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Le logo 5G est représenté lors du lancement du réseau de données mobiles 5G de Vodafone à Londres le 3 juillet 2019.
Le logo 5G est représenté lors du lancement du réseau de données mobiles 5G de Vodafone à Londres le 3 juillet 2019.
©©Tolga Akmen / AFP

Importance capitale

Ne perdons pas de vue l’impératif de numérisation du pays

La France est engagée, depuis plusieurs années, dans une démarche volontariste de numérisation : le haut-débit se déploie, grâce aux investissements massifs engagés notamment par les différents opérateurs et la volonté déterminée du Gouvernement. L’objectif d’atteindre 80% des Français éligibles d’ici la fin de l’année est proche : 70% le sont déjà

Olivier Babeau

Olivier Babeau

Olivier Babeau est essayiste et professeur à l’université de Bordeaux. Il s'intéresse aux dynamiques concurrentielles liées au numérique. Parmi ses publications:   Le management expliqué par l'art (2013, Ellipses), et La nouvelle ferme des animaux (éd. Les Belles Lettres, 2016), L'horreur politique (éd. Les Belles Lettres, 2017) et Eloge de l'hypocrisie d'Olivier Babeau (éd. du Cerf).

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L’enjeu est évidemment économique, pour permettre à tous d’être pleinement inscrit dans la dynamique de croissance et de profiter des opportunités qu’ouvre l’économie numérique. Il est également social : le haut débit permettra de répondre aux inquiétudes exprimées par une partie de la population d’être reléguée aux marges de l’accélération du monde.

De nombreux efforts restent cependant à réaliser. Dans certaines régions de France – y compris dans des grandes villes comme Marseille ou Lille, les résultats ne sont pas au rendez-vous. La qualité du réseau y est souvent incertaine et les divergences entre les sous-traitants, qui réalisent le travail sur le terrain, et les opérateurs, courantes.

Les raisons qui sous-tendent ces limites sont nombreuses.

D’abord, il est coûteux pour les opérateurs, qui déploient par ailleurs déjà des moyens financiers massifs, d’investir dans la connexion du dernier kilomètre, trop peu rentable au regard du faible nombre d’utilisateurs.

Ensuite, certains territoires sont très difficilement accessibles ou trop difficiles à couvrir, en raison des situations géographiques ou géologiques, qui rendent l’installation et la maintenance irrationnelles économiquement.

D’autres solutions existent qu’il faudrait mieux savoir exploiter. Comme nous avons un « mix énergétique », il serait intéressant de développer un « mix numérique », en ayant recours aux solutions appropriées à chaque situation.

Ce déploiement de moyens « à la carte » permettrait certainement d’atteindre plus vite l’objectif d’une couverture globale de la France et des Français. En ville, par exemple, la fibre sera privilégiée ; dans les zones urbaines moyennes, les antennes 5G permettent de doper l’accessibilité ; l’internet par satellite pourrait être la solution idéale pour la « connexion du dernier kilomètre », particulièrement dans les zones complexes. Faisons preuve de pragmatisme au lieu de vouloir, comme trop souvent en France, appliquer une solution unique à des problèmes différents.

En la matière, la France semble en retard, et rien d’indique qu’elle soit en voie d’amélioration. Au contraire. Les mêmes luddites qui s’étaient opposées au déploiement de la 5G reproduisent désormais leur activisme malheureux. Le Conseil d’Etat vient de leur donner raison, en annulant l’attribution de fréquences à StarLink (qui permet l’accès à internet via satellite), au prétexte que l’administration qui régule les télécoms, l’ARCEP, n’avait pas bien suivi une procédure de consultation. C’est un mauvais signal. Le droit est le droit, et le formalisme doit être respecté ; mais en attendant, la numérisation du pays est ralentie. La politique a besoin de vision et de hauteur, mais elle n’est rien si elle ne sait pas, elle aussi, aller jusqu’au « dernier kilomètre » de l’application concrète. La réponse aux immenses défis économiques et sociaux du numérique passe par une meilleure connexion de tous. Hâtons-la par tous les moyens !

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