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Une statue de Napoléon Bonaparte. Beaucoup de questions se posent en France et au sein de la classe politique sur les commémorations liées à la mort de Napoléon.
Une statue de Napoléon Bonaparte. Beaucoup de questions se posent en France et au sein de la classe politique sur les commémorations liées à la mort de Napoléon.
©Pascal POCHARD-CASABIANCA / AFP

Commémorations

Les territoires sauveront-ils le bicentenaire de la mort de Napoléon ?

Alors que le bicentenaire de la mort de Napoléon (le 5 mai 1821) sera bientôt célébré, les polémiques se multiplient sur cet évènement. Plusieurs élus ont contesté l'intérêt de commémorer Napoléon. Jérôme Pardigon, conseiller municipal de Rueil-Malmaison en charge du Tourisme et de l’Evènementiel, aborde ce sujet.

Jérôme Pardigon

Jérôme Pardigon

Jérôme Pardigon est directeur des Affaires publiques chez CCI France. Jérôme Pardigon est conseiller municipal de Rueil-Malmaison en charge du Tourisme et de l’Evènementiel. 

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Atlantico : A quelques jours du bicentenaire de la mort de Napoléon (le 5 mai 1821), les polémiques se multiplient sur l’opportunité de célébrer cet évènement. Par souci d’apaisement, ne devrions-nous pas annuler les festivités et commémorations prévues ?

Jérôme Pardigon : Bien au contraire ! Je ne comprends pas qu’on puisse se poser seulement la question. Les polémiques sont révélatrices des impasses vers lesquelles une partie de la société française est en train de s’orienter : l’anachronisme, le délitement de l’identité nationale ou européenne, la cancel culture qui privilégie les réseaux sociaux aux livres d’histoire. Avec le bicentenaire de la mort de Napoléon, c’est l’identité même de la France qui se joue ici. Il ne s’agit pas d’être tous admirateurs de l’Empereur des Français, ni de sur-glorifier son règne. Il s’agit de mettre en valeur le passé et la culture de notre pays, de montrer à tous les publics, y compris les plus jeunes, dans des expositions exceptionnelles, les plus belles pièces liées à l’œuvre de Napoléon Bonaparte et à son exil à Sainte-Hélène. Des spectacles pour s’approprier l’Histoire, des colloques pour en débattre, rien de plus mais rien de moins. Les opposants aux commémorations du bicentenaire souhaitent effacer l’Histoire, c’est extrêmement dangereux. Dans un monde en perte de sens, l’Histoire maintient quelques racines pour chacun d’entre nous.

Les programmations culturelles organisées en France vous semblent-elles à la hauteur du bicentenaire  ?

Elles le seront ! On pense bien entendu aux magnifiques expositions nationales à La Grande Halle de La Villette ou au Musée de l’Armée, qui s’ouvriront aux yeux du grand public dès que les conditions sanitaires le permettront. Mais il faut aussi saluer l’ambition des initiatives issues des territoires, notamment l’ensemble des programmations des villes membres du label « Villes impériales ». Ces villes, comme Fontainebleau, Rueil-Malmaison, Ajaccio… sont fières de leur identité napoléonienne et en font le moteur de leur rayonnement…Ne doutons pas que les quelques polémiques dans les médias seront écrasées par le succès de leurs programmations. Quand on voit l’engouement populaire lors des jubilés impériaux organisés par la ville de Rueil-Malmaison ces dernières années, on est rassuré sur l’intérêt des Français pour leur histoire. Ce sont bien le peuple et les territoires qui sauveront le bicentenaire de la mort de Napoléon !

Outre les élus de gauche, plusieurs élus de La République En Marche ainsi que la Ministre Elisabeth Moreno ont contesté l’intérêt de commémorer Napoléon. En tant que conseiller municipal LaREM, ne devriez-vous pas vous-aussi renier cette figure aux nombreuses parts d’ombre ?

Je retiens les propos de Thierry Lentz dans son dernier ouvrage « Pour Napoléon » : plutôt que de parler d’Histoire, apprenons-la ! Les politiques qui jugent sévèrement Napoléon oublient souvent tout ce qu’il a légué à la République. Le code civil, le Conseil d’Etat, le système préfectoral, toutes les bases de l’état de droit et de l’administration moderne, sont ces fameuses masses de granit qui stabilisent la France et la République. Les parts d’ombre existent ; nous ne devons ni les nier ni les exagérer. Par exemple, quand certains usent du terme « dictature » pour définir le régime napoléonien, je les invite à relire les Constitutions de l’AN VIII, de l’AN X et de l’AN XII et à se rappeler que c’est le Parlement, en l’occurrence le Sénat, qui vote la déchéance de l’Empereur en 1814… Quant au dépassement des clivages entre révolutionnaires et monarchistes, les profondes divisions entre bonnets rouges et talons rouges, par le nouveau pacte social proposé par Napoléon, on peut trouver quelques similitudes avec l’époque d’aujourd’hui. Au bout du bout, c’est la cohésion nationale et l’unité du pays que l’on doit rechercher. La présence du Président de la République aux commémorations du bicentenaire, et pourquoi pas dès le 5 mai 2021 aux Invalides, y contribuerait grandement.
 
Jérôme Pardigon est conseiller municipal de Rueil-Malmaison en charge du Tourisme et de l’Evènementiel

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