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Ségolène Royal : 
la stratégie de la dernière chance
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Adroite

Ségolène Royal : la stratégie de la dernière chance

Ségolène Royal qui tend la main à la « droite gaulliste ». Une manière de jouer son va-tout en occupant un espace encore relativement inoccupé sur l'échiquier du PS.

Quelle mouche a donc piqué Ségolène Royal ? Pourquoi parler de rassembler « les centristes humanistes, mais aussi la droite gaulliste » en pleine primaire socialiste ? S’agit-il d’un suicide politique, d’un énième coup médiatique destiné à faire parler d’elle ou, plus vraisemblablement, d’une ultime tentative pour inverser la tendance ? Dans ce cas, qu’est-ce qui pousse Ségolène Royal à se positionner à la droite de la gauche ?

La première raison est tout simplement à rechercher dans ses déclarations. En effet, comme la candidate le souligne elle-même, « elle est la seule capable de faire cette alliance entre des valeurs traditionnelles (…), les valeurs de sécurité et les valeurs républicaines ». Et au fond, ce n’est pas totalement faux. Fille de militaire, élue d’une circonscription rurale ancrée à droite, Ségolène Royal avait particulièrement marqué l’opinion lors de sa croisade contre le bizutage et les « dessins animés » violents à l’époque où elle occupait les fonctions de ministre de l’enseignement scolaire et de la famille.

En plus de lui correspondre, ce créneau est également le moins bien défendu du PS. À la gauche de la gauche, il y a Martine Aubry, la mairie de Lille et les 35h. Au centre, on trouve François Hollande, les barons locaux et le réformisme radical-socialiste. En revanche, à droite, surnage tant bien que mal le « jeune » Manuel Valls qui éprouve toutes les peines du monde à exister auprès du grand public. Si l’on était mauvaise langue, on dirait : « Qui connaît Monsieur Valls ? ». Pas mal de monde, sans doute. Mais pas assez pour contrebalancer la notoriété de Ségolène Royal. Du coup, s’il reste une place à prendre sur l’échiquier du PS, elle se situe là et pas ailleurs.

Enfin, Ségolène Royal fait un double pari. Le premier concerne la sociologie des militants socialistes. Dans la mesure où l’on constate une réelle « droitisation » de l’opinion française notamment sur les questions de sécurité et d’éducation, il n’est pas exclu que ce « mal » ait gagné, du moins à la marge, quelques esprits du PS. Et puis, par définition, dans une primaire ouverte, tout devient possible (sans mauvais jeu de mot), pour la bonne et simple raison que ce ne sont plus les militants « purs et durs » qui font l’élection, mais l’ensemble des sympathisants, voire bien au-delà. Au regard des sondages, Ségolène Royal n’a rien à perdre et tout à gagner, à s’adresser aussi à ceux-là. On sait, depuis François Mitterrand, qu’on prend le parti par la gauche. Peut-être que Ségolène Royal démontrera qu’on prend l’investiture par la droite.  

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