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Vladimir Poutine et le ministre de la Défense Sergueï Choïgou visitent une exposition d'équipements militaires à Moscou, le 21 décembre 2021.
Vladimir Poutine et le ministre de la Défense Sergueï Choïgou visitent une exposition d'équipements militaires à Moscou, le 21 décembre 2021.
©Mikhail METZEL / SPUTNIK / AFP

Stratégie militaire

Guerre en Ukraine : pourquoi la Russie perd autant de généraux et de hauts gradés sur le front ?

Selon des informations de la BBC, le général russe Yakov Rezantsev a été récemment tué en Ukraine. Plusieurs autres généraux et hauts gradés ont perdu la vie lors des combats depuis le début de l’offensive militaire russe sur le sol ukrainien.

Le ministère ukrainien de la Défense a déclaré qu'un nouveau général russe, le lieutenant-général Yakov Rezantsev, a été tué lors d'une frappe près de la ville méridionale de Kherson, d’après des informations de la BBC. Rezantsev était le commandant de la 49e armée combinée de Russie. Selon un responsable occidental, il s’agit du septième général à mourir en Ukraine depuis le début du conflit, le 24 février dernier.

L’une des explications pour expliquer les pertes élevées chez les généraux et les hauts gradés russes lors de cette offensive militaire concernait le moral des troupes russes qui serait au plus et qui aurait contraint les officiers supérieurs à se rapprocher de la ligne de front.

Les médias ukrainiens ont rapporté vendredi que le général avait été tué sur la base aérienne de Tchorobaivka près de Kherson, que la Russie utilise comme poste de commandement et qui a été attaquée à plusieurs reprises par l'armée ukrainienne.

Un autre lieutenant général, Andrei Mordvichev, aurait été tué par une frappe ukrainienne sur la même base. 

Kherson a été la première ville ukrainienne à être occupée par les forces russes, bien qu'il y ait des rapports selon lesquels des manifestations quotidiennes y sont organisées contre l'occupation russe.

Bien que la Russie ait confirmé la mort d'un seul général, Kiev et les autorités occidentales estiment que jusqu'à sept ont été tués dans les combats depuis le début de la guerre.

La mort du général de division Magomed Tushayev de la garde nationale tchétchène a néanmoins été contestée.

Le mauvais équipement des troupes russes exposeraient davantage les supérieurs également. Les forces russes s'appuient notamment sur des systèmes de communication ouverts, comme des téléphones portables et des radios analogiques, qui sont faciles à intercepter et pourraient révéler l'emplacement d'officiers de haut rang les exposant facilement à des frappes où à des tirs de snipers.

Un membre du cercle restreint du président ukrainien Volodymyr Zelensky a indiqué au Wall Street Journal que l'Ukraine avait une équipe de renseignement militaire dédiée à la traque des officiers russes.

Ce vendredi, un responsable occidental a rapporté qu'un colonel russe avait également été délibérément écrasé et tué par ses propres hommes, en raison de l'ampleur des pertes subies par sa brigade. 

Le meurtre du commandant de la 37e brigade de fusiliers motorisés « donne un aperçu de certains des problèmes de moral auxquels sont confrontées les forces russes », selon cette source auprès de la BBC.

Vladimir Poutine n'a fait référence qu'à la mort d'un seul général, le général de division Andrey Sukhovetsky, dans un discours peu après le début de la guerre.

La Russie affirme que 1.351 soldats sont morts depuis le début de la guerre en Ukraine. Les responsables occidentaux et les autorités ukrainiens ont dévoilé des chiffres bien plus élevés concernant les pertes des soldats russes.

La rédaction de la BBC a détaillé la liste des généraux russes récemment morts sur le front en Ukraine.

Le lieutenant-général Yakov Rezantsev aurait été tué par une frappe ukrainienne sur la base aérienne de Tchorobaivka près de la ville de Kherson. Il aurait participé à l'opération militaire russe en Syrie.

Andrei Mordvichev a été tué par une frappe sur la base aérienne de Tchorobaivka près de Kherson, selon des responsables ukrainiens. Il était le commandant de la 8e armée combinée de Russie du district militaire du sud.

Le général de division Oleg Mityaev serait mort près de la ville de Marioupol. Le régiment nationaliste Azov prétend l'avoir tué. Il était commandant de la 150e division de fusiliers motorisés de l'armée russe, une unité relativement nouvelle formée en 2016 et basée dans la région de Rostov, près de la frontière ukrainienne.

Le général de division Andrei Kolesnikov, de la 29e armée combinée, a été tué lors de combats le 11 mars, selon des sources officielles ukrainiennes.

Le général de division Vitaly Gerasimov, chef d'état-major de la 41e armée combinée russe, a été tué le 7 mars à l'extérieur de la ville orientale de Kharkiv, selon le ministère ukrainien de la Défense. L'armée ukrainienne a publié un enregistrement de ce qu'elle a dit être deux responsables des services de sécurité russes discutant de la mort de Gerasimov et se plaignant que leurs réseaux de communication sécurisés ne fonctionnaient plus en Ukraine. Le général Gerasimov avait été impliqué dans la deuxième guerre de Tchétchénie, l'opération militaire russe en Syrie et dans l'annexion russe de la Crimée en 2014.

Le général de division Andrey Sukhovetsky, commandant adjoint de la même unité que Gerasimov, aurait été tué par un tireur embusqué le 3 mars. Contrairement aux autres généraux, la mort de Sukhovetsky a été rapportée dans les médias russes et le président russe Vladimir Poutine a confirmé dans un discours qu'un général était mort en Ukraine.

En plus des informations de la BBC, une source diplomatique citée dans le magazine spécialisé Foreign Policy, comptait (lundi dernier) au moins cinq généraux russes tués ces quatre dernières semaines.

Malgré ces chiffres imprécis, ces pertes sont probablement les plus importantes depuis la Seconde Guerre mondiale pour la Russie.

Les renseignements occidentaux estiment que vingt officiers sont déployés en Ukraine pour gérer les soldats russes.

En plus de ces pertes dans les hauts rangs s’ajoutent « des douzaines de colonels et autres officiers », selon le négociateur en chef ukrainien Mykhaïlo Podolyak sur Twitter, preuve selon lui que « l’armée russe n’est pas du tout préparée et ne se bat qu’avec des chiffres et des missiles de croisière ».

Un responsable de l’OTAN estimait mercredi à entre 7.000 et 15.000 le nombre de morts russes, sur un total de 200.000 militaires déployés.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a affirmé, à la mi-mars, avoir perdu 1.300 soldats, contre 2.800 morts et 3.700 blessés revendiqués par la Russie début mars.

BBC

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