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Quand Paris tremble : la France malade du retour de la peur des "classes dangereuses"
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Quand Paris tremble : la France malade du retour de la peur des "classes dangereuses"

Une abstention endémique et un vote FN en progression, les élections régionales sont le révélateur d'un écart de plus en plus accentué entre le peuple et ses élites. Le Front républicain en est un nouvel exemple. Une situation de moins en moins tenable qui connaît son apogée dans la Vème République.

Bruno Cautrès

Bruno Cautrès

Bruno Cautrès est chercheur CNRS et a rejoint le CEVIPOF en janvier 2006. Ses recherches portent sur l’analyse des comportements et des attitudes politiques. Au cours des années récentes, il a participé à différentes recherches françaises ou européennes portant sur la participation politique, le vote et les élections. Il a développé d’autres directions de recherche mettant en évidence les clivages sociaux et politiques liés à l’Europe et à l’intégration européenne dans les électorats et les opinions publiques. Il est notamment l'auteur de Les européens aiment-ils (toujours) l'Europe ? (éditions de La Documentation Française, 2014) et Histoire d’une révolution électorale (2015-2018) avec Anne Muxel (Classiques Garnier, 2019).

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Christophe Bouillaud

Christophe Bouillaud

Christophe Bouillaud est professeur de sciences politiques à l’Institut d’études politiques de Grenoble depuis 1999. Il est spécialiste à la fois de la vie politique italienne, et de la vie politique européenne, en particulier sous l’angle des partis.

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La rhétorique de la "pédagogie", très en vogue au PS, qui consiste à dire que si les Français n'appuient pas l'action du gouvernement c'est parce qu'ils ne la comprennent pas ne montre-t-elle pas dans un sens le mépris qu'ont nos élites politiques pour le peuple? Jusqu'à quel point? Et en quoi cela peut-il être contreproductif comme discours ?

Bruno Cautrès : Tout d’abord, il faut bien reconnaître que tout gouvernement, quelle que soit sa couleur politique, a une tendance naturelle à expliquer que si les électeurs ne soutiennent pas ses politiques ou son action c’est une question de pédagogie : il faut parler, expliquer, communiquer et in fine cela finira bien pour convaincre….On ne compte plus les tribunes dans la presse, les émissions de télévision, les livres de nos hommes politiques qui entendent ainsi réduire la distance avec les électeurs et faire œuvre de pédagogie. On pourrait évoquer différentes tentatives célèbres : les graphiques ou schémas explicatifs présentés à la télé par VGE ou par Michel Rocard, les causeries radiophoniques de Pierre Mendès France par exemple. Nous avons donc un paradoxe de la communication politique qui se veut pédagogique : à la fois indispensable, voire fondamentale (car sinon on accuserait le pouvoir de décider sans expliquer et sans rendre compte) et dans le même temps un peu illusoire (car beaucoup d’électeurs ne prêtent pas attention), voire potentiellement creusant le sentiment d’écart avec les préoccupations des électeurs. Ces exercices de pédagogie ne sont pas toujours contre-productifs, ils sont plutôt ambivalents dans leurs effets. Par ailleurs, les élus ont souvent le sentiment, légitime, qu’ils ont reçu un mandat pour mettre en œuvre leur programme. Le vrai problème est plutôt donc lorsqu’ils opèrent un virage vis-à-vis de leurs promesses : dans ces cas de figure, l’exercice de pédagogie est non seulement périlleux ou impossible à tenir, mais encore il est assez contre-productif : on a alors tendance à ne retenir que le virage à 180 degrés et non ses motivations.

Christophe Bouillaud :Il n’y a pas que les dirigeants du PS qui utilisent cette thématique de la « pédagogie » en cas de défaite électorale. Tout parti sûr de son fait et de son idéologie est amené en cas de défaite électorale à mettre en cause dans un premier temps au moins, non pas sa ligne politique, mais la manière dont elle a été présentée aux électeurs. Ce n’est donc pas nécessairement du mépris pour les électeurs, c’est d’abord une façon de se rassurer sur la qualité de sa propre vision. Or il se peut tout simplement que les électeurs aient très bien compris le message, mais que ce dernier ne leur convienne pas. On peut expliquer tant qu’on veut la stratégie de montée en gamme de l’économie française, si cela signifie en pratique que certains métiers vont disparaitre et que certaines régions s’appauvrir en conséquence, je doute fort que les futurs disparus goûtent beaucoup l’explication. Personne n’aime qu’on lui explique qu’il est aussi inutile qu’une lampe à pétrole au temps de l’électricité. C’est à mon sens l’une des forces du discours nationaliste qui dit clairement que tout le monde est utile à la Nation du simple fait d’être Français – seuls les étrangers sont inutiles… Il se peut aussi que la mise en œuvre d’une mesure ait été très défaillante et que les politiciens qui l’ont pensé ne s’en rendent pas compte. Par exemple, Lionel Jospin avait cru avoir mis en place de manière correcte les 35 heures pour les ouvriers et les employés du privé dans les grandes entreprises, or, en permettant l’annualisation du temps de travail à cette occasion, il faisait perdre à de nombreuses personnes le bénéfice d’heures supplémentaires – ce qui bien sûr n’a pas manqué d’énerver cette vaste part de l’électorat face à une perte de revenu. Il arrive donc souvent que les dirigeants politiques croient sincèrement avoir pris des bonnes mesures pour leur électorat ou la population en général, mais qu’en pratique, ces mesures n’ont pas été mises en œuvre d’une manière satisfaisante ou qu’elles ont eu des effets contre-intuitifs que les politiques n’avaient pas du tout anticipés. Plus ils feront de la « pédagogie », plus les électeurs seront énervés par une telle incapacité à comprendre leurs problèmes bien concrets.

Sur un plan très général, les partis de gouvernement disent en Europe depuis les années 1980 vouloir améliorer les choses à travers des politiques néo-libérales de flexibilisation du marché du travail et d’encouragement à l’innovation de la part des entreprises sans se rendre compte que ces politiques déstabilisent complètement énormément de gens. Au lieu d’offrir de la protection et de la réassurance face aux aléas du marché mondial, ils inquiètent la population, et, surtout, ils le font depuis une position de sécurité pour leur avenir personnel qui ne peut que rendre leur discours largement hypocrite. Des gens qui visent à faire toute une vie de carrière politique qui expliquent aux autres qu’il faut changer plusieurs fois de métier dans sa vie active, cela ne peut qu’être plutôt mal perçu. 

Les élites continuent à ne pas écouter les Français tout en faisant mine de le faire. On a pu l'observer avec la signature le 13 décembre 2007 du Traité de Lisbonne après le "Non" au référendum de 2005 ou encore plus récemment avec la constitution de Fronts républicains au "mépris" d'une certaine façon de leurs électeurs. Peut-on parler d'une forme de double jeu ? Pensent-ils que les Français sont incompétents dans l'exercice de leur citoyenneté au point qu'il faille les contrôler pour ne pas qu'ils fassent de bêtises? Les Français sont-ils dupes?

Christophe Bouillaud : Sur le plan des affaires européennes, il ne fait guère de doute que les majorités des deux grands partis, le PS et les Républicains, ont jusqu’ici suivi une politique favorable à l’intégration européenne quoique puissent en penser par ailleurs leurs électeurs ou même leurs propres militants. Pour être un parti de gouvernement en Europe, il faut être pour l’intégration européenne, c’est une question de géopolitique qui, effectivement, ne doit pas être mise sur la place publique autant que possible.

Du point de vue de la justification philosophique, cela correspond à la vieille idée de la représentation selon l’Abbé Sieyès. Les élus de la Nation sont les avocats de la cause nationale, et donc ils ont le droit et le devoir de penser la politique de la nation bien au-delà de ce qui est appréhendable par le simple citoyen. Cette théorie a été élaborée dans la France de la fin du XVIIIème siècle, à un moment où évidemment la population était beaucoup moins éduquée qu’aujourd’hui. Elle reste présente dans l’esprit de beaucoup de gouvernants. Ils sont une élite, souvent formée à l’ENA comme on peut le voir sous le quinquennat de F. Hollande, en charge de faire les meilleurs choix possibles au nom des électeurs. L’intégration européenne n’est pas comprise par ces derniers. Qu’à cela ne tienne, elle est bonne pour la France et ses habitants, il faut donc avancer coûte que coûte.

Sur un plan plus pratique, ces choix correspondent aussi à des alliances internationales entre élites des différents Etats européens qui sont d’accord pour partager la souveraineté, et aussi à la douce pression des alliés américains et des grands acteurs économiques qui profitent le plus de l’intégration européenne. Ces éléments de pression existent donc, mais ils sont sans doute moins importants que la conviction de nos élites politiques, administratives et économiques que l’intégration européenne constitue une bonne chose pour la France et les Français.

De ce point de vue, on se trouve parfois proche du double jeu, en particulier lorsque les mêmes politiciens attribuent à Bruxelles tous les maux, tout en cherchant par ailleurs à avancer dans l’intégration européenne. 

Cependant, il faut bien noter que la plupart des Français sont de moins en moins dupes de ce genre d’attitude. Ils ne font guère confiance aux partis politiques, et ils ne pensent pas que les politiciens se préoccupent des gens comme eux.

Bruno Cautrès : La question que vous soulevez est essentielle mais je ne suis pas sûr que l’on puisse dire que les élus ne respectent pas « le peuple ». « Le peuple » est lui-même un concept ambigu, chargé de plein de significations différentes et débattues en philosophie ou sociologie politique. On peut en revanche clairement dire qu’au cours des dernières décennies le sentiment qu’ont les citoyens que les hommes politiques ne les respectent ou écoutent pas a fortement grandi. Ce sentiment atteint des niveaux tout à fait exceptionnels même : de l’ordre de 80% des français interrogés par l’enquête Baromètre de la confiance politique du CEVIPOF déclarent être d’accord avec l’idée selon laquelle « les hommes politiques ne se préoccupent pas » des gens comme eux. Et il est vrai qu’une partie de ceux qui avaient voté « Non » lors du référendum du 29 mai 2005 (en France) sur le Traité constitutionnel européen ont eu le sentiment, avec la ratification parlementaire du Traité de Lisbonne, que l’on s’était « assis sur » leur vote de 2005. Il est vrai que lorsque l’on analyse le texte de ce Traité, on peut avoir le sentiment d’un retour de la Constitution européenne opéré en catimini. Les citoyens ne sont pas aveugles ou sourds à ces arrangements, comme dans le cas des promesses non-tenues. La hiérarchie de leurs problèmes et priorités fait que parfois ils passent à autre chose ; mais dans leur mémoire politique les promesses non-tenues laissent souvent des traces. On pourrait se poser le même type de questions à propos des seconds votes organisés en matière européenne au Danemark sur le Traité de Maastricht ou en Irlande à propos des Traités de Nice et de Lisbonne. Le sentiment que l’on fera « revoter jusqu’à obtention du oui » a pu être donné même si les danois ou les irlandais ont obtenu des exceptions ou aménagements des traités à l’issue des seconds vote. 

Qu'est-ce qui dans l'histoire de France a pu marquer nos représentants au point qu'ils aient aussi peur du peuple pour vouloir le limiter dans son action ?

Bruno Cautrès : La tension entre la démocratie « pour le peule » et la démocratie « par le peuple » a jours été là depuis les débuts du régime politique démocratique ; ces deux perspectives sont encore  là aujourd’hui et sont particulièrement en tension dès lors que l’on évoque le « déficit démocratique », notamment européen. Il faudrait le temps de l’analyse universitaire et de l’analyse historique pour répondre en détail à la question importante que vous posez. Qu’est-ce qui rend légitime et démocratique un système ? : ses actions ou le soutien que lui accorde « le peuple » ? et comment mesurer ces attentes : par le résultat des élections, par des consultations plus participatives, par des enquêtes d’opinion ? Si l’on se concentre sur une courte période, et sur exemple symbolique, on voit par exemple que le référendum de 2005 a marqué nos dirigeants : malgré l’évidente demande des citoyens que de grands problèmes soient tranchés par référendums (une donnée que nous avons constatée lors de la vague 6 du Baromètre de la confiance politique du CEVIPOF, en janvier dernier), il serait étonnant qu’un référendum soit organisé en France sur les questions européennes d’ici quelques années.

Christophe Bouillaud : Rien de particulier à vrai dire. C’est plutôt toute l’histoire difficile de l’acceptation du suffrage universel qu’il faudrait refaire ici. Les élites au début du XIXème siècle avaient peur de la révolution sociale que pourrait produire le suffrage universel. A leur grande surprise, 1848 n’a pas créé le communisme en France. Bien au contraire, on a abouti au régime ultra-bourgeois de Napoléon III. Ensuite, même si le peuple n’a jamais voté pour des partis si extrémistes que cela, il y a toujours eu une grande peur de la part des élites à l’encontre du peuple. A la fin du XIXème, Gustave Le Bon rassure les élites face aux masses en leur expliquant comment on peut les manipuler sans trop de difficultés. Dans les années 1920-1950, la peur du « rouge » domine les élites. Cette peur d’une masse ignorante et partageuse reste toujours d’actualité. Les élites économiques et politiques considèrent visiblement le FN comme le nouveau péril venu du peuple. Du coup, comme contre les « rouges » jadis, tout est permis contre les « bruns ». 

En quoi peut-on parler d'une déconnexion, peut-être de plus en plus flagrante, entre les élites politiques et le peuple qui se comprennent de moins en moins ?

Bruno Cautrès : Plusieurs perspectives d’analyse peuvent être sollicitées pour répondre à votre question. Les enquêtes qui mesurent la confiance politique attestent de manière très forte, et pas seulement en France, que cette déconnexion est impressionnante. La demande de transparence, de rendre des comptes existe chez les citoyens vis-à-vis des élus. La critique de la politique, l’expression de la défiance politique sont courantes, fortes. De leurs côtés, les élus ont souvent conscience de ce problème et de son ampleur. Mais les logiques de la conquête du pouvoir et du combat politique vont souvent l’emporter chez eux : ils vont avoir tendance à ne pas reconnaître leurs limites ou erreurs, à se présenter comme cohérents et compétents face aux situations. L’écart sociologique entre les élus et de nombreuses couches de la population est également important et peut accroître le sentiment de déconnexion. Il est également frappant de constater que la défiance atteint aussi les médias alors que les logiques du « fact checking » commencent à bouleverser les rapports entre citoyens-médias-politique.

Christophe Bouillaud : Du point de vue historique, il me semble qu’il s’agit d’une illusion de croire qu’il y a nécessairement une connexion entre les élites politiques et le peuple. Cela a pu arriver lorsque les partis de masse représentaient vraiment des segments de la population dans les années 1900-1960. Dans l’histoire, il est bien plus fréquent de voir des élites et les populations qu’ils dominent avoir des intérêts très différents. La croissance économique des XIXe et XXe siècles a permis un rapprochement des intérêts : c’est plus facile de s’entendre entre dominants et dominés quand la somme de richesses à se partager augmente. A mon avis, aujourd’hui, du point de vue historique, nous revenons à la situation ordinaire : les élites prennent ce qu’il y a à prendre, et ne laissent que le minimum aux autres. Ce n’est donc pas tant une question de se comprendre que d’intérêts qui ne peuvent plus coïncider. 

En quoi dans les deux sens, électeurs/élus, peut-on dire qu'il y a une limitation de la démocratie en France? Quels exemples pouvez-vous donnez de ce sentiment grandissant d'une démocratie limitée ?

Christophe Bouillaud : Tout d’abord, il faut bien souligner qu’en France, à travers les institutions et les modes de scrutin, tout est fait pour qu’un parti soit en mesure de gouverner, que ce soit une commune, un département, une région, ou le pays. La représentation de la pluralité des opinions est une option en quelque sorte, l’important dans l’élection est qu’elle désigne un chef. L’évolution du mode de scrutin des régionales montre bien cette prééminence de la préoccupation de l’élection comme moyen de désigner un chef. Cette préoccupation gaullienne favorise par ailleurs les deux grands partis les mieux organisés à droite et à gauche : l’UMP devenu les Républicains d’une part, et le PS d’autre part. Ensuite, il faut bien comprendre que ces deux partis qui dominent les exécutifs et les législatures du pays depuis des décennies ont toujours bien pris soin de faire des réformes institutionnelles qui font semblant de s’ouvrir à d’autres expressions populaires. Le plus significatif en ce sens est la création du référendum d’initiative populaire par la réforme constitutionnelle de 2008 qui a été faite de telle sorte qu’il est certain que jamais une telle initiative n’aboutira si elle n’est pas voulue par l’un ou l’autre des deux grands partis – et encore, je suis optimiste.

Le choix par ailleurs d’empêcher le plus possible le FN, mais aussi les écologistes pendant longtemps, d’avoir une juste représentation au niveau du Parlement, est aussi un signe de fermeture. La décision de F. Hollande de sacrifier la gauche dans deux régions au second tour pour faire battre les candidates du FN est aussi un évident signe de fermeture. En effet, vu les faibles prérogatives réelles des régions françaises, il était tout à fait possible d’envisager une victoire du FN à ce niveau. Cela n’aurait pas changé grand-chose pour la vie quotidienne dans ces régions, mais cela aurait obligé le FN à découvrir les contraintes de la vie administrative à cette échelle, et cela aurait donné le sentiment à la minorité d’électeurs du FN d’être mieux représentés. Ostraciser une partie des électeurs ne peut que les radicaliser et les exaspérer.  

Bruno Cautrès : A nouveau, cette question est à la fois importante et compliquée. Le fait que les électeurs participent moins ou s’expriment à travers des votes à l’extrémité du spectre politique se combine à des formes de démocratie plus invisible mais qui prennent de l’importance : agir dans l’espace public pour défendre des causes, prendre part à des activités associatives, se soucier des autres, sont quelque unes des nouvelles formes de la participation citoyenne. Je ne crois pas beaucoup aux thèses pessimistes du repli sur soi et sur sa seule sphère privée. Ce que les travaux universitaires ont bien montré, c’est que nous assistons en revanche à une déclin de l’autorité verticale dans nos sociétés modernes : on écoute moins « religieusement » son Eglise, on suit moins « aveuglément » son parti ou son camp politique ; on est davantage dans un rapport de négociations horizontales ou le parti (ou l’Eglise) doit convaincre, où le « fidèle » ou le « militant » ne l’est plus forcément à vie, où les individus bricolent leurs systèmes de valeurs ou de croyances à partir de morceaux empruntés à plusieurs registres. On va parfois goûter à l’associatif, puis s’en retirer avant de revenir vers d’autres causes. Un peu comme si la logique musicale du « sampling » avait pris le dessus. Ainsi, une partie non négligeable des abstentionnistes sont des « intermittents » de l’abstention et participent en dents de scie. Il sera aussi très intéressant de voir lors du second tour des régionales comment ont réagi les électeurs de gauche aux consignes de Front républicain : abstention, vote blanc ou vote Estrosi/Bertrand ? Ont-ils eu le sentiment que le parti s’appropriait leurs voix ? Ou au contraire qu’il était dans son rôle de guider leur choix ? La particularité des électeurs du FN, dans ce contexte, est leur très grande fidélité électorale. D’après l’enquête électorale française 2017 du CEVIPOF, dont la première vague a été réalisée juste avant le premier tour des régionales, 94% de ceux qui avaient voté Marine Le Pen en 2012 s’apprêtaient à voter pour les listes du FN le 6 décembre.

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