Mots ou expressions : ces quelques bizarreries de la langue française | Atlantico.fr
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« Faire une coupe sombre » signifie procéder à une petite suppression ou diminution.
« Faire une coupe sombre » signifie procéder à une petite suppression ou diminution.
©Reuters

Vous avez dit "Bizarre" ?

Mots ou expressions : ces quelques bizarreries de la langue française

Saviez-vous que le mot "aujourd’hui" était un pléonasme ? Lydia Mammar revient sur ces étrangetés de notre chère langue française, qui la rendent si complexe mais si belle ! Extraits de "Pourquoi tout ce que vous croyez être vrai est faux" (1/2).

Lydia Mammar

Lydia Mammar

Lydia Mammar est écrivaine. Elle est, entre autres, l'auteur de "Pourquoi tout ce que vous croyez être vrai est faux" aux éditions de l'Opportun.

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« Aujourd’hui » est un pléonasme

Aujourd’hui est un mot bizarre, puisqu’en réalité il contient tout simplement deux fois le mot « jour ». L’adverbe « hui », issu du latin hodi, signifie « ce jour », accolé à « au jour » : c’est donc fort logiquement que « aujourd’hui » signifie littéralement « au jour de ce jour ».

Il s’agit d’un fort joli pléonasme, qui rend l’expression « au jour d’aujourd’hui », trop souvent usitée de nos jours, encore plus incorrecte qu’elle ne l’est déjà, inutile d’en rajouter !

« Courir comme un dératé » vient du fait qu’on atrophiait la rate des athlètes pendant l’antiquité

On le sait maintenant, « rien ne sert de courir, il faut partir à point ». Certes. Mais cela peut cependant être parfois vital de courir vite, voire très vite, comme un dératé. L’adjectif « dératé » provient bien du mot « rate ».

En effet, pendant l’Antiquité, on estimait que c’était la rate qui était à l’origine des points de côté et de la douleur parfois aiguë qu’ils provoquaient.

Les premières boissons de « diététique » de l’effort furent donc mises au point, pour « consumer » la rate des coureurs. Bien plus tard, un courant médical né au XVIe siècle et mené par quelques chirurgiens audacieux prôna l’ablation pure et simple de la rate, du fait de son « inutilité » pour l’organisme.

« Faire une coupe sombre » signifie procéder à une petite suppression ou diminution

Les contresens ne manquent pas dans la langue française : celui des « coupes sombres » en est un exemple assez frappant. Lorsqu’on parle de « coupes sombres », on fait référence à de fortes diminutions, qu’elles concernent un texte, les effectifs d’une entre- prise ou d’une administration ou les budgets.

En réalité, la « coupe sombre » désigne en jargon forestier une coupe partielle, appelée « coupe d’ensemencement », destinée à faire de la place pour les semis pour favoriser la pousse d’autres arbres. Rien à voir avec une déforestation massive donc, bien au contraire. C’est probablement la connotation négative, menaçante, inquiétante, qui a fait que l’on a fini par employer cette expression avec un sens opposé à sa signification initiale.

« Naguère » signifie «il y a peu de temps »

La plupart du temps, on utilise « naguère » en lieu et place d’« autre- fois ». Il est vrai que « naguère » a justement une petite connotation patinée.
Sauf qu’en réalité, et contrairement aux apparences, « naguère » signifie « il y a peu de temps ». « Naguère » est tout simplement la contraction de « il n’y a guère » de temps, soit littérale- ment « il y a peu de temps »... « récemment » en quelque sorte ! 

Le pluriel du mot « ail » s’écrit de deux manières différentes. Le mot « ail » s’écrit de deux manières différentes au pluriel. Lorsqu’on désigne l’ail utilisé comme condiment en cuisine, on doit écrire les « aulx », alors que lorsqu’on désigne la plante, en botanique, on doit écrire les « ails ». Cette improbable subtilité de la langue française est une anomalie, puisque « aulx » devrait s’écrire « aux ».

Pour éviter de se compliquer la vie, on peut aussi n’employer le mot « ail » qu’au singulier, ce qui est fréquemment le cas.

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Extrait de "Pourquoi tout ce que vous croyez être vrai est faux " aux éditions de l'Opportun (17 mars 2011)

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