Portraitistes du 18° siècle: Perronneau, l'égal de Delatour? | Atlantico.fr
Atlantico, c'est qui, c'est quoi ?
Newsletter
Décryptages
Pépites
Dossiers
Rendez-vous
Atlantico-Light
Vidéos
Podcasts
Culture
Portraitistes du 18° siècle: Perronneau, l'égal de Delatour?
©

Atlanti-culture

Portraitistes du 18° siècle: Perronneau, l'égal de Delatour?

Philippe Jousserand pour Culture-Tops

Philippe Jousserand pour Culture-Tops

Est chroniqueur pour Culture-Tops.

Culture-Tops est un site de chroniques couvrant l'ensemble de l'activité culturelle (théâtre, One Man Shows, opéras, ballets, spectacles divers, cinéma, expos, livres, etc.).  Culture-Tops a été créé en novembre 2013 par Jacques Paugam , journaliste et écrivain, et son fils, Gabriel Lecarpentier-Paugam, 23 ans, en Master d'école de commerce, et grand amateur de One Man Shows.
Voir la bio »

EXPOSITION

Jean-Baptiste Perronneau

Portraitiste de génie dans l’Europe des Lumières

INFOS & RÉSERVATIONS

Musée des Beaux-Arts d’Orléans

Place Sainte-Croix

45000 Orléans

Mardi au samedi : 10h -18h / Vendredi jusqu’à 20h / Dimanche : 13h-18h

Jusqu’au 17 septembre

http://www.orleans-metropole.

      

 

RECOMMANDATION

          EXCELLENT

 

THÈME                                                                                                            

Le musée des Beaux-Arts d’Orléans présente la première rétrospective consacrée au portraitiste du XVIIIe siècle Jean-Baptiste Perronneau, peintre, graveur et pastelliste, une exposition reconnue d’intérêt national par le ministère de la Culture.

L’artiste noua une longue amitié avec Aignan Thomas Desfriches, un riche entrepreneur orléanais, futur fondateur de ce même musée ; ils s’étaient connus à Paris à l’Ecole du modèle. Grand voyageur, Perronneau fit deux longs séjours à Orléans, d’abord en 1751 puis en 1765-1766, pendant lesquels il a peint Desfriches, ses proches et ses amis. 

Aujourd’hui, le musée des Beaux-Arts conserve le fonds d’œuvres le plus important de cet artiste dont le nom reste intimement lié à la ville.

POINTS FORTS

1) En juin 2016, le musée des Beaux-Arts d’Orléans fait l’acquisition d’un chef-d’œuvre de Perronneau, le portrait d’Aignan Thomas Desfriches, complétée depuis par ceux de son épouse et d’une « femme en robe bleue et de son serviteur noir ».

Olivia Voisin, la dynamique directrice des musées d’Orléans, décide alors de lui consacrer une rétrospective. Auteure de la monographie et du catalogue raisonné de l’œuvre de Perronneau, sujet de sa thèse, Dominique d’Arnoult est choisie comme commissaire.

2) Le parcours de l’exposition est chronologique. Environ 150 œuvres et documents sont présentés grâce notamment à une cinquantaine de prêteurs (des collections privées mais aussi le musée du Louvre, la National Gallery…)

Les pastels ayant la réputation de mal voyager, Valérie Luquet, qui a rejoint l’équipe des Beaux-Arts, a établi un protocole particulier pour les acheminer. Elle a conçu 36 caisses spéciales et utilisé quelque 80m2 de mousse de calage pour amortir chocs et vibrations. Au total, elle a parcouru 10 000km pour accompagner ces œuvres.

3) Au Siècle des Lumière, l’engouement est fort pour les portraits. Plus particulièrement ceux au pastel tendent à effacer la hiérarchie sociale. « Versailles imite la Ville et la Ville imite Versailles. » Perronneau met son talent au service d’une partie de la société. Bourgeois, commerçants, négociants, financiers, administrateurs, scientifiques ou artistes sont ses principaux modèles, contrairement à Maurice Quentin Delatour qui peint plutôt les nobles à Versailles.

Tous deux sont d’ailleurs souvent comparés, et Perronneau reste longtemps considéré comme le challenger malheureux. Mais au fil du temps, le regard sur son œuvre change. Ainsi Louis Gillet (1876-1943), historien d’art, écrit à propos de Delatour : « C’est tout récemment qu’on lui a découvert un rival, et peut-être un égal ou un supérieur, en Jean-Baptiste Perronneau. »

4) À l’époque, pour mériter le titre d’œuvre d’art, on demande aux portraits de ne pas être seulement ressemblants, mais dessinés d’après la vie. Perronneau n’estompe pas les imperfections de ses modèles, qui leur confèrent une individualité. Il est avant tout un grand dessinateur, doublé d’un coloriste subtil. Il aime les tons variés, doux, chatoyants, veloutés. Sa liberté de touche plaira beaucoup aux Impressionnistes. Il se forme aussi à l’huile car il sait qu’il se doit de posséder plusieurs techniques.

5) C’est la loi du genre : en signant les portraits de différents sujets, l’artiste finit par livrer certaines facettes de sa propre personnalité, comme des constantes que l’on retrouve de toile en toile. Les regards dans les portraits de Perronneau laissent entrevoir un éclat, une vivacité particulière, comme ses demi-sourires, complices et amusés.

POINTS FAIBLES

Aucun : une exposition qui s’est fixé comme but de faire découvrir au plus grand nombre un artiste moins connu ne peut avoir que des points forts.

EN DEUX MOTS...

Un portraitiste pastelliste du XVIIIe siècle ? Delatour, direz-vous. Eh bien non, Jean-Baptiste Perronneau ! Même époque, même spécialité, mais des modèles différents et une touche bien particulière. A découvrir à Orléans tout l’été jusqu’à la mi-septembre. L’occasion de faire une étape picturale sur la route des vacances ou pourquoi pas de choisir la ville de Jeanne d’Arc pour une excursion culturelle.

UN EXTRAIT

Dominique d’Arnoult, commissaire de l’exposition : « L’originalité de Perronneau au pastel tient à l’impression de « sprezzatura », ou de désinvolture, qu’il sait donner, en masquant le travail sous une apparente facilité. D’où une vibration inimitable qui rend ses portraits vivants. »

L’ARTISTE

Né vers 1715 dans un milieu d’artisan, Perronneau, peintre, graveur et pastelliste, suit d’abord les cours de dessin à l’Ecole du modèle. Il connaît des débuts fulgurants. Agréé à l’Académie royale de peinture et de sculpture en 1746, il expose jusqu’en 1779 à seize Salons du Louvre quelque 120 portraits au pastel et à l’huile. En 1753, il est reçu membre par cette même Académie.

Ayant un goût prononcé pour les voyages, il fait carrière loin de Paris, à Lyon, Toulouse, Bordeaux, Orléans ou Abbeville. Il sillonne l’Europe, de Londres à Bruxelles, de Rome à Madrid. De la Hollande, il va même jusqu’à Saint-Pétersbourg et Varsovie.

Marié, père de deux garçons, il meurt à Amsterdam en 1783 intoxiqué par un nuage de gaz sulfurés, émis par l’irruption d’un volcan islandais.

En raison de débordements, nous avons fait le choix de suspendre les commentaires des articles d'Atlantico.fr.

Mais n'hésitez pas à partager cet article avec vos proches par mail, messagerie, SMS ou sur les réseaux sociaux afin de continuer le débat !