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©FRANCOIS GUILLOT / AFP

Racisme inversé

Lydia Guirous : « La gauche qui n’a que la défense des minorités à la bouche ne parvient même pas à traiter les immigrés comme des Français comme les autres tant elle les assigne à leur statut de victimes supposées »

Lydia Guirous revient sur les nouveaux idéaux de la gauche en 2021 plus discriminante que Républicaine.

Lydia Guirous

Lydia Guirous

Lydia Guirous est essayite, auteure de « Assimilation en finir avec ce tabou français » aux éditions de l’Observatoire et de « Ca n’a rien à voir avec l’Islam ? Face à l’islamisme réveillons-nous » aux éditions Plon, réédition en version augmentée et inédite.

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Atlantico : Dans un débat plateau BFMTV, vous avez été confronté à un responsable étudiant dans lequel vous avez eu quelques échanges sur la nature même de la naturalisation sans assimilation. Lors de l’échange ce militant étudiant a dérapé et prononcé des propos inconvenus  "J'appelle Beauvau et on vous retire votre carte d'identité". Y-a-t-il en France une forme de racisme inversé de ceux qui voudraient assigner les gens à des opinions selon leurs origines ? Comment cela se traduit-il dans la société ? 

Lydia Guirous : Il s’agit bien du racisme de cette nouvelle gauche indigéniste et racialiste qui essentialisent les personnes et ne voient qu’à travers l’ethnie, la religion supposée, le milieux social d’origine. Une gauche qui voit la paille du racisme chez l’autre, mais est dans le déni face à la poutre de son propre racisme. 

Avec cette gauche racialiste, il y a une hiérarchisation entre les Français. Il y a selon eux, ceux dit de « souche » qui seraient par essence racistes et « réacs » et privilégiés car « blancs », et les autres « issus de l’immigration » qu’ils considèrent comme leur prolétariat, leur électorat, et finalement comme des citoyens de seconde zone condamnés à être des victimes et …à voter toujours à gauche sous peine d’être déshumanisés, diabolisés, caricaturés, insultés de « traitre » ou de « collabeur ». La gauche anti-républicaine refuse la liberté et le libre arbitre, elle refuse qu’une personne issue de l’immigration soit patriote. Ces attaques et caricatures ne m’impressionnent pas, elles démontrent à quel point cette gauche n’aiment plus la France et la République. 

 

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Dans votre dernier livre, vous évoquez l’éducation de votre père qui vous a encouragé à vous battre plutôt qu’à vous placer en position de victime. Ce discours a-t-il disparu de notre société ?

 Quand on est issue de l’immigration et d’un milieu modeste, il n’y a pas plusieurs options. La première est celle du travail, de la détermination et de la persévérance. On m’a toujours dit que j’aurais à travailler plus que les autres car le chemin serait plus long et plus difficile. On m’a dit que j’aurais à faire face aux injustices, parfois à la discrimination, mais aussi révoltant que cela soit, cela ne devait jamais m’empêcher de poursuivre mon chemin.

La seconde option est celle de la victimisation, du renoncement. Elle est plus confortable car elle exonère de toute responsabilité. Je remercierai toujours mes parents pour les valeurs qu’ils m’ont transmises : travail, persévérance, respect de l’autre, reconnaissance et humilité. Je garde aussi toujours à l’esprit la citation de René Char ‘A te regarder ils s’habitueront’… Evidement ces valeurs sont pour beaucoup désuètes, ringardes... Nous sommes passés d’une société des devoirs à une société des « droits à ». Ce basculement est aussi à l’origine du déclin et de l’effritement de notre cohésion nationale, car la société est devenue une succession de revendications de minorités qui pensent toujours à réclamer des droits, sans contreparties.

 

Vous prônez une "assimilation réelle”, l’intégration a-t-elle donc échoué ? L’obsession de la gauche pour les minorités que vous évoquez attise-t-il ce problème ?

L’intégration est un échec qui nous a mené dans le mur du communautarisme et des « territoires perdus de la République ». La gauche vit sur le dos des minorités auxquelles elle nie leur statut de citoyen français. Pour la gauche, ils sont avant tout une minorité avant d’être des Français. Elle sacralise les folklores, les différences pour mieux enfermer dans la minorité, refusant ainsi à ces personnes de faire souche en France. Une certaine gauche nourrit un sentiment anti-France très dangereux. 

Les enfants de l’immigration qui écoutent et accordent du crédit aux discours de ceux qui veulent les instrumentaliser feront fausse route et ne réussiront pas à s’épanouir et à s’assimiler à la société française. Ils se vivront toujours en minorité et en victime. C’est le fond de commerce de certains élus, notamment à gauche… LFI, EELV et de nombreuses associations surfent sur ces discours, ils n’ont aucune considération pour ces jeunes, ils s’en servent. D’ailleurs, n’y-a-t-il pas quelque chose de paradoxal à être dans le procès permanent en racisme de la France, à promouvoir toutes les théories indigénistes, mais à n’avoir que des leaders « blancs » comme ils disent… ? Où est leur cohérence ?   Je prône l’assimilation et je refuse l’assignation à résidence identitaire qui est une négation du libre arbitre, de l’esprit critique, de la liberté d’être et de penser. Oui je suis née en Kabylie, en Algérie, je suis issue d’un milieu modeste, et je n’ai pas à m’excuser d’aimer la France et la République. 

D’ailleurs, je débute mon livre ainsi : « « Je suis fière d’être française ». A peine cette phrase prononcée, les regards deviennent suspicieux, culpabilisants et immédiatement suivis en retour du fameux « Mais tu oublies tes origines » … Oui je défends l’assimilation car c’est la seule solution face à la partition de la France, face à l’islamisme qui gangrène les cœurs et les esprits. L’abandon de l’assimilation est une erreur de la gauche à laquelle la droite, comme souvent, s’est soumise. S’assimiler, c’est se respecter et respecter la culture du pays où l’on s’installe. 

Lydia Guirous est essayiste auteure de "Assimilation : en finir avec ce tabou français"

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