Progresser en anglais : ce qui fonctionne vraiment | Atlantico.fr
Atlantico, c'est qui, c'est quoi ?
Newsletter
Décryptages
Pépites
Dossiers
Rendez-vous
Atlantico-Light
Vidéos
Podcasts
Culture
les voyages à l’étranger ou les rencontres avec des anglophones sont un moyen idéal pour acquérir des connaissances linguistiques.
les voyages à l’étranger ou les rencontres avec des anglophones sont un moyen idéal pour acquérir des connaissances linguistiques.
©Reuters

Where is Brian ?

Progresser en anglais : ce qui fonctionne vraiment

Do you speak English ? Une récente étude montre que les cadres français sont peu à l'aise avec la langue de Shakespeare. Voyages, méthodes grammaticales, visionnage intensif de séries en VO : panorama des méthodes les plus efficaces pour progresser rapidement.

Brigitte Lallement

Brigitte Lallement

Brigitte Lallement a été professeur puis inspectrice à l'Education Nationale tout en poursuivant de nombreuses activités dans l'édition : chez Hachette où elle a publié diverses collections de manuels d'anglais pour les lycées et chez First où elle est auteur de nombreux livres de grammaire, de vocabulaire ou de conversation destinés à tous les publics jeunes ou adultes qui souhaitent se perfectionner en anglais.  

Voir la bio »

Atlantico : Selon une enquête de Cadre emploi et de l'organisme de formation 1to1 English, 48,4% des cadres avouent avoir du mal à parler anglais, et 42,8% ne se sentent pas à l'aise pour l'écrire. Quelles sont les méthodes à la disposition des cadres qui fonctionnent vraiment ?

Brigitte LallementQuand des adultes ressentent le besoin de progresser en anglais, il arrive souvent que leur première réaction soit de se munir d’une grammaire et de s’y plonger… au moins pendant les deux premiers chapitres. Rapidement, un découragement survient et ils en restent là. La grammaire est fort utile - mais ce n’est pas par elle qu’il faut commencer. Le secret est sans doute de s’exposer à la langue anglais très souvent, sous des formes très variées et en essayant de trouver un intérêt par le biais du contenu : on ne cherche pas à "faire de l’anglais" mais on lit avec intérêt Time ou Newsweek, ou même un polar adapté pour les jeunes (plus facile à lire). Etes-vous fan de jardinage, de généalogie ou de course à pied ? Aimez-vous la chanson pop anglaise ou américaine ? Vous trouverez des sites consacrés à vos centres d’intérêt. Avec Internet, on peut trouver tout ce que l’on veut en anglais. Visitez les sites de presse indienne, australienne ou sud-africaine ; regardez des séries ou autres programmes télé en VO (avec sous-titres d’abord, puis sans) ; écoutez la BBC, etc. L’essentiel est de s’intéresser au contenu - et l’apprentissage de la langue se fera naturellement. Dans un premier temps, ne vous inquiétez pas si vous ne comprenez que des bribes : peu à peu, vous allez repérer plus de détails, et vous vous ferez plaisir.

Bien entendu, les voyages à l’étranger ou les rencontres avec des anglophones sont un moyen idéal pour acquérir des connaissances linguistiques. Notons d’ailleurs que la notion d’anglophone est prise ici dans son sens le plus large puisqu’elle concerne aussi bien les Britanniques ou les Américains que les Asiatiques ou les personnes d’Europe du Nord.   

Le vocabulaire anglais n’est pas forcément la plus grande des difficultés. On a parlé français à la cour des rois d’Angleterre pendant quatre siècles - et les traces sont nombreuses dans la langue d’aujourd’hui. Utilisez au maximum le repérage de familles de mots, qui ressemblent au français.

Il faut reconnaître une difficulté importante : la prononciation. Les sons de l’anglais ne sont pas les mêmes que ceux du français et cela complique la tâche des francophones qui ont du mal à comprendre à l’oral ce qui leur paraîtrait évident à l’écrit. Un mot mal prononcé risque aussi de ne pas être reconnu par un anglophone. Nous ne saurions trop vous recommander de travailler votre prononciation - car, ce faisant, vous apprenez à reconnaître les sons. Pas question pour autant de se désespérer… les Anglais trouvent souvent beaucoup de charme à l’accent français…

Pour les plus exigeants, il vient un moment où il est utile de se faire aider dans le cadre de "cours" donnés par des natifs. Beaucoup d’associations ou d’organisations diverses en proposent. Il est même possible de prendre des cours par téléphone, ce qui évite les difficultés d’agenda. Quand vous vous sentirez un peu plus à l’aise, ce sera le moment de chercher une grammaire simple pour repositionner et mettre en perspective les connaissances éparses qui vous reviendront du temps où vous étiez au collège ou au lycée. 

Les cadres ont-ils un usage spécifique de l'anglais ? Quelles sont les méthodes les plus efficaces à l'usage des cadres ?

La première nécessité pour quiconque souhaite se remettre à l’anglais est de s’entraîner à ce que les anglophones appellent le small talk, c’est-à-dire une conversation légère et quotidienne, une conversation de prise de contact qui est indispensable quand on rencontre un client ou quand on reçoit un invité dans l’entreprise.

Ensuite, selon les besoins de chacun, il peut être utile de se plonger dans la langue de spécialité. Généralement, ce n’est pas le plus difficile car les mots sont le plus souvent transparents - et les Français ont souvent adopté les mots anglais. Et un dictionnaire papier ou numérique est toujours une ressource indispensable. Les brochures ou la presse spécialisée sont également des sources à ne pas négliger pour vous familiariser avec le lexique de votre spécialité.  

Les Français disent ne pas être à l'aise mais ce sentiment reflète-t-il la réalité de leur niveau ? Sont-ils aussi mauvais qu'ils ne le pensent ?

C’est malheureusement un peu vrai. Les tests internationaux le montrent. Pourquoi ? D’abord, le français a longtemps été une langue largement respectée et utilisée, et les Français s’attendent souvent à ce que tout le monde parle leur langue. De la même façon, les Britanniques ont de mauvais résultats en langues étrangères… puisque, de toute façon, ils savent que tout le monde parle anglais. Ensuite, l’exposition à l’anglais est différente. Si vous allez aux Pays-Bas, vous rencontrerez beaucoup de gens qui parlent un anglais fort convenable. La différence ne tient pas tant aux méthodes d’enseignement (encore moins à une déficience "génétique" des Français !) qu’au fait qu’ils savent que leur langue ne sera pas comprise à l’étranger et que très tôt ils sont confrontés régulièrement à l’anglais, à la télévision ou dans leur vie quotidienne.   

Comment se décomplexer ? 

N’hésitez surtout pas à "baragouiner" ; c’est ainsi qu’on apprend le mieux. En faisant des erreurs que votre interlocuteur vous aidera à corriger, vous progresserez. N’oubliez pas que votre objectif premier est de comprendre et être compris ! Oublier un -s à la troisième personne ne vous empêchera pas de faire passer votre message à des anglophones… qui ne se gênent pas pour faire aussi des fautes de langue sans que cela nuise forcément à la communication ! Ne cherchez pas à être parfait - les étrangers vous seront reconnaissants de chercher à entrer en contact avec eux. Il faut oser !

En raison de débordements, nous avons fait le choix de suspendre les commentaires des articles d'Atlantico.fr.

Mais n'hésitez pas à partager cet article avec vos proches par mail, messagerie, SMS ou sur les réseaux sociaux afin de continuer le débat !