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Tensions sur la présidentielle : bataille de meetings, déclarations choc et incertitude maximale pour le quatuor de tête
©ERIC FEFERBERG / AFP

Dernière ligne droite

Tensions sur la présidentielle : bataille de meetings, déclarations choc et incertitude maximale pour le quatuor de tête

Alors que s'ouvre la campagne officielle, la bataille pour l'Elysée prend des allures de quadrangulaire où l'on voit les écarts entre les quatre candidats de tête se resserrer et les scores bouger à l'intérieur de ce carré.

Anita Hausser

Anita Hausser

Anita Hausser, journaliste, est éditorialiste à Atlantico, et offre à ses lecteurs un décryptage des coulisses de la politique française et internationale. Elle a notamment publié Sarkozy, itinéraire d'une ambition (Editions l'Archipel, 2003). Elle a également réalisé les documentaires Femme députée, un homme comme les autres ? (2014) et Bruno Le Maire, l'Affranchi (2015). 

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Le dernier rebondissement  est livré par  le sondage Kantar-Sofrès-One Point pour Le Figaro-RTL- LCI, qui place Jean-Luc Mélenchon devant François Fillon avec 18% de voix contre 17% pour le candidat de la Droite et du Centre qui se verrait relégué à la quatrième place, et serait éliminé du deuxième tour. Car faut-il le rappeler au soir du premier tour il n'en restera que deux dans la course et, pour l'heure, ce sont Marine Le Pen et Emmanuel Macron qui seraient en tête, crédités de 24% d'intentions de vote chacun, mais en baisse de 2 points par rapport à la précédente étude. A quinze jours du scrutin, le terrain reste mouvant, les rebondissements et les accidents de parcours sont possibles.

Hier, Jean Luc Mélenchon a impressionné avec son meeting de Marseille où il a pris la parole sur le Vieux Port devant une marée humaine. Le candidat de la France Insoumise a fait observer  une minute de silence pour les migrants disparus en Méditerranée ; il se présente en "candidat de la paix", convaincu qu'il va gagner "ça s'entend, ça se sent, la victoire est à la portée de nos efforts"... Jean-Luc  Mélenchon qui bénéficie d'une véritable dynamique, a gagné six points par rapport au mois dernier, au détriment de Benoit Hamon, mais aussi en séduisant des électeurs de droite !

Pas élire un copain

Le rebondissement, François Fillon et ses partisans y croient. Le meeting de la Porte de Versailles a été un succès de participation ; il vient en quelque sorte couronner la remontée amorcée au meeting du Trocadéro. Les ténors de la majorité se sont succédés pour appeler au succès de leur candidat, cognant à bras raccourcis sur celui qu'ils jugent le concurrent le plus dangereux, Emmanuel Macron, présenté  comme  "le Trissotin de Monsieur Molière : On cherche ce qu'il a dit longtemps après qu'il a parlé". François Baroin a lancé : "qui pense aujourd'hui que Monsieur Macron n'est pas socialiste? Personne". Et Luc Chatel a enfoncé le clou : "vous avez aimé la synthèse molle de François Hollande, vous adorerez l'eau tiède de Macron." Pendant plus d'une heure, François Fillon a redit "sa volonté sans faille" et expliqué "qu'il ne s'agit pas d'élire un copain, il s'agit de choisir un président, et à travers lui, le destin que nous voulons nous ouvrir à la France". Il a vanté  son expérience, se présentant comme le  plus capé pour affronter une crise internationale, le plus protecteur et le plus sérieux avec le programme le plus cohérent : en finir avec les 35H  et l'ISF, simplification du code du travail,  augmentation des petites retraites  et des petites pensions de réversion, réduction de la bureaucratie l'arrêt de "l'immigration sans intégration et sans assimilation"... Si la plupart des coups partent en direction d'Emmanuel Macron, pour François Fillon, Jean-Luc Mélenchon se rêve en capitaine du cuirassé "Potemkine, mais qui négociera la ferraille du Titanic". François Fillon veut y croire: sur le terrain ses partisans ressentent un frémissement, signe que  les électeurs partis à cause des affaires seraient prêts à revenir et voter pour lui. Ce n'est pas encore perceptible dans les sondages mais compte tenu du nombre d'indécis, tout reste possible.

Emmanuel Macron : gouverner par ordonnances

C'est également ce que ressent Emmanuel Macron, dont la base électorale n'est pas consolidée et tend à s'effriter. Le candidat d'En Marche a multiplié les apparitions médiatiques pendant le week-end. Son objectif : montrer qu'il est un candidat de rupture par rapport au quinquennat qui s'achève, et se différencier de François Hollande à qui la droite l'assimile. Sur BFMTV et dans une interview au Journal du Dimanche, il a détaillé son programme, évoqué les premières mesures qu'il prendrait s'il est élu ; Emmanuel Macron veut, comme François Fillon gouverner par ordonnances pour accélérer un certain nombre de réformes de simplification  bureaucratique. Le candidat promet la mise en place rapide d'une "task force sur le terrorisme" dont il doit préciser le contenu dans la journée du lundi 10 avril, des états généraux de l'alimentation, assises de l'Outre-Mer, conférence des territoires... le projet de loi de moralisation de la vie politique sera étudié avant les législatives. Il  va s'afficher avec François Bayrou à Pau dans la semaine.

Marine Le Pen et  le Vel d'Hiv

 Hier Marine Le Pen s'est aventurée sur le terrain,  ô combien glissant pour le FN,  de la deuxième guerre mondiale qui a valu tant de condamnations pour contestation de crimes contre l'humanité à son père dont elle veut pourtant se démarquer. Invitée du grand jury RTL-Le Figaro-LCI, la candidate du FN a déclaré que la France n'est pas responsable de la rafle du Vel d'Hiv (au cours de laquelle 13.000 juifs d'origine étrangère avaient été arrêtés à Paris avant d'être envoyés en camp d'extermination). S'agissait-il d'un dérapage volontaire ou incontrôlé, d'un signal adressé aux électeurs vichystes ou "jean-maristes",  qui votent  généralement  FN,  mais qui jugent la candidate trop à "gauche"?  En tous cas  dans la soirée elle a publié un  communiqué pour tenter de clarifier son propos et tenter d'étouffer la polémique. La présidente du Front National invoque "l'inexistence juridique du régime de Vichy" et s'abrite, derrière de Gaulle, Guaino et Chevènement pour expliquer que "que la France et la République étaient à Londres pendant l'occupation... que le régime de Vichy n'était pas la France"... mais que cela "n'exonère en rien la responsabilité effective et personnelle des Français qui ont participé à l'ignoble rafle du Vel d'Hiv et à toutes les atrocités commises pendant cette période". Autrement dit elle récuse la reconnaissance de la responsabilité de la France actée par Jacques Chirac  en 1995. Fermez le ban?

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