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Ligue des Champions : BRUGES/PSG : 1/1 Premier match et première déception pour la dream team du PSG
©JOHN THYS / AFP

Football

Ligue des Champions : BRUGES/PSG : 1/1 Premier match et première déception pour la dream team du PSG

Tristement tenu en échec à Bruges, le PSG a entamé sa campagne Européenne par une contre-performance. Entre un Messi en rodage, un Neymar en méforme et un Mbappé blessé le trio magique a été décevant. Malgré l'ouverture précoce d'Herrera (15e), tous ceux qui attendaient un feu d'artifice offensif n'ont eu droit qu'à un pétard mouillé.

Olivier Rodriguez

Olivier Rodriguez

Olivier Rodriguez est entraîneur de tennis et préparateur physique. Il a coaché des sportifs de haut niveau en tennis. 
 
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À trente-quatre ans, il a quitté sa province 
Bien décidé à rester un génie
Le cœur léger et la taille assez mince
Il était certain de conquérir Paris
Chez le tailleur le plus chic il a fait faire 
Ce maillot bleu, qu'était du dernier cri... etc... etc...
Les inconditionnels d'Aznavour voudront bien pardonner les légères modifications (du meilleur goût pourtant) apportées à l'une des chansons les plus célèbres de l'artiste. Elles ont seulement pour but de souligner les débuts de Lionel Messi en Ligue des champions sous les couleurs du Paris Saint Germain. Un sacré évènement en soi au passage. Du genre planétaire. Il faut dire qu'en signant au PSG, l'Argentin a offert à tout un club et à des centaines de milliers de supporters un bouquet composé, à parts égales, de rêves de victoires et de fantasmes sportifs. En attendant de savoir s'il s'agit là d'un tournant décisif ou d'un mirage mal négocié, celui qui a quitté plus qu'un club dans son ancienne vie et qui est devenu plus qu'un joueur dans sa nouvelle devait hier soir se frotter au meilleur club Belge actuel, le FC Bruges, pour la reprise de la Ligue des Champions.
Et quelle reprise ! Car malgré l'absence de Verratti (blessé) et de Di Maria (suspendu), l'alignement du trio d'attaque Messi, Neymar, Mbappé donnait des airs d'équipe de rêve à l'ensemble. Mais au-delà des promesses évidentes qui peuvent naître d'une telle addition de stars, deux ou trois questions nous taraudaient quand même... Comme la répartition des rôles entre les cadors, leur comportement à la perte de balle ou encore l'état de forme d'un Neymar à l'embonpoint par trop ostentatoire ces temps-ci... Un Neymar qui tendait à prouver que l'idole déjeune certes, mais un peu trop. 

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Même s'il faudra certainement une opposition d'un autre calibre pour se faire une idée un peu plus juste des choses, on peut annoncer que cette équipe du PSG ressemble, pour l'instant, à l'idée qu'on s'en fait depuis l'arrivée des Qataris... C'est à dire un mélange de fulgurances offensives, d'égoïsme, de manque d'intensité et de légèretés défensives, le tout dans des proportions changeantes au fil des minutes.  
Si vous n'avez pas vu le match, gardez à l'esprit que ce PSG a été sacrément secoué par des Belges décomplexés, denses physiquement et particulièrement mordants dans le pressing pendant toute la rencontre. Soit, à peu de choses près, tout ce qui a manqué au PSG lors de cette soirée. Et il faut souhaiter que le déroulement du match agisse comme un avertissement sans frais pour des parisiens qui devront absolument se cracher dans les mains dans un futur proche pour hausser leur niveau de jeu (vous verrez pourquoi)...  Histoire de ne pas se contenter d'être gentiment en place, de prendre du plaisir à défendre mais aussi de courir les uns pour les autres. Pour vous éclairer sur ce point, sachez que les parisiens ont couru huit kilomètres de moins que leurs adversaires, ce qui est édifiant. Si vous ajoutez à ces manques, déjà importants, de nombreuses pertes de balles et un milieu de terrain battu en abscisse comme en ordonnée, vous aurez une idée globale des grosses difficultés rencontrées par une équipe qui a passé près de quarante minutes sans frapper au but malgré sa puissance offensive supposée. Hier soir, cette dernière n'aura trouvé la faille qu'une seule fois, par Herrera (auteur d'un match solide mais piégé sur l'égalisation), suite à un joli débordement d'Mbappé (15e). D'ailleurs, la statistique à retenir est peut-être celle-ci : les parisiens n'ont cadré que six petits tirs en quatre-vingt-dix minutes, ce qui était insuffisant face à des joueurs justement récompensés de leurs efforts par Vanaken (27e). 
Après cette contre-performance, vous vous doutez bien que l'inventaire des déceptions pourrait être assez copieux... Nous nous contenterons de n'en citer que trois qui prendront pour la plupart des autres : Paredes d'abord, plus brutal qu'intense hier soir et mis à l'index pour avoir été à deux doigts d'aider son équipe (sorti à la mi-temps)... Wijnaldum ensuite (extrêmement neutre depuis son arrivée et qui ressemble de très loin à celui que nous connaissions à Liverpool) et Neymar enfin. Un Neymar visiblement à court de forme, spécialisé dans l'action non agissante et qui n'aura pas tiré une seule fois au but... À la fin du match, sa frustration (légitime) était palpable et son humeur semblable à celle d'un type qui vient d'être attaqué en reconnaissance de paternité. C'est tout dire.
Les autres bénéficieront de l'indulgence du jury. Pourquoi ? Parce qu'il nous tarde de revoir les jambes de feu et les centres de Nuno Mendes... Parce que Navas a encore évité le pire (33e, 38e et 48e)... Et parce qu'entre un Messi en rodage (un tir sur la barre 28e), un Mbappé blessé très tôt dans la partie (51e) et un effectif largement modifié qui manque naturellement d'automatismes, la marge de progression de l'ensemble rend plus optimiste que les manques affichés. Voilà pourquoi. 
Pour le dire autrement, et n'en déplaise aux grincheux, il est urgent de donner du temps à Pochettino avant de clamer que les Cosmétiques ont succédé aux Galactiques. Tout au plus, nous déplorerons que ce nouveau PSG montre une certaine continuité dans son absence de changement et qu'il aurait comme un cousinage avec l'équipe de France dans cette question paradoxale : et si abondance de biens finissait par nuire ?
Évidemment, ce résultat est une mauvaise surprise pour tous ceux qui imaginaient passer une soirée aussi joyeuse que divertissante... Comme dans un peep show un soir de paie si vous voyez ce que je veux dire... Oui, vous voyez...
Surtout face à l'équipe considérée la plus faible du groupe. Ce matin, même si ce résultat ne compromet pas les chances de qualification, il interroge sur la capacité de l'équipe à proposer un bloc compact et à offrir l'intensité qui sied à ce genre de rendez-vous.
Autant de questionnements qui ne manqueront pas de susciter un vif intérêt de notre part pour la suite des aventures Européennes du Paris Saint Germain, club classé 8 sur l'échelle de riche terre. La prochaine étape sera plus qu'alléchante puisque les parisiens recevront dans quinze jours le Manchester City de Guardiola à l'occasion d'un match qui permettra de situer un peu mieux l'ensemble des forces en présence. Soit une occasion en or pour observer l'évolution du chantier et la capacité de rebond de l'équipe. Une occasion rêvée, également, pour admirer celui qui est toujours en haut de l'affiche et dont on dit qu'il est un génie... C'est-à-dire un joueur capable de relever l'âme du regardeur en lui donnant à contempler, aussi, des choses qui ne se voient pas... Comment ? Vous vous demandez comment Messi pourrait faire une chose pareille ?  Facile. En nous ouvrant les cieux.

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