sur nos démocraties occidentales. Mais c’est loin d’être le seul sujet. Celui qui monte actuellement dans la coopération franco-américaine, c’est le suivi de la nébuleuse d’ultradroite. On l’a vu aux États-Unis et on commence à le voir en France, cette mouvance peut connaître des développements terroristes. (…) Les Américains ont mis longtemps à qualifier de « terroriste » cette menace domestique, mais actuellement nous coopérons activement, moins sur le plan opérationnel que sur le plan analytique, pour identifier les racines de cette mouvance et le passage de ses membres à l’action terroriste. » 

Le dossier du Point évoque aussi un livre, « The Fourth Man » (Le quatrième homme), écrit par un ancien de la CIA, Robert Baer qui relance l’hypothèse d’un espion de Moscou haut placé aux États-Unis qui a été activement (et vainement) recherché mais n’a jamais été démasqué. Baer a été basé, pour la CIA, à Paris et au Proche-Orient.

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