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Les marchés réagissent bien aux annonces du sommet européen
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Nuit blanche

Les marchés réagissent bien aux annonces du sommet européen

Un accord intergouvernemental reprenant les propositions franco-allemandes a été trouvé pendant la nuit. Il sera signé par 23 des 27 Etats membres de l'Union européenne.

[Modifié le 10 décembre à 11h00]

Un accord intergouvernemental sera bientôt signé par les pays de l'Union monétaire et six autres Etats membres de l’Union européenne. Les 23 Etats s’orientent donc vers un traité restreint, sur lequel le le Royaume-Uni a refusé de s'engager, alors que la Suède et la République Tchèque ont annoncé qu’elles souhaitaient d’abord consulter leur parlement. La Hongrie, d'abord contre, a finalement changé d'avis vendredi en milieu de journée.

Après la classe politique (lire ci-dessous), les bourses réagissent à leur tour à la perspective de ces mesures visant à stabiliser l’impact de la crise de la dette sur les économies du Vieux Continent. Après avoir ouvert en repli de 1%, l’indice CAC 40 se ressaisit progressivement ce vendredi. Le renforcement du FMI et les prérogatives nouvelles confiées à la BCE, notamment concernant le FESF et MES, ont rassuré les investisseurs. La tendance est la même sur le marché des changes. Le cours de l’Euro Dollar a très bien réagit aux annonces de ce matin et est reparti à la hausse.

Au lendemain d'une nuit de discussions et de tractations parfois "viriles", selon un diplomate, les chefs d’Etat et de gouvernement européens, réunis à Bruxelles pour ce qui est largement perçu comme un sommet de la dernière chance, ont donc trouvé un terrain d’entente afin notamment de renforcer la discipline budgétaire au sein de l’Union européenne. Le texte devrait être rédigé définitivement au mois de mars. 

Un document de douze pages publié vendredi matin indique que l’accord portera sur "un nouveau ‘pacte budgétaire’ et un renforcement de la coordination des politiques économiques", mais aussi le développement des "outils de stabilisation pour faire face aux défis à court terme". Le contrôle des budgets nationaux sera renforcé, et des sanctions automatiques doivent être définies en cas de manque de discipline budgétaire d’un Etat. Une règle d'or sera inscrite dans la Constitution de chaque Etat.

Par ailleurs, le mécanisme européen de stabilité (MES), doit entrer en vigueur en juillet 2012, avec un plafond de 500 milliards d’euros. Il pourra recapitaliser directement les banques. Le MES pourrait aussi bénéficier d’une licence bancaire, lui permettant d’accéder directement aux fonds illimités de la Banque centrale européenne. La BCE deviendra donc l’opérateur principal du MES et également du Fonds européen de stabilité financière (FESF,) ce dernier étant prolongé jusqu’en 2013. 

L’accord prévoit également que le FMI serait renfloué à hauteur de 200 milliards d’euros sous forme de prêts pour qu’il aide les pays de l’Union.  Le projet de mutualiser les dettes est lui abandonné, il n’y aura pas d’euro-obligations (ou eurobonds), ainsi que s’y était déjà résolue lundi la France, partisane de cette solution. En outre, les chefs d'Etats et de gouvernements se réuniront tous les mois tant que la crise durera. 

Ce sont là en grande partie les propositions faites par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel lundi à Paris. Mais le couple franco-allemand espérait obtenir un accord des 27 Etats membres, qui aurait eu plus de poids. Or, ainsi que c’était prévisible, le Royaume-Uni a décliné l’offre, menaçant d’utiliser son véto.  Le Premier ministre David Cameron souhaitait notamment que la City de Londres puisse se soustraire si nécessaire à la surveillance européenne du secteur financier. 

"Nous aurions préféré un accord à 27, cela n'a pas été possible compte tenu de la position de nos amis britanniques", a rapporté  Nicolas Sarkozy, estimant que Londres avait posé des demandes "inacceptables" par les autres pays. 


"Ce sommet fera date" a néanmoins estimé le chef de l’Etat, qui a voulu se montrer optimiste. Si un "accord politique" a été trouvé "dans les grandes lignes", il faut désormais que commence "un travail de rédaction" avec la Commission européenne, a fait valoir le chef de l’Etat. Pour Angela Merkel, cet accord est "un bon résultat qui permettra à l’euro de regagner sa crédibilité", un avis partagé par Mario Draghi, le président de la BCE.

Christine Lagarde, la directrice du FMI et ancienne ministre de l'Economie et des Finances, a salué des mesures qui vont "clairement dans la bonne direction".

Invitée du 6-9 d'i-Télé, l'actuelle ministre de l'économie, Valérie Pécresse, s'est adressée directement aux agences de notation. "Les faits parlent d'eux-mêmes. J'espère que c'est ainsi que les percevront tous les observateurs de la zone euro", a-t-elle lancé. Pour elle, "c'est une véritable Union économique qui est en train de voir le jour... Je crois qu'on a vraiment très fortement renforcé l'euro".

Dans les rangs des sceptiques, Hervé Morin a déploré sur France 2 les limites d'un "accord de court terme, de replâtrage". Il a plaidé pour que la Banque centrale européenne soit "en situation d'acheter de la dette des Etats" et prôné la mise en place d'une Europe fédérale, avec une "harmonisation fiscale" et des institutions européennes démocratiquement élues.

Bernard Thibault, le leader de la CGT, a lui dénoncé les termes de cet accord, auxquels de nombreux syndicats européens étaient opposés. "Cette Europe-là est condamnée", a-t-il asséné au micro de France Info. "Qui peut croire que les citoyens vont continuer d'adhérer à cette Europe ?".

Reste que l’absence d’accord à 27 risque de ne pas rassurer les marchés à long terme, dessinant la crainte d’un Europe à deux vitesses. Les discussions doivent se poursuivre dans la journée de vendredi pour approfondir les mesures décidées et éventuellement parvenir à plus de convergence. 

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