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Des participants au "Convoi de la Liberté" brandissent le drapeau tricolore et portent des gilets jaunes alors qu'ils se tiennent sur le bord de la route devant le mémorial canadien de Vimy, dans le nord de la France, le 13 février 2022.
Des participants au "Convoi de la Liberté" brandissent le drapeau tricolore et portent des gilets jaunes alors qu'ils se tiennent sur le bord de la route devant le mémorial canadien de Vimy, dans le nord de la France, le 13 février 2022.
©THOMAS LO PRESTI / AFP

Les entrepreneurs parlent aux Français

St Valentin des entrepreneurs : un petit convoi de la liberté pour la route ?

J’ai du mal à ne pas éprouver de la sympathie pour ces valeureux convois de la liberté, qui viralisent leur activité, démontrant la puissance d’un mimétisme à échelle mondiale, dopée par une économie digitale qui fait de notre planète une gigantesque chambre d’écho. Pour le meilleur et le pire.

Denis Jacquet

Denis Jacquet

Denis Jacquet est fondateur du Day One Movement. Il a publié Covid: le début de la peur, la fin d'une démocratie aux éditions Eyrolles.  

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J’avais eu plus de mal avec les Gilets Jaunes, dont je ne comprenais pas la logique, simplement parce que, justement, il n’y en avait pas, et parce que la plupart du temps la TV nous montraient les pires. Jusqu’à ce que je rencontre de « vrais » Gilets Jaunes, les désespérés de notre civilisation occidentale, ceux pour qui l’avenir se conjugue au passé et se sentent emprisonnés dans un présent sinistre. 

J’ai eu du mal aussi avec les manifestations anti-vax, du fait de la nuisance d’une partie des forces politiques nauséabondes qui agitaient une partie d’entre eux. Mais je compatissais avec les « sincères », ceux qui avaient compris que l’on nous volait notre liberté pour rien, ceux qui comme moi avaient compris avant tout le monde, que la réaction Française était hystérique et erratique, l’Absurdistan poussé à son paroxysme, ceux qui avaient compris la folie d’une politique du tout vaccin, quand tant de stratégies complémentaires ou différentes montraient leur succès dans tant de pays. Ceux qui avaient compris combien les Macron, Trudeau, Draghi de la terre, avaient compris qu’en jouant de la peur on pouvait sonner le retour de l’État, assurer une réélection et sacrifier sans honte, sa République, la liberté et l’égalité, qui en sont pourtant 2 des fondements essentiels. Créant une sous-catégorie de sous-citoyens, les non vaccinés, les « lépreux » de la société, une frange d’exclus que ces politiques pourtant jeunes nous ont construit ces 2 dernières années (France, Australie, Canada, Nouvelle Zélande, principalement de jeunes dirigeant(e)s). 

Du coup, j’ai toujours été fermement opposé aux pass, quels qu’ils soient, sanitaires ou vaccinaux, car ils marquaient à quel point la politique avait fait le choix de préférer l’hypocrisie au courage, sans bénéfices particuliers, puisque cela n’a empêché ni la contamination, ni les décès, et qu’un nombre très faible de pays dans le monde y a eu recours, sans avoir de meilleures « performances » que ceux qui n’y ont pas souscrit. Ce pass auquel Véran, dans divers interviews passées, déclarait être « farouchement opposé », que YouTube a eu la gentillesse de faire remonter à la surface du net. Exposant brutalement le niveau du mensonge politique.

Du coup, en ce dimanche un peu pluvieux à Miami (rare), dans cette ville qui a interdit le pass sanitaire dans sa constitution, un peu emporté par le spleen baudelairien, face à cette pluie « qui d’une prison imite les barreaux » disait-il, je me pris à rêver d’une déclaration d’amour des Entrepreneurs à la Liberté, et de la mise en place d’un « Convoi de la liberté Entrepreneuriale » qui elle aussi a été foulée au pied par le gouvernement français et quelques autres.

Petit rappel.

La première chose qu’un entrepreneur, homme ou femme, recherche, ce n’est pas la richesse, la gloire ou le pouvoir. C’est la liberté. Ce qui obsède tous ceux comme moi qui ont entrepris très tôt, c’est d’échapper au pouvoir des autres et de donner, seul, un sens à sa vie, quel que soit le prix à payer, et ce, malgré la liste des erreurs commises que nous aurions pu éviter en se faisant guider par d’autres. La liberté s’accompagne d’une courbe d’expérience accélérée et souvent douloureuse. Mais vous êtes votre propre esclave et non celui des autres. C’est cette sensation illimitée de liberté qui donne son goût si particuliers à l’entrepreneuriat.

Quand un gouvernement, quel qu’il soit, et quel que soit le prétexte, décide si vous pouvez ou non travailler, quand et dans quelles conditions, il vous prive ainsi, en un instant, de tout ce que ces années de souffrances et de bonheur ont construit autour de vous. Un havre que l’on pensait inaccessible à l’hystérie politique. Bien entendu, nous la subissons chaque jour, puisque nous sommes soumis au délire inflationniste des normes décidées par des hommes pressés d’inscrire leur nom sur un texte de loi. Mais jamais au point de sonner la fin de la partie. Portes closes. Salariés arrêtés. Bâillonnés. Du jamais vu dans l’histoire « normale » de l’occident, sauf en période de guerre. Nous devons donc nous battre pour que cela n’arrive plus jamais.

La seconde remarque, c’est la douloureuse réalisation finale, de la considération que le politique français a pour l’entreprise. En faisant un tri arbitraire entre les « essentiels et les non essentiels », le politique français et son partenaire de crime, le technocrate, a définitivement avoué toute la morgue et l’arrogance qui le caractérise. Le mépris pour l’entreprise. Le simple choix du mot « essentiel » est une insulte à l’entrepreneuriat, par celui qui se prétend président de la « start-up nation ». Il n’existe pas d’entreprise non essentielle. Chacune est l’aboutissement d’une vie principalement faite de souffrance et de privations. Car la majorité de nos PME, TPE, de nos artisans, de nos commerçants, sont des « petits », des modestes, des gens qui en moyenne (calculé en 2019), gagnent moins que le salaire moyen des salariés français et avec une sécurité et des amortisseurs bien moins importants. Nus face à l’avenir. C’est réussir ou mourir. Ou vivoter, pour la plupart.

La seconde leçon, c’est que le politique au moment de choisir qui est essentiel, n’a de yeux que pour le fort, le gros, le solide et aucun respect, ni précaution, pour le petit et le faible. Il a stoppé tous les petits et laissé opérer les gros. Tous ceux qui étaient en danger de mort ont été envoyé à la tombe (lentement grâce aux aides) sans aucun état d’âme. Les gros eux, les forts, ont été préservés. Il était plus sain et moins dangereux pour la santé selon les membres de la « Castexerie » d’aller chez Carrefour avec quelques milliers de clients, que d’être à 2 dans un petit magasin. Une honte à jamais. C’est pour cela que nous devons nous battre pour que cela n’arrive plus jamais.

Et pour faire bref, car je pourrais faire une liste à la Prévert, alors que je partais sur un spleen à la Baudelaire, c’est que le gouvernement aura également décidé d’écraser nos contestations, en nous « menaçant de mort ». Ce qui pourtant est pénalement répréhensible ! Nombre de négociations à Matignon pendant le Covid, se sont faites le couteau sous la gorge. « Vous faites taire vos contestataires ou nous vous coupons les vivres ! ». Toutes les fédérations énervées qui ont défilé à Matignon ont eu le droit au même discours menaçant. « Vous voulez des prêts, des URSSAF compréhensives, moins de contrôles ? Alors « fermez là » et faites taire vos troupes. Et tous sont repartis la tête basse, afin d’éviter l’épée de Damoclès que le Gouvernement a fait pendre sur leur tête. Nous devons accepter de mourir en silence pour mourir plus lentement. Mourir, mais avec des injections de morphine. C’est pour cela que nous devons nous battre, pour que cela n’arrive plus jamais.

La liberté a quitté nos territoires, l’intelligence a quitté ces cerveaux pourtant réputés forts en neurones, remplacée par l’opportunisme politique et l’obsession de la récupération du pouvoir, le service au citoyen a été anéanti au profit du contrôle de leur vie et nous n’avons gagné ni en sécurité, ni en santé. 

Un convoi de la Liberté des Entrepreneurs devrait prendre la forme d’une grève générale de l’entrepreneur, qui rappellerait ainsi au politique qu’il est, que nous sommes, qu’ils sont, tous, essentiels. Nul besoin, ni de camions, ni de camping-car. Fermons nos portes, de notre propre décision, et voyons qui est le plus essentiel dans ce pays. Le politique qui lit ses fiches pour parler d’entreprise à la télé comme ce député LREM, qui débattait face à moi sur France 24 vendredi dernier (président de la commission des finances ! terrifiant) ou l’entrepreneur dont la vie est une fiche qui explique la création de valeur. Aux entreprises citoyens, formez vos bataillons, et que leur sang infâme abreuve nos sillons !  



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