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L'attaquant brésilien Neymar et le milieu de terrain italien Marco Verratti après le troisième but de Karim Benzema au stade Santiago Bernabeu à Madrid, le 9 mars 2022.
L'attaquant brésilien Neymar et le milieu de terrain italien Marco Verratti après le troisième but de Karim Benzema au stade Santiago Bernabeu à Madrid, le 9 mars 2022.
©JAVIER SORIANO / AFP

Fin du rêve parisien

Real/PSG : 3/1 Un échec sans glands

Après avoir dominé les débats pendant plus d'une heure et malgré un grand Mbappé, le PSG s'est sabordé après une énorme bourde de son gardien Gianluigi Donnarumma. Sur un air de déjà-vu, la Ligue des Champions est déjà terminée pour le Paris Saint Germain.

Olivier Rodriguez

Olivier Rodriguez

Olivier Rodriguez est entraîneur de tennis et préparateur physique. Il a coaché des sportifs de haut niveau en tennis. 
 
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En temps de paix, il est évident qu'un tel match aurait tenu le haut du pavé de l'actualité... Seulement voilà, il y a des périodes comme ça, où le malheur ne fait pas de cadeau... Où le temps charrie son lot de cadavres et où les charognes passent tranquillement sous les ponts... Et pendant que la guerre fait couler autant de sang que d'encre, nous voilà coincés. Oui, coincés. Entre un occident qui veut imposer sa démocratie et les délires expansionnistes d'une tête d'haineux, le civil moyen est comme le football : même s'il n'a rien demandé, il est pris en otage. Libre à lui de choisir son camp. Encore que... Chez les marchands fripiers de l'Histoire, comme tous les vêtements sont réversibles, on peut toujours changer d'avis en cours de route... Ça laisse toujours un peu de marge. Au cas. Quoi qu'il en soit, c'est dans ces pénibles circonstances que le PSG se déplaçait à Madrid pour valider sa qualification pour les quarts de finale. 
Une qualification malheureusement reportée à une date ultérieure... Car après la finale de 2020 et la demi-finale de 2021, l'aventure européenne du Paris Saint Germain s'est achevée brutalement hier soir, au bout d'un scénario d'une grande cruauté. Un scénario comme seuls le football et le PSG savent en offrir. 
Pourtant... Pourtant... Tout avait si bien commencé. Tout allait si bien jusqu'à l'heure de jeu... À ce moment-là, le PSG menait un à zéro grâce à un but de Kylian Mbappé (39è)... À ce moment-là l'avenir était radieux et le plan de jeu fonctionnait sans accroc. Les parisiens proposaient un bloc bas, compact, dans le but d'aspirer l'adversaire pour mieux le piquer avec des contres fulgurants. Ils appliquaient consciencieusement une tactique de francs-tireurs qui leur conférait paradoxalement la maîtrise des opérations. Le plan semblait judicieux puisqu'il a parfaitement fonctionné jusqu'à la 61ème minute.
Seulement... ça va si vite une erreur... Tellement vite... Et puis à quoi ça tient ? À une petite faute technique ? Une mauvaise idée ? Oui, c'est ça, une mauvaise idée. Le problème avec les mauvaises idées, c'est qu'au début, on croit toujours qu'elles sont bonnes... Tout cela pour vous dire que tout a basculé quand Donnarumma a tergiversé devant un Karim Benzema qui n'en demandait pas tant. La suite, on a beau l'avoir vue cent fois, elle nous surprend toujours : sitôt l'erreur commise, ce n'est pas que tout change, c'est que tout s'inverse : le public jusqu'alors muet se déchaîne... et pendant qu'une équipe perd son football, l'autre le retrouve... Ensuite c'est l'enchaînement des fatalités (quasiment toutes les plaies de l'Egypte en l'occurrence), la confiance qui fout le camp, les erreurs qui s'accumulent... jusqu'à la défaite. Inéluctable. La défaite, parlons-en. Elle mange toujours salement celle-là... qu'elle grignote ou qu'elle bâfre d'ailleurs. Et s'il y en a un qui s'est goinfré avec elle, c'est bien Karim Benzema. Car croyez bien que renverser un match comme il l'a fait n'est pas à la portée du premier venu. Surtout pour une rencontre d'une telle importance. Hier soir, Benzema, ne s'est pas contenté de régner sur le match, il a aussi prouvé, une fois encore, que cela fait des lustres qu'il est la lumière de son équipe. Résumer sa prestation en quelques mots n'est pas bien difficile : Trois buts en seize minutes... Trois frappes du pied droit... Une pour égaliser, une pour mener au score (76è) et une pour achever (78è) des parisiens qui avaient dans les dernières minutes ce drôle de regard qu'ont les bêtes captivent... lors des premières heures qui suivent leur domesticité. Parlons-en des parisiens. Dépassés. Tétanisés. Pris tels des lapins dans les phares. Si on voulait qualifier leur prestation après le premier but encaissé, on pourrait citer Louis de Funès dans la Grande Vadrouille : " C'était pas mauvais, c'était très mauvais !!!". Le pire, et contre toute attente, c'est que c'est sur leurs supposés points forts qu'ils se sont montrés les plus faibles. Jugez un peu. 
Donnarumma soi-disant en pleine confiance et meilleur que Navas ? Une erreur terrible qui change le match... 
Le mousquetaire Marquinhos, le plus régulier et le plus fiable de tous ? Une relance qui coûte trop cher puis une descente aux enfers... 
Verratti le technicien ? Un pleureur à gage mangé par Modric...
Neymar et Messi, les génies associés ? Deux souverains poussifs, deux rois du pétrole en manque de carburant... 
Je vous épargne d'autres détails car il est des plaies que l'on préfère ne pas raviver. Et tout cela, oui, tout cela, malgré un grand Mbappé... Un Mbappé généreux, emballant, extrêmement remuant, perpétuellement dangereux et parti une énième fois sans crier gare tromper le gardien adverse (pourquoi crier "gare" d'ailleurs ?). Et dire que c'était peut-être son dernier match sous les couleurs parisiennes... 
Alors, que penser d'une équipe qui a mené, de deux buts, à trente minutes de la fin avant de sombrer complètement ? Que dire d'une équipe qui se coupe toujours en deux lorsqu'elle est sur le fil du rasoir ? D'un empilement de stars qui, comme certaines femmes, donne plus à fantasmer qu'à jouir ? D'un club qui ajoute plus de traumatismes que de trophées à son palmarès sur la scène européenne ? D'une institution qui semble toujours moins puissante que ses joueurs ? Et bien... Tout ce que vous jugerez bon. Moi, après un naufrage pareil, j'ai pas le cœur... 
Ce qui est certain, c'est que ce gadin est à classer parmi les désastres en série. L'affaire ne rajeunira personne puisque tout a commencé à Chelsea, en 2014... Elle a continué à Barcelone (la remontada de 2017), avant de se poursuivre à Manchester aussi (2019)... Désormais, à cette liste déjà amplement suffisante, il faudra ajouter le naufrage madrilène. On pourrait parler d'une malédiction... de la scoumoune... de la loi des séries... Mais on pourrait également expliquer que dans les moments les plus importants, l'erreur individuelle est la seule statistique constante dans l'équipe. On pourrait aussi insister sur le fait que ce club semble avoir une prescience de l'échec... Comme s'il n'en retenait jamais les leçons... Comme si les joueurs, dans les moments critiques, avaient davantage à l'esprit ce qu'ils peuvent perdre que ce qu'ils peuvent gagner... Au bout du compte, il y a quelque chose de terrible à constater que cette équipe s'accable à poursuivre un objectif qui excèdent ses outrances. Le supplice est digne de Tantale puisqu'à mesure que le club semble avancer vers son objectif, et sans jamais se soustraire à son regard, celui-ci ne cesse de reculer.
Et maintenant ? Puisque le championnat est joué et que la fin de saison ressemblera à coup sûr à un banquet sans noces, les dirigeants du club ne vont pas pouvoir s'épargner les sujets qui fâchent... Des sujets désormais extrêmement nombreux sur l'écran noir de leurs nuits blanches : le retour du même cauchemar (Un jour sans fin), l'addition vaine de vedettes (La guerre des étoiles), la gouvernance du club (Y-a-t-il un pilote dans l'avion ?), la concurrence des gardiens (Duel au soleil) ou encore le départ probable d'Mbappé (La grande évasion). Oui, ça fait beaucoup de références cinématographiques, je vous l'accorde. Mais quand le réel est douloureux, quand il s'agit de s'endormir dans les bras de morflée, continuer à se faire des films... des fois... c'est tout ce qui reste.

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