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Mode de garde, mode d'emploi : pourquoi est-ce si difficile de faire garder son enfant en France ?
©Reuters

Bonnes feuilles

Mode de garde, mode d'emploi : pourquoi est-ce si difficile de faire garder son enfant en France ?

La garde d’enfant est le nerf de la guerre pour les parents qui travaillent. Il existe de bonnes stratégies pour trouver une solution satisfaisante. Encore faut-il les connaître. Extrait de "Mode de garde, mode d'emploi", Laure Leter, publié aux éditions Albin Michel (2/2).

Laure Leter

Laure Leter

Laure Leter, journaliste à Elle, est spécialisée dans les questions psychologie et parentalité.

Elle vit à Paris.

 

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Pourquoi, alors, tant de parents ont-ils le sentiment que trouver une solution de garde pour leur enfant est plus une question de « chance » que de « choix » ?

– Première explication : toutes les solutions ne sont pas également disponibles ou faciles d’accès. Selon l’endroit où vous vivez en France le nombre de places d’accueil pour 100 enfants peut varier de 9 à 80.

– Ensuite, tous les modes de garde n’ont pas le même prix. Seule la crèche module ses tarifs en fonction des revenus des parents, mais elle n’accueille en France que 1 enfant sur 10. Pour un plein temps, la garde individuelle coûte souvent plus cher, au moins avant de percevoir les aides publiques (pour un mi-temps, l’assistante maternelle est parfois moins chère que la crèche) 1.

Lorsque les parents ont réussi à « tenir » jusqu’à l’entrée à l’école, le problème n’est qu’à moitié réglé. Car toutes les communes ne proposent pas d’accueil périscolaire, les aides financières à la garde s’arrêtent à 6 ans et, dans les grandes villes, les parents vivent souvent loin des grands-parents, avec des temps de transport longs, des horaires plus larges que l’école ou la garderie. Le nombre de familles monoparentales ne cesse d’augmenter.

Par ailleurs, si la diversité des solutions peut être perçue comme une bonne chose (difficile, après tout, d’ouvrir des crèches partout), elle rend bien complexe la quête des parents à un moment déjà peu simple de la vie ! Alors même qu’ils découvrent et installent la relation avec leur bébé, ils sont accaparés par la résolution de problèmes pratiques.

La difficulté de trouver une solution disponible, flexible, pas trop chère, est encore portée par les femmes. Ce sont elles qui adaptent leur activité professionnelle aux horaires des modes de garde. Ce sont elles qui réduisent leur temps de travail pour pouvoir garder elles-mêmes les enfants.

Une fois surmontées les difficultés de sa mise en place, les études indiquent que les familles sont en grande majorité satisfaites de l’organisation de leur solution de garde 2. « Cette globale satisfaction s’explique en partie par la “validation rétroactive du choix imposé”, concept bien connu des experts de la CAF3 », nuance Gaëlle Guernalec-Levy 4, journaliste au magazine Parents. Traduction : « Une fois trouvé un mode de garde, on finit par s’en satisfaire, pour ne pas partir travailler chaque matin la boule au ventre. »

LES GRANDS-PARENTS : UN RECOURS PRÉCIEUX… À UTILISER AVEC PRÉCAUTION

Environ 7 % des moins des trois ans seraient gardés principalement par leurs grands-parents. « J’ai confiance en ma mère qui s’occupe de mon fils trois jours par semaine, se réjouit Camille. Parfois elle nous prépare le dîner, elle repasse même nos T-shirts ! » Elle précise cependant que, même si ça se passe bien, cette situation est temporaire : « Quelques mois, le temps de trouver une autre solution. » Car, bien souvent, ce service « gratuit » se paye d’une autre façon… On se sent redevable, on n’ose pas imposer nos méthodes éducatives par peur du conflit (télé, propreté, sieste…), on se dispute dans le couple (« Tu sais ce que m’a dit ta mère ? »). Trop d’attentes peuvent réactiver d’anciennes blessures (« Mes parents sont toujours disponibles pour s’occuper des enfants de mon frère, moins des miens »). Les grands-parents quant à eux n’osent pas toujours refuser les demandes, et ils peuvent se sentir débordés

Tout est peut-être une question de dosage : peutêtre pas tous les jours mais le mercredi, certains soirs après l’école… pour entretenir ce lien.

LIRE AUSSI LA DEUXIEME PARTIE : Crèches clandestines : pourquoi les parents finissent par y avoir recours

Extrait de "Mode de garde, mode d'emploi", Laure Leter, publié aux éditions Albin Michel, 2014. Pour acheter ce livre, cliquez ici.

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