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La fin du Sida ?
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Mal du siècle

La fin du Sida ?

L'avancée des traitements pourrait juguler les contaminations. Mais de nombreux efforts restent à faire.

"La fin du sida ?" La couverture choisie par le magazine The Economist flirterait preque avec la provocation quand on la compare avec des statistiques sur la maladie. Plus de 33 millions de personnes en sont atteintes dans le monde, alors que 25 millions y ont succombé depuis son identification il y a trente ans. Pourtant, The Economist insiste sur les raisons d'espérer :

"La guerre contre le sida avance plus vite que personne n'avait jamais osé l'espérer. Il y a une décennie, on s'attendait à ce que la moitié de la population de plusieurs pays du sud de l'Afrique meure du sida. Ce taux chute. En 2005, la maladie a tué 2,1 millions de personnes. En 2009, dernière année pour laquelle on dispose de chiffres, ce nombre est tombé à 1,8 million. Plus de 5 millions de personnes ont été traitées avec des médicaments. Dans les 33 pays les plus touchés par la maladie, le taux de nouvelles infections a chuté de 25 %."

Les médicaments : le prix à payer

"La question pour le monde n'est plus de savoir s'il est capable de se débarrasser du fléau, mais s'il est prêt à en payer le prix", résume The Economist. Maintenant que les médicaments ont montré non seulement qu'ils prolongeaient la durée de vie, mais qu'en plus ils limitaient les risques de contamination, l'enjeu est de les rendre accessibles à tous les malades. Les coûts sont gigantesques, comme l'explique Reuters :

"Une récente étude menée en marge d'une campagne non-gouvernementale américaine, AIDS2031, suggère que les pays aux revenus faibles ou moyens aurons besoin de 35 milliards de dollars par an pour lutter contre la maladie d'ici 2031. C'est presque trois fois les 13 milliards annuels d'aujourd'hui."

Pas facile de réunir les fonds, surtout au moment où des pays comme l'Espagne ou les Pays-Bas ont annoncé des coupes dans leurs budgets. Les militants anti-sida craignent que ces défections de taille donnent de moins en moins de scrupules à d'autres Etats pour rogner à leur tour sur leur budget dédié à la maladie. L'ONUSIDA a tiré la sonnette d'alarme cette semaine, par la voix du Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon :

"Le nombre de personnes qui s'infectent et meurent diminue, mais les ressources internationales nécessaires pour soutenir ce progrès ont décliné pour la première fois en dix ans, en dépit des besoins immenses non satisfaits."

Au-delà des moyens financiers, le combat consiste aussi à dépister et convaincre les populations infectées qu'elles doivent se soigner, même si elles n'ont pas encore de symptômes.

L'espoir d'un traitement définitif

La médecine progresse, mais les médicaments actuels ne permettent toujours pas de guérir définitivement la maladie. Un vaccin se fait toujours attendre. Le cas de Timothy Ray Brown, connu sous le surnom du "patient de Berlin", suscite l'espoir. Leucémique et séropositif, il a reçu en 2007 un don de moelle osseuse particulier. Le donneur, en plus d'être compatible, était porteur d'un gène qui le rend naturellement résistant au VIH. Aujourd'hui guéri, le virus a complètement disparu de l'organisme du malade.

Le traitement subi par Timothy Ray Brown est jugé trop dangereux et compliqué pour être généralisé, mais il ouvre des portes sur le terrain de la thérapie génique, comme l'explique à Reuters le docteur Sharon Lewin, de l'université de Melbourne :

"Cela a prouvé que si vous rendez les cellules de quelqu'un résistantes au VIH, alors les derniers résidus de VIH qui restent longtemps dans le corps du patient finissent pas décliner et disparaître."

 L'enjeu est alors d'extraire des cellules d'un malade, de les rendre résistantes au VIH, puis de les réintroduire dans son organisme. Une autre piste pour les chercheurs consiste à exploiter les personnes génétiquement résistantes au virus pour parvenir à l'élaboration d'un vaccin.

La prévention : encore et toujours

Les Français meurent moins du sida... mais ils se protègent aussi moins bien. Les dernières statistiques présentées en décembre 2010 sont particulièrement alarmantes. Le nombre de contaminations a augmenté entre 2008 et 2009. Des personnes de plus en plus jeunes sont concernées, et la population homosexuelle masculine reste particulièrement touchée.

La France est aussi montrée du doigt pour ses faiblesses en matière de prévention dans les prisons. Une récente étude a montré que les détenus n'étaient pas assez bien pris en charge après des pratiques à risque, qu'elles soient sexuelles ou liées à des injections de drogue.

Lu sur The Economist

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