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Non, vous n'avez pas plus de risque de tomber malade quand il fait froid, on peut aussi attraper un rhume en pleine canicule
©Wikimédia / Commons

Atchoum !

Non, vous n'avez pas plus de risque de tomber malade quand il fait froid, on peut aussi attraper un rhume en pleine canicule

Ce sont les comportements que l'on adopte lorsqu'il fait froid qui nous exposent aux infections, et non l'inverse.

"Couvre-toi, tu vas attraper froid !" Une phrase que vous avez sûrement déjà dû entendre. Et pourtant, mettre un pull ne vous protégera pas tellement davantage d'un rhume que de rester en sous-vêtements. Pour cause, l'idée selon laquelle être exposé au froid affaiblit nos défenses immunitaires chargées de nous protéger contre les agressions extérieures n'est qu'une légende populaire.

C'est en tout cas ce qu'affirme Aaron E. Carroll, professeur à l'école de médecine de l'Université d'Indiana et coauteur de trois livres (ici, et ) mettant à mal les mythes qui nous entourent (il ne faut pas avaler son chewing-gum, ne pas loucher trop longtemps, etc.) Dans les colonnes du New York Times, le scientifique s'attaque cette fois au mythe selon lequel nous avons plus de risque de tomber malade lorsqu'il fait froid que lorsqu'il fait chaud.  

Conclusions hâtives

L'auteur débute en mentionnant une étude qui, au premier abord, a tendance à confirmer cette légende. Publiés sur le site Proceedings of the National Academy of Sciences le 11 juillet 2016, les résultats de ce travail montrent qu'une cellule conservée à 33 degrés Celsius est moins susceptible d'effectuer une apopstose – c’est-à-dire son autodestruction - qu'une cellule à 37 degrés. Or, ce phénomène physiologique est une manière pour notre système immunitaire de se protéger des infections. En effet, une cellule malade a moins de chance de propager le corps extérieur à une autre cellule si elle se désagrège entre temps. De ce fait, on conclut logiquement que plus il fait froid, moins nos cellules sont capables d'apoptose, et donc de stopper la propagation d'une infection.

Une deuxième étude renforce davantage cette conviction : le rhinovirus, responsable du rhume, se propagerait plus facilement à 33 qu'à 37 degrés. Pas étonnant que la presse ne s'y trompe à son tour, en déclarant que le froid cause le rhume.

Mais ces deux études prouvent-elles réellement que nous sommes plus susceptibles de tomber malades s'il fait froid ? Non. Là est la nuance qu'Aaron E. Carroll ne veut pas que l'on occulte.

Légende populaire

Pour appuyer sa remarque, l'auteur pointe du doigt deux études. Dans la première, publiée en 1958, trois groupes de personnes sont exposés à des températures différentes après s'être fait inoculer le mucus d'une personne malade. Un premier groupe habillé de manteaux, gants et bonnets, dans une salle à -12 degrés ; un autre groupe en sous-vêtements dans une salle à 16 degrés ; et un dernier groupe vêtu du même apparat dans une salle à 27 degrés. En 1968, une autre étude soumet de volontaires à des températures comprises entre 4 et 10 degrés après avoir été exposé à un virus.

Aucune conclusion n'a pu être tirée de ces deux expériences, si ce n'est que les différences de température n'affectaient pas les probabilités d'être infecté.

En revanche, comme le rappelle Carroll, être exposé au froid aurait plutôt tendance à renforcer nos défenses immunitaires, et à mieux supporter les symptômes d'une infection. La véritable raison pour laquelle nous tombons davantage malade l'hiver, quand il fait froid, est que nous avons tendance à rester confinés chez nous, à inviter des amis à la maison pour la période des fêtes, ce qui facilite la propagation d'une potentielle infection.

Vous le saurez : vous avez moins de risque d'attraper un rhume en vous roulant dans la neige qu'en restant bien au chaud entouré par vos proches.

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