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©REUTERS / Scott Audette

Fractures partisanes et raciales

Trump, champion des blancs ? La présidentielle de 2016 préfigure-t-elle une Amérique où le vote deviendrait une pure affaire ethnique ?

Grands favoris, désignés à la suite du Super Tuesday, Donald Trump et Hillary Clinton capitalisent sur deux électorats très différents. La Démocrate est très appréciées des différentes minorités ethniques, quand le Républicain vise davantage à attirer de nouveaux électeurs blancs. Prémices d'une fracture ethnique qui, si elle n'explique pas le vote seule, contribue à son décryptage.

Yannick Mireur

Yannick Mireur

Yannick Mireur est l’auteur de deux essais sur la société et la politique américaines (Après Bush: Pourquoi l'Amérique ne changera pas, 2008, préface de Hubert Védrine, Le monde d’Obama, 2011). Il fut le fondateur et rédacteur en chef de Politique Américaine, revue française de référence sur les Etats-Unis, et intervient régulièrement dans les médias sur les questions américaines. Son dernier ouvrage, Hausser le ton !, porte sur le débat public français (2014).

Voir la bio »Steven Ekovitch

Steven Ekovitch

Steven Ekovitch est professeur de Sciences Politiques et d'Histoire à l'Université Américaine de Paris.

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Jacques Portes

Jacques Portes est, depuis 1995, professeur d'histoire de l'Amérique du Nord à l'Université de Paris 8 Vincennes-Saint Denis. Il est agrégé d'histoire (1966), docteur de 3e Cycle (1974) de l'Université de Paris I Panthéon-Sorbonne, et docteur d'État (1987).

Il a notamment publié États-Unis aujourd'hui : les maîtres du monde ? (2003) ; États-Unis : une histoire à deux visages. Une tension créatrice américaine, 2003.

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Atlantico : Si le Super Tuesday n'a pas désigné de vainqueurs à proprement parler, il a clairement désigné deux favoris. Hillary Clinton, qui mobilise en grande partie le vote des minorités, et Donald Trump massivement rejeté par les minorités. Pour être élu, il compte donc attirer de nouveaux électeurs blancs, notamment en reprenant l'idée partagée par 64% des Républicains selon laquelle la discrimination envers les blancs est désormais un problème aussi important que celle qui existe envers les noirs. A quel point cette dimension raciale du vote ("Les blancs contre les autres"), qui inquiète les commentateurs américains, est-elle devenue déterminante dans ces primaires ?

Yannick Mireur : Ce n'est pas un sujet qui est encore très déterminant, mais il est certain que dans l'état de colère, d'insatisfaction, de frustration et certainement de désespoir d'une large partie de l'opinion publique américaine, particulièrement celle qui habite dans les Etats des grands espaces du sud où l'héritage politico-racial est très lourd, il peut y avoir, par les excès de formulations et l'hystérie qui entourent la campagne de Donald Trump, un réveil d'antagonismes et de tensions dont la guérison est une donnée majeure de l'histoire récente des Etats-Unis.

J'ouvre une parenthèse sur la récente polémique autour des Oscars. J'ai vu notamment l'interview de quelqu'un qui est généralement plutôt calme, Will Smith, qui affirmait que l'industrie du cinéma était le reflet de la société américaine. Il peut y avoir des stars américaines noires, mais cela reste globalement un pays dominé par les blancs.

Il y a des oppositions qui pourraient renaître compte tenu de la façon dont Trump exprime les frustrations, les déconvenues et les insatisfactions d'une grande partie des Etats-Unis contre l'élite, qui a contribué à instaurer non seulement les quotas, mais aussi certains codes de langage politique qui empêchent parfois d'exprimer les choses telles que la majorité de la population les exprimerait. Cela crée une distance entre les réalités et la façon dont elles sont traitées par les responsables publics.

Il y a une dimension de déconstruction dans l'expression politique de Donald Trump qui peut, en effet, réveiller ces antagonismes que l'on croyait largement apaisés par le symbole de l'élection d'Obama.

Insister sur le fait que l'électorat afro-américain est largement acquis aux Clinton ajoute un éclairage qui ne fait que souligner cette dimension-là, et qui peut donc atteindre la forme d'une prophétie auto-réalisatrice. A force d'en parler, cela devient forcément un sujet ! Ce n'était pas un enjeu de campagne, mais cela peut le devenir par la tournure de cette dernière.

Steven Ekovich : Il est difficile de dire qu'elle est déterminante, dans la mesure où les facteurs qui justifient un vote sont bien plus vastes que cette seule question ethnique. Parmi ces facteurs, on trouve l'âge, le sexe, la situation maritale (les femmes mariées votent généralement en faveur du parti Républicain quand les femmes seules tendent à voter pour le parti Démocrate), le revenu – même si les plus riches jouent sur tous les tableaux –, l'éducation, la profession, la religion, etc. sont autant de paramètres à prendre en compte. Pour autant, il est essentiel de ne pas oublier ce critère ethnique.

D'autant plus qu'il est compliqué à classifier. Prenons l'exemple des populations hispaniques, très majoritairement catholiques. De facto, cette population est également majoritairement attachée aux valeurs de la famille et allergique à des mesures comme le mariage homosexuel. Pour autant, l'homogénéité n'existe pas même au sein des communautés ethniques : les latinos de Floride votent davantage à droite par réaction au communisme de Cuba – dont leurs ancêtres proviennent – quand les autres votent généralement Démocrate, quand bien même on constate une évolution. Le seul groupe ethno-racial véritablement acquis à un parti à proprement parler, c'est la population noire. C'est ainsi depuis les années 1930 et le New Deal de Roosevelt, le vote noir s'est fixé sur le parti Démocrate, puisqu'auparavant celui-ci était plutôt pro-Républicain.

Très clairement, les bases électorales d'un parti changent constamment. Bien sûr, ce n'est pas quelque chose qui se fait du jour au lendemain, mais les mouvements de fond entraînent le fait que des catégories sociales voyagent d'un parti à un autre en fonction des événements, de l'actualité, de l'évolution de la société. Les différences régionales ont également un impact, comme le démontre la victoire écrasante – due au vote noir et hispanique – d'Hillary Clinton sur Bernie Sanders dans les états du Sud. Dans le Nevada, cependant, les Hispaniques ont majoritairement voté pour Donald Trump, qui récupère 40% de leurs voix.

Donald Trump souhaite effectivement attirer à lui de nouveaux électeurs blancs. Il débauche les Démocrates conservateurs. Il a su les séduire et les pousser à rejoindre ses propres colonnes, eux qui se sentaient abandonnés. Clairement, Trump a un succès au sein de cette catégorie, même s'il est difficile de dire s'ils continueront à voter Républicain s'il n'est pas le candidat.

De là à dire qu'il existe chez Donald Trump un vote blanc qui se revendique comme blanc… D'une certaine façon c'est vrai : c'est quelque chose qui existe très clairement, qui est là et qu'on ne peut pas nier. Mais c'est également un phénomène relativement marginal. Il est important de ne pas en faire un des éléments premiers du vote pour Donald Trump, car ce serait assez réducteur. Ils ont d'autant plus d'effet médiatique qu'ils détonnent fortement et sortent du commun. En outre, son absence de dénonciation – ou sa dénonciation trop faible – vis-à-vis de son soutien au Ku Klux Klan lui a causé quelques torts. Ce vote s'ancre davantage contre le politiquement correct. Dans la mesure où il existe une lutte contre le racisme blanc à l'égard des noirs, on constate chez certains une réaction des blancs, illustrée par le graphique que vous présentez. C'est effectivement une réaction de couleur : c'est un composant de l'opposition au politiquement correct. Mais pas le seul. 

Jacques Portes : Les Républicains pendant 8 ans ont systématiquement refusé le moindre compromis avec le président Obama, la partie extrême du parti, dont le Tea Party rajoutait même une couche de racisme. De ce fait, ils ont conforté l’opinion des blancs, déclassés par la crise ou pensant être déclassés, qui sont persuadés d’être désavantagés par rapport aux noirs qui auraient su obtenir ce qu’ils voulaient. 

Donald Trump a su profiter de cette situation en en rajoutant sur ces questions. Il est parvenu à ses fins par son discours simpliste sans aucune proposition concrète. Ces électeurs qui sont déboussolés ont le sentiment d’avoir enfin été entendus. Pour Trump, cette absurdité de la discrimination à l’égard des blancs lui donne des arguments que n’osent pas dire tout haut les cadres du parti Républicain, même s’ils les ont sous-entendus longtemps.

Dans les premières élections, au New Hampshire et en Iowa, Trump a pu toucher ces électeurs blancs déclassés. Mais ses victoires lui ont donné le "momentum" et lui ont permis d'apparaître comme un vainqueur, alors que les autres candidats s’effondraient et de toucher de nouveaux électeurs même latinos sur des critères socio économiques. Globalement toutefois, son électorat reste surtout blanc, car dans ces élections primaires, seuls les inscrits Républicains votent. Or en 2008 comme en 2012, le Grand Old party a été battu car il ne se préoccupait pas d’attirer les minorités raciales. 

Donc Trump a su à merveille profiter du terreau mis en place par le parti républicain, qui n’est pas parvenu à susciter un candidat valable pour lui faire face. Il est remarquable que Cruz et Rubio soient mal vus dans leur propre parti, le premier par ses excès religieux et ses positions brutales au Congrès, le second par son inconsistance politique et ses positionnements changeants par rapport à l’immigration ou à la reprise des relations avec Cuba.

Trump a compris très tôt qu’il n’aurait aucun opposant d’envergure. 

Le tout est de savoir si Trump pourra élargir l’électorat Républicain au-delà des blancs en colère qui ne représentent qu’une partie insuffisante pour gagner. S’il réussit, il fera mieux que les précédents candidats Républicains. Mais son discours reste pour le moment dirigé surtout vers ses électeurs blancs. 

D'ici quelques années, la population blanche américaine pourrait-elle ne plus être majoritaire aux Etats-Unis ? Dans quelle mesure est-ce que cela pourrait changer la donne, d'un point de vue électoral ? Dans quels délais ?

Jacques Portes : Sans doute en 2030 ou 2040 la population blanche ne constituera plus la majorité, mais cette évolution vers une société multiculturelle, avec 30% de latinos, 20% de noirs, 15% d’asiatiques et 35 % de blancs (il s'agit là d'estimations) ne viendra pas tout de suite. Cet équilibre déjà apparent en Californie obligera les blancs à ne plus se sentir au-dessus des autres.

Mais il est sûr que la période à venir suscitera bien des réactions populistes, dont profite aujourd’hui Donald Trump ; c’est un combat d’arrière-garde.

Yannick Mireur : Tout à fait, il faut se rappeler ici les projections démographiques. Il y a une forte évolution de la société américaine, dont une frontière politico-culturelle géographiquement plus marquée, c'est-à-dire un melting pot dans les grands centres métropolitains urbains des côtes où le sujet est quand même très présent. Rappelez-vous les émeutes de Los Angeles, ce n'est pas si vieux. C'est présent, mais peut-être moins sensible politiquement, moins mobilisateur électoralement que dans les Etats plus ruraux du sud.

Ces évolutions de la culture et de la démographie américaines sont davantage le résultat de l'hispanisation. La population noire stagne autour de 12% et devrait continuer à stagner, la population asiatique progresse légèrement (elle devrait passer de 10 à 15-16% entre 2000 et 2030), et la population hispanique sera plus importante que la population asiatique si l'on se projette.

Je ne suis pas certain que cela puisse changer les choses électoralement parlant. Certes, l'électorat afro-américain, tout comme l'électorat juif américain, est à 80% pour les Démocrates, même s'il faut quand même rappeler que ce sont les présidents Républicains qui ont pris les mesures les plus audacieuses pour confier des responsabilités majeures aux afro-américains, et je pense ici au père et au fils Bush (le général Powell, Condoleezza Rice, etc.). Mais les hispaniques sont peut-être plus divisés et plus mobiles dans leurs préférences, en fonction d'enjeux locaux et d'une forme de conservatisme culturel. Ce conservatisme se vérifie aussi dans la communauté afro-américaine, puisque les noirs sont assez portés sur la famille traditionnelle, mais leur vote démocrate s'explique par une longue tradition historique avec le combat pour les droits civiques de Lyndon Johnson.

Steven Ekovich : Effectivement, sous réserve que les tendances démographiques engagées actuellement se poursuivent, la population américaine ne devrait plus être majoritairement blanche d'ici quinze à trente ans.

Pour autant, l'impact en tant que tel sur la vie politique est très difficile à déterminer, notamment en raison du grand nombre de facteurs qui déterminent le vote politique. L'analyse politique est invariablement risquée, quand il s'agit de transposer, d'extrapoler une situation contemporaine trente ans plus tard. Les situations évoluent, les contextes changent. Ce que l'on peut dire, en restant prudent, c'est qu'effectivement il est fort probable que ce changement démographique aura des impacts sur la vie politique et les fractures électorales aux Etats-Unis. En revanche, il est impossible de préciser comment ces impacts pourraient se manifester, ou de dire que la fracture partisane s'effacera pour faire place à une fracture raciale. On ne peut pas nier la possibilité ; mais ce serait aller trop vite que de dire que ce serait une conséquence systématique. Ce serait également oublier tous les autres déterminants du vote, et ne pas comprendre les évolutions relatives aux bases électorales du parti Démocrate, comme du parti Républicain.

Si aujourd'hui Trump récupère tout de même une partie conséquente du vote latino, le vote noir se concentre quasi-intégralement sur le parti démocrate. L'appartenance ethnique pourrait-elle à l'avenir constituer une nouvelle ligne de fracture politique en tant que telle ?

Yannick Mireur : Je ne crois pas, car je pense que cela ne s'exprime pas de cette manière. Il y a simplement une tradition chez les juifs et les afro-américains de voter démocrate. C'est assez ancien, mais cela ne s'exprime pas de façon ethnique. Ce n'est pas comme cela que c'est perçu. En revanche, et l'on revient ici à votre première question, si vous avez un candidat qui en fait un thème de campagne, par définition il deviendra un thème de campagne. De plus, le format médiatique aujourd'hui porte à l'hystérie, à la simplification, au buzz, etc. Il faut mesurer la conjonction de deux facteurs : d'une part le discours simplificateur et provocateur, et d'autre part le paysage médiatique (talk-shows, réseaux sociaux). Trump maîtrise bien tout cela, sans doute mieux que d'autres. Il peut être un précurseur et un signe avant-coureur de ce qui serait une fois de plus une prophétie auto-réalisatrice, car je ne pense pas que cette division soit une évolution naturelle.

Jacques Portes : Le vote ethnique a toujours existé aux États-Unis, depuis que les noirs vivent à l’écart des blancs, comme les latinos, avec des circonscriptions reconnaissables. De plus, les noirs d’aujourd’hui vivent dans la peur des violences policières et ont tendance à se regrouper encore plus. Le parti Démocrate a consciemment fait le pari d’une société multiculturelle comme l’ont illustré les deux victoires d’Obama qui on été possibles par le vote noir, le vote jeune, le vote latino mais aussi grâce à une fraction non négligeable des blancs. Clinton tente le même pari pour contrer Trump qui reste marqué jusqu’à maintenant par un discours plus étroit. 

Deux Amériques : une vieille blanche face à une plus jeune et plus diverse.

Steven Ekovich :  Encore une fois, il me parait primordial de rappeler qu'aux Etats Unis, il n'existe pas une seule et unique communauté ethnique, bien au contraire. On constate par exemple que les hispaniques sont beaucoup plus fluides électoralement que les populations d'origine noire. C'est également vrai pour les asiatiques (chez qui on trouve des Vietnamiens, des Chinois, des Japonais, etc. là aussi la communauté n'est pas homogène), qui varient aussi d'un parti à l'autre.

Plus ces groupes ethniques, cependant, réussissent à s'intégrer à la société américaine et profitent du très célèbre "American dream", plus ils deviennent conservateurs. Le moins concerné des groupes ethniques par ce constat, c'est bien la communauté afro-américaine, qui n'est pas représentative de l'évolution des différents groupes. L'une des meilleures preuve de cet élément d'évolution, c'est bien que les deux autres candidats Républicains, en dehors de Trump, sont des hispaniques !

Il est évident qu'à l'avenir, appartenir à une communauté ethnique particulière pourra avoir une influence sur le vote. Cela n'empêche pas que ces communautés ethniques soient majoritairement divisées sur les questions politiques. Aujourd'hui les hispaniques sont assez attachés aux valeurs traditionnelles catholiques, mais dans la mesure où la société évolue, il est fort probable que ces moeurs évoluent également, pour mieux s'accorder au nouveau monde. C'est cette évolution de la société qui rend très difficile d'évaluer les fractures de l'avenir.

Quand bien même cette fracture ne serait pas aussi nette, n'y a-t-il pas le risque qu'elle soit perçue de la sorte par les électeurs lambda ?

Yannick Mireur : Je ne suis pas certain que le danger soit si prégnant. Encore une fois, il peut l'être dans certains Etats du sud où les codes culturels restent marqués par la mémoire de l'esclavage et de la ségrégation. Au-delà de cela, je ne pense pas. Les questions raciales restent sous-jacentes à la société américaine. Beaucoup d'Américains détestent Obama, y compris parce qu'il est noir même s'ils ne le diront pas. Comme dans toutes les sociétés, le racisme est réel, mais je ne le pense pas déterminant politiquement parlant.  

Steven Ekovich : Certainement. Cependant, toujours en prenant le vote hispanique (tout spécifiquement de Floride) pour exemple, on constate que la troisième génération est moins ancrée à droite que les deux précédentes. Quand bien même ce n'est encore qu'une ébauche, il y a clairement une inflexion vers le centre et la gauche. D'un autre côté, la population hispanique au sens général, tend à devenir plus conservatrice. Cela illustre qu'il y a différents mouvements, qui prennent différentes directions. Tout est susceptible de changer selon la région, l'origine... Ce qui est également vrai chez les blancs. Craindre qu'ils se sentent isolés (ou en voie d'isolement) et se regroupent derrière un seul candidat en opposition au candidat des autres, c'est avoir une analyse beaucoup trop simple. Le genre d'analyse qui ignore toutes les autres composantes de la démographie électorale, de la société américaine.

Jacques Portes : Vous ne pouvez par parler d’électeurs lambda, cela n’existe pas ; quelle que soit leur origine, les électeurs peuvent donner leur avis. Les blancs n’ont aucun avantage dans ce domaine, même s’ils croient en conserver un. 

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