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Et si Napoléon avait triomphé à Waterloo ? (1/2)
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On refait le monde

Et si Napoléon avait triomphé à Waterloo ? (1/2)

Et si l'Empereur n'avait pas eu de crise d'hémorroïdes le 18 juin 1815 ? Il aurait certainement remporté la bataille de Waterloo. C'est l'avis de deux écrivains-historiens, qui revisitent l'Histoire de France de Vercingétorix à Edouard Balladur à travers 40 uchronies. Pour Atlantico, voici les bonnes feuilles du récit de la victoire de Napoléon, épisode 1.

Philippe Valode Valode Luc Mary

Philippe Valode Valode Luc Mary

Luc Mary est historien et écrivain. Philippe Valode dirige la revue Actualités de l'Histoire. Ils publient Et si... Napoléon avait triomphé à Waterloo ? L'histoire de France revue et corrigée en 40 uchronies (Editions de l'Opportun, juin 2011).

 

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Napoléon au ban de l’Europe

Le 13 mars, les coalisés, Britanniques, Suédois, Autrichiens, Prussiens et Russes, décident de placer la France au ban de l’Europe. Puis ils renouvellent, le 25 mars 1815, le pacte de Chaumont, signé les 1er et 9 mars 1814, un an auparavant. Ce pacte engage les alliés à ne plus traiter avec Napoléon, à se fournir réciproquement des armes et des fonds, afin de ramener la France à ses frontières de 1792, fût-ce durant 20 années !

Napoléon et Davout consacrent toutes leurs forces à reconstituer l’armée française

Ayant nommé le fidèle Davout ministre de la Guerre, Napoléon Ier s’efforce de reconstruire un outil militaire. Il dispose d’environ 250 000 hommes, ce qu’il reste de l’armée régulière après les mesures de démobilisation de Louis XVIII. Il ne parvient guère à mobiliser les recrues de la classe 1815 en raison de l’opposition de la chambre. Pourtant, Napoléon Ier commet l’erreur de diviser ses forces. Il n’emmènera avec lui que 123 000 hommes. Et en laisse 130 000 pour assurer la défense du territoire français assiégé par les alliés, dispersés en 6 armées. À la tête des armées de province, seconde erreur lourde, il place quelques-uns des meilleurs officiers de l’Empire : le tout nouveau maréchal Suchet à la tête de l’armée de Savoie, le maréchal Brune (tombé en disgrâce) dans le Var, le général Rapp, héros de Dantzig, sur le Rhin. Lamarque tient la Loire – où les La Rochejaquelein, Louis et Auguste, mais aussi d’Autichamp agitent à nouveau la Vendée –, Clausel les Pyrénées et Lecourbe le Jura.

Le plan génial de Napoléon Ier

Face aux 500 000 hommes, peut-être 600 000, mobilisés par les alliés, Napoléon Ier ne peut vaincre que par la rapidité de la manœuvre. Il lui faut attaquer les Prussiens et les Anglais regroupés en Belgique, tout près des frontières françaises, et les vaincre séparément, l’un après l’autre, avant qu’ils ne déboulent ensemble sur le nord de la France. Début juin, Napoléon rassemble l’armée, puis se dirige vers la Belgique sans être repéré. Le 14 juin, il atteint Charleroi. Il sait que ses 123 000 hommes vont devoir affronter 220 000 Anglo-Prussiens. [...]

Double bataille le 16 juin 1815

Le maréchal Ney, largement perturbé par sa trahison de Louis XVIII, est chargé de marcher sus aux Anglais et de les fixer aux Quatre-Bras, sur l’aile gauche de l’armée française. Alors que Napoléon s’efforcera
de repousser les Prussiens de Blûcher à Ligny. Ainsi l’Empereur pourra-t-il s’attaquer à des Anglais isolés de leur allié, le 17 ou le 18 juin 1815. Ayant reçu des ordres manquant de clarté, inapte à un commandement isolé, Ney n’attaque qu’en début d’après-midi. Mais les Anglais se sont renforcés et leur supériorité numérique leur permet de tenir jusqu’au soir. Il est vrai que l’inapte Ney s’est privé par un ordre imbécile des 20 000 hommes de Drouet d’Erlon qui lui manquent cruellement. À Ligny, attaqués par environ 70 000
Français, 85 000 Prussiens sont largement bousculés, perdant 10 000 combattants. Mais ils se replient vers Wavre, en direction des Anglais. Napoléon tarde trop à les poursuivre : ils lui échappent.

Napoléon n’est pas au mieux de sa forme

Victime, semble-t-il d’une crise d’hémorroïdes, l’Empereur n’est pas au mieux de sa forme et paraît infiniment moins présent qu’au cours de la campagne de France. Il donne des ordres imprécis, sous-estime
la capacité de manœuvre de Blücher, ne repère pas le terrain avant l’assaut. Mais plus que tout, il manque d’un chef d’état-major de valeur : Soult est loin d’égaler Berthier ! On ne comprend pas pourquoi Napoléon n’a pas emmené dans sa campagne Davout, infiniment plus crédible. Est-ce toujours cette vieille acrimonie qui oppose les deux hommes ? Pourtant, à ses risques et périls, Davout est venu se mettre au service de l’Aigle en mars 1815 et a reconstruit son armée. Plutôt que de confier les ailes de l’armée à Ney et Grouchy, deux hommes inaptes aux grands commandements, Napoléon, ayant refusé le retour de Murat, aurait dû faire appel à Suchet, l’homme de Valence, et à Brune, le remarquable vainqueur de Bergen (1799).
Le 17 juin, tentative de s’implanter sur le plateau Saint-Jean Ayant rejoint Ney aux Quatre-Bras que Wellington a fini par évacuer, Napoléon Ier décide d’envoyer Grouchy avec 33 000 hommes à la poursuite de Blücher, avec pour mission de l’empêcher de rejoindre l’armée anglaise le 18 juin. Ne disposant plus que de 86 000 hommes, Napoléon Ier décide de se diriger vers Bruxelles et d’occuper la position haute du mont Saint-Jean. Vers 18 heures, le 17 juin, il arrive à proximité du mont, à la ferme de la Belle-Alliance. Wellington occupe déjà le plateau : il est trop tard pour tenter un assaut, sous la pluie battante, avec un plafond de nuages qui empêche toute vision panoramique.

Nuit d’enfer

Chez les Anglais comme chez les Français, il faut passer la nuit sous la pluie, dans la boue, et dans le froid, malgré le mois de juin. Le lendemain, le terrain est détrempé : difficile de manœuvrer l’artillerie. Il faut démonter les armes, les sécher, les graisser. Cependant, Napoléon attend le début d’après-midi pour ordonner le feu. Il est environ 13 heures lorsque les canons se mettent à tonner : la bataille commence ! Cependant Blücher, dont l’armée est divisée en 4 corps, décide d’en sacrifier un, le 3e, pour tenir Grouchy en échec, espérant ainsi tromper le Français, et pouvoir rabattre sur le flanc droit de Napoléon ses 3 autres corps, ceux de Bulöw, Ziethen et Pirch.

A suivre...

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Extrait de Et si Napoléon avait triomphé à Waterloo ? L'histoire de France revue et corrigée en 40 uchroniesde Philippe Valode et Luc Mary (Editions Opportuns, juin 2011) 

Et si Napoléon avait gagné à Waterloo ?

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