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Angela Merkel Nicolas Sarkozy et Mario Monti, le 24 novembre dernier.
Angela Merkel Nicolas Sarkozy et Mario Monti, le 24 novembre dernier.
©Reuters

Union européenne

"Taxe Tobin" : Angela Merkel fait un pas vers Nicolas Sarkozy

Elle a déclaré que "c'est une bonne initiative que la France dise maintenant il faut mettre les points sur les i, il faut passer aux actes" à l'issue de sa rencontre avec Nicolas Sarkozy à Berlin.

[Mise à jour le 8 janvier 2012]

La chancelière allemande a marqué sa bonne volonté dans une déclaration remarquée à l'issue de sa rencontre avec le Président Sarkozy en déclarant que "c'est une bonne initiative que la France dise maintenant il faut mettre les points sur les i, il faut passer aux actes". Pour autant, Mme Merkel s'est montrée prudente sur le calendrier de mise en oeuvre d'une telle mesure. 

A l'issue de leur déjeuner de travail, les deux dirigeants allemands et français ont réaffirmé leur volonté de mettre en place une taxe sur les transactions financières. "Il serait bon d'envisager sa mise en place au sein de la zone euro. Si on n'arrive pas à convaincre les 27, il faudra réfléchir à comment continuer", a tempéré Angela Merkel en conférence de presse, face à un Nicolas Sarkozy assurant : "il n'y a aucune précipitation de ma part".

Lire sur le même sujet : 

Tobin ou not Tobin ? La question de la création d'une taxe sur les transactions financières au niveau européen sera en toute vraisemblance le plat de résistance du déjeuner de travail qui réunit ce lundi Nicolas Sarkozy et Angela Merkel à Berlin, en vue du sommet européen du 30 janvier prochain.

Outre-Rhin, le débat fait moins de bruit qu'en France, éclipsé par les déboires du président de la République allemande. Seuls quelques titres de presse, dont le Spiegel, se livraient lundi matin à une analyse des motivations de l'annonce soudaine du Président français. Leur point commun : un agacement manifeste. "Il y a peu, l'axe franco-allemand était encore 'fondamental', et voilà que Nicolas Sarkozy se livre à un nouveau solo politique", écrit le journaliste. Au lieu de s'entendre avec la Chancelière, Sarkozy fuit vers l'avant : il faut que la taxe sur les transactions financières soit adoptée au plus vite en France, de préférence avant les élections présidentielles". Sans concession, il décrit un Président affaibli par la crise, qui tente par tous les moyens de redorer son image avant l'élection, au risque de "détruire sa relation avec Angela Merkel" et de "piétiner les progrès récents en matière d'intégration économique".

Sur le principe, par contre, l'instauration éventuelle d'une taxe Tobin en Europe est accueillie plutôt favorablement par les Allemands, constate notamment le Berliner Morgenpost. Ce qui pose problème, analyse notamment Die Welt, c'est clairement la méthode et le timing imposés par Nicolas Sarkozy. Berlin ne compte pas céder aux sirènes du calendrier électoral français et devrait se donner un délais de six mois pour parvenir à un accord sur une telle mesure. De la même manière, le gouvernement refusera qu'elle soit adoptée "par la force", sous la forme d'une entente entre la France et l'Allemagne uniquement. Pour notre plus proche voisin, la taxe Tobin sera le fruit d'un accord entre les dix-sept pays de la zone euro au minimum, ou ne sera pas.

Si accord il y avait, l'Italie en tout cas ferait partie des signataires. Le président du Conseil, Mario Monti, l'a affirmé dimanche soir, lors d'une interview sur la chaîne de télévision publique RAI 3. "Nous sommes disposés à y travailler, mais jamais au grand jamais si elle ne concernait que l'Italie. En revanche, pendant une phase au cours de laquelle nous avons un grand intérêt à obtenir la collaboration étroite de pays comme l'Allemagne et la France, pourquoi pas?" a-t-il affirmé précisé. "Et cela n'a rien à voir avec le fait que j'ai été l'élève du professeur Tobin".

Sans surprise, la Grande-Bretagne s'est, elle, très rapidement déclarée opposée au principe même d'une taxe sur les transactions financières. Travaillistes et conservateurs s'accordent d'ailleurs sur ce point. L'ancien ministre de l'Economie et des Finances de Gordon Brown, Alistair Darling, a parlé de "pacte de suicidaire" et de "désastre sans précédent", prédisant une récession aux pays qui accepteraient une telle taxe. Le Premier ministre David Cameron est également monté au créneau, exigeant des conditions qui rendent la mise en place de cette mesure impossible dans un futur proche. "A moins que le reste du monde n'accepte au même moment d'instaurer une quelconque taxe, nous n'irons pas dans cette direction", a-t-il déclaré à la BBC. Et d'ajouter : "Si les Français veulent avancer vers une taxe sur les transactions dans leur pays, alors ils devraient être libres de le faire"

Ci dessous, des extraits des interviews de Mario Monti et David Cameron.

Si la France décide d'adopter seule une taxe sur les transactions financières, elle ne devrait guère avoir que David Cameron pour "soutien". Une première teintée d'ironie.

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