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Pourquoi l'hypothèse des chercheurs qui affirment avoir découvert un yéti ne tient pas debout
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Bigfoot

Pourquoi l'hypothèse des chercheurs qui affirment avoir découvert un yéti ne tient pas debout

La vétérinaire Melba S. Ketchum l'affirme : le Bigfoot serait un cousin de l'espèce humaine qui serait apparu il y a 15000 ans. Une équipe de chercheurs lancés sur les traces du yéti dans le grand Nord américain aurait découvert un échantillon d'ADN de la créature.

Henry  de Lumley

Henry de Lumley

Henry de Lumley est un préhistorien. Sa trajectoire professionnelle de plus de 40 ans est jalonnée par des découvertes importantes et par la construction d'équipements scientifiques destinés à faire mieux connaître la préhistoire.

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Atlantico : La vétérinaire Melba S. Ketchum l'affirme : le Bigfoot serait un cousin de l'espèce humaine qui serait apparu il y a 15000 ans. Une équipe de chercheurs lancés sur les traces du yéti dans le grand Nord américain aurait découvert un échantillon d'ADN de la créature. L'analyse de cet ADN suggérerait qu'il se serait même reproduit avec des femmes humaines donnant ainsi naissance à des individus hybrides. Quel crédit doit-on accorder à cette annonce ?

Des yétis, on n’en a jamais retrouvé. Je suis très sceptique à ce sujet. On a souvent cité des élucubrations de personnes qui cherchent à entretenir le mystère. Dans beaucoup de forêts françaises, on parle depuis toujours d’hommes géants, de grands singes, d’hommes des forêts, etc. Il s’agit souvent d’une sorte d’illusion collective. On a signalé le Yéti dans le Caucase, on l’a signalé dans l’Himalaya, où l’on a trouvé les empreintes de pas très grandes. Mais il se trouve qu’en fondant sur les côtés, l’empreinte de pas s’élargi naturellement dans la neige. C’est un mirage collectif de populations locales.

Cette fois, c’est en Amérique du Nord. Pour affirmer avoir trouvé l’ADN du yéti, il faudrait d’abord avoir trouvé le yéti.

Les chercheurs ont analysé de l'ADN mitochondrial et de l'ADN nucléaire. Ils auraient alors constaté que l'ADN mitochondrial était identique à celui de l'Homo sapiens moderne. En revanche, l'ADN nucléaire lui, a montré des différences s'apparentant à celles d'un nouvel hominidé cousin de l'Homo sapiens et d'autres espèces de primates. Le yéti serait donc un hybride entre l'homme et un autre grand singe ?

Pour se prononcer réellement sur les résultats, il faudrait savoir où cet échantillon a été prélevé, quel est le laboratoire qui a analysé l’ADN, si c’est un laboratoire sérieux. Il serait également utile de savoir s’il s’agit d’un fossile ou d’un être vivant actuel… Peu de laboratoires sont capables de faire des analyses d’ADN fossiles, qui nécessitent beaucoup d’équipement. Il faut donc éviter de relayer ce genre d’informations extraordinaires pour vendre du papier. Il s’agit souvent de mauvais scientifiques, qui font des coups de com’ avant même la publication de leur étude, et avant la relecture de l’article par des revues à comité de lectures.

Est-ce envisageable qu’un mâle d’une espèce inconnue d’hominidé ait pu s’accoupler avec une femelle homo sapiens pour créer une sorte d’hybride ?

Si ce ne sont pas deux espèces véritablement différentes, cela est toujours possible. On pense que les derniers hommes de Néandertal se sont accouplés avec les premiers sapiens qu’ils ont rencontrés. D’ailleurs, des travaux sur l’ADN fossile effectués par des laboratoires sérieux ont mis en évidence que dans notre patrimoine génétique, celui de l’homme moderne, il y a un peu de patrimoine néandertalien. Donc on peut envisager qu’il y ait possibilité de reproduction s’il ne s’agit par de deux espèces totalement différentes.


 



 

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