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La conquête de l'espace représente notre meilleure garantie de survie, comme l'expliquait l'investisseur milliardaire et visionnaire Elon Musk lors d'une conférence fin septembre 2016.
La conquête de l'espace représente notre meilleure garantie de survie, comme l'expliquait l'investisseur milliardaire et visionnaire Elon Musk lors d'une conférence fin septembre 2016.
©NASA

La tête dans les étoiles

Mars, et ça repart ? Comment après la colonisation de la planète rouge l'homme devra s'y prendre pour s'atteler au reste du système solaire

Des décennies après avoir posé le pied sur la Lune, on devrait enfin réussir à envoyer des astronautes sur Mars dans les 15 années à venir. Et après, le système solaire ? Quelques pistes se profilent, alors que pour un nombre croissant de scientifiques, le futur de l'humanité est dans l'espace.

Il y a bien un jour où l'homme devra, à l'image d'un oiseau arrivé à l'âge adulte, quitter le nid. Le nôtre étant la Terre. Car les ressources de cette Terre nourricière sont limitées, et l'appétit de l'humanité ne cesse de s'accroître. C'est simple : selon une déclaration signée de l'éminent physicien et cosmologue Stephen Hawking en 2010, l'homme devra avoir quitté la Terre au cours du prochain siècle s'il ne veut pas disparaître. Les meilleures choses ont une fin, et il parait inévitable que la race humaine ne finisse par voir son existence menacée par quelque maladie, catastrophe d'origine naturelle ou humaine. Aussi, il est important de ne pas garder tous les œufs dans le même panier. Traduction : le plus grand nombre de planètes on arrivera à coloniser, le plus de chances on aura de faire perdurer l'espèce humaine. Conclusion : la conquête de l'espace représente notre meilleure garantie de survie, comme l'expliquait l'investisseur milliardaire et visionnaire Elon Musk lors d'une conférence fin septembre 2016.

La conquête spatiale remise au premier plan

L'homme d'affaires et fondateur de Space X, l'entreprise privée qui a réussi à mettre les pieds sous la table des agences spatiales gouvernementales telles que l'Esa et la Nasa, a d'ailleurs un plan pour conquérir la longtemps fascinante planète rouge, relate le site Singularity Hub: "Si nous réussissons à réchauffer Mars, nous pourrions donner naissance à une épaisse atmosphère et permettre l'existence océans d'eau liquide (l'eau ne peut exister que sous forme gazeuse et solide sur Mars, ndlr)", a-t-il déclaré. De quoi amorcer un processus de transformation, visant à faire à terme de cette planète déserte et aride une terre semblable à la nôtre.

La toute récente élection du président des États-Unis, Donald Trump, ne devrait d'ailleurs pas mettre un terme à ces aspirations. Au contraire. Selon le membre du Congrès américain et conseiller de campagne du président élu Robert Walker, interrogé par Forbes, "L'objectif clairement établi de sa politique spatiale anticipe largement une simple exploration de la orbite terrestre basse, mais se tourne vers Mars et au-delà". Une ambition qui s'articulerait autour de quatre piliers, à savoir la formulation d'un plan défini de colonisation du système solaire d'ici la fin du siècle, la réorientation de la Nasa – en perte de vitesse à en croire cet article de The Week – dans les champs de l'espace lointain et la revue à la hausse de ses ambitions, la création d'un programme de développement de technologies supersoniques et enfin assurer la viabilité de la Station spatiale internationale (ISS) au-delà de 2028. Nul doute que la présence d'acteurs privés tels que Space X ou la United Launch Alliance, propriété du constructeur Boeing et du fabricant d'armes Lockheed Martin, en renfort des ambitions gouvernementales devrait donner un nouvel élan aux programmes de conquête spatiale.

Base lunaire expérimentale

Alors que, comme le souligne The Verge, les romans et films de science-fiction ne sont pas avares d'idées en ce qui concerne la colonisation spatiale et le futur de l'humanité, nous pouvons nous aussi tenter d'imaginer la manière dont pourrait se façonner notre futur en dehors de l'orbite terrestre. Le site Inquisitr s'y est essayé, et nous livre un aperçu, un scénario rendant compte de l'implantation de l'homme sur d'autres planètes ainsi que l'exploitation de ressources environnantes.

Notre capacité à utiliser les ressources à disposition et à construire des habitats à l'aide d'imprimantes 3D devrait être capitale dans le potentiel succès d'une mission sur Mars et ailleurs, selon l'administrateur de la Nasa William Gerstenmaier. Pour cela, la Lune peut servir de parfait terrain d'entraînement : "Les missions robotiques sur la Lune pourrait, en vue d'un voyage sur Mars, nous donner une idée de notre exploitation des ressources et matériaux disponibles afin de générer de l'eau, de l'oxygène ou encore du carburant". L'agence spatiale européenne (Esa) prévoirait d'ailleurs d'installer une base sur notre satellite, à en croire l'astrobiologiste de la Nasa Chris McKay, interrogé par le site Popular Scienceen mars 2016 : "Nous pourrions nous dire que certaines technologies, telles que les voitures autonomes ou les toilettes recycleurs de selles, n'ont rien à faire dans l'espace. Pourtant, elles pourraient être incroyablement utiles et abaisser le coût d'une telle base lunaire à un point tel ce projet pourrait être facilement envisageable". De la sorte, nous pourrions assister à sa mise en œuvre d'ici dix ans.

Vénus, notre voisine la plus proche

Et si, après Mars, nous n'allions pas tenter notre chance du côté de Vénus ? Car si la température qui y règne à la surface (450°C) empêche d'y poser le pied, la conquête d'une planète ne se résume pas à aller y planter un drapeau. Et coloniser ne signifie pas forcément y vivre à terme. Si les conditions de vie ne sont pas rassemblées (malgré une atmosphère très épaisse et donc protectrice des rayons cosmiques), une exploitation énergétique pourrait être envisagée, affirme dans un autre article de Inquisitrvantant les mérites d'une mission vénusienne. Bien sûr, il faudrait une présence humaine afin de mettre pareil projet à exécution. Mais la présence massive de dioxyde de carbone dans l'air pourrait permettre aux astronautes de produire leur propre oxygène.

À une altitude de près de 50 kilomètres, la température et la pression se rapprochent sensiblement de celles de la Terre. Les premiers colons vénusiens pourraient donc embarquer à bord de dirigeables. Une idée envisagée par l'ingénieur aérospatial de la Nasa Christopher A. Jones, interrogé par CNN : "Le concept serait d'utiliser un véhicule plus léger que l'air qui pourrait transporter un arsenal d'instruments et de sondes, ainsi qu'un habitat pour permettre aux astronautes d'explorer Vénus durant un mois", envisageait-il. Si nous parvenions à envoyer une navette spatiale sur Vénus, capable de ralentir afin d'éviter l'atterrissage et permettre le transfert des passagers à un dirigeable, nous pourrions alors exploiter l'énorme quantité d'énergie solaire que reçoit la planète à l'aide de panneaux photovoltaïques. Un projet d'autant plus facilité que Vénus est plus proche de la Terre que ne l'est la planète rouge.

Cérès et la ceinture d'astéroïdes, la piste de l'exploitation minière

Intéressons-nous maintenant à la ceinture d'astéroïdes située entre Mars et Jupiter. En son sein se trouve la planète naine Cérès, soupçonnée d'abriter sous forme de glace souterraine davantage d'eau que n'en comporte la Terre. Dépourvue d'atmosphère et dotée d'une trop forte gravité, la vie y est strictement impossible. Toutefois, des activités minières pourraient y être possibles. Dans un futur lointain ou les cargos de marchandises se déplaceront en long et en large du système solaire, Cérès pourrait être une parfaite escale où se réapprovisionner en eau mais également en carburant. Les astéroïdes environnants pourraient également faire l'objet de forages miniers, en raison de leur teneur en métal, eau et carbone. Des matériaux qui pourraient alors être utilisés dans la fabrication d'habitats sur d'autres planètes si la durée d'acheminement est avantageuse. Encore une fois, il ne s'agit pas d'un scénario si loufoque que cela, puisque sa faisabilité n'est pas remise en cause, au contraire, par le mathématicien Robert Walker dans les colonnes de Science 2.0, affirmant qu'il faut davantage regarder en profondeur plutôt qu'en surface si l'on veut estimer le potentiel d'une planète.

Titan, Encelade et Europe, foyers d'accueil de l'humanité ?

Bon, c'est bien gentil, l'exploitation minière et énergétique, mais où nous colons pourraient-ils poser le pied ? Titan, l'une des lunes de Saturne, représente l'une, si ce n'est la planète la moins hostile à la vie. Pour cause, vous n'auriez besoin que d'un masque à oxygène ainsi qu'une combinaison contre le froid pour y vivre confortablement, à l'abri d'une trop forte gravité, pression, ou radiation, que l'on peut rencontrer sur d'autres planètes. Sa pression, 50% plus élevée que celle de la Terre, pourra toutefois poser quelques problèmes aux colons, qui se sentiront comme au fond d'une piscine. Toujours mieux que de perdre sa masse osseuse, comme les astronautes qui vivent dans un environnement sans gravité, me direz-vous. Nous pourrions également y rencontrer des formes de vie extraterrestre, comme l'indique Chris Mcay, cette fois interrogé par le site Space. En effet, Titan est considéré comme un analogue de la Terre primitive, avec ses côtes, ses dunes, ses saisons, mais également ses liquides, le diazote et le méthane, qui pourraient faire naître la vie. Et potentiellement, un océan d'eau liquide sous la surface. Pas mal, non ?

Sa petite sœur, Encelade, une autre lune de Saturne, est également intéressante. Dotée d'un océan d'eau salée souterrain, ce satellite a la particularité de dégager une énergie impressionnante à certains endroits de sa surface, équivalente à 15,8 gigawatts, soit davantage que n'en produit le parc national de Yellowstone, explique Linda Spilker à Space, en charge du projet Cassini-Huygens visant à explorer Saturne et ses lunes. Autant dire qu'Encelade pourrait représenter une source d'énergie géothermique conséquente.

Venons-en enfin à Europe, satellite de Jupiter longtemps présenté comme terre d'accueil la plus prometteuse (le film 2001, l'Odyssée de l'espace n'y est pas pour rien). Eh bien, disons qu'elle pourrait accueillir quelques-uns de nos colons, à condition qu'ils ne peuplent que la face qui guide son orbite, puisque l'autre est exposée aux radiations mortelles provenant de Jupiter. Ils devront également faire attention aux fréquents tremblements de terre qui s'y produisent.

Bon, eh bien, il n'y a plus qu'à. Ne pas oublier que si aucune des planètes du système solaire ne se révèle être accueillante pour l'espèce humaine, nous pourrions tenter notre chance sur une voisine un poil plus lointaine (dans un autre système solaire), Proxima b, planète qui, nous en avions parlé, qui alimente les fantasmes des scientifiques depuis quelques années maintenant.

Alors sur quelle planète jetterons-nous notre dévolu, après Mars ? Réponse dans quelques (dizaines d') années.

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