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Les nouvelles superpuissances : comment Google peut intimider des entreprises de taille mondiale
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Bonnes feuilles

Les nouvelles superpuissances : comment Google peut intimider des entreprises de taille mondiale

Sociétés sympathiques, avec des dirigeants jeunes, avenants et zélés, les Google, Amazon, Facebook, Apple, Wikipedia et autre Twitter sont en train de dresser un nouvel ordre des choses qui se révèle insidieux et bouleverse un grand nombre des principes de nos démocraties. Extrait de "Les Nouvelles Superpuissances" (1/2).

Daniel Ichbiah

Daniel Ichbiah

Daniel Ichbiah est écrivain et journaliste, spécialisé dans les jeux vidéo, les nouvelles technologiques, la musique et la production musicale.

Il est l'auteur de nombreux best-sellers tels que La Saga des jeux vidéos, Les 4 vies de Steve Jobs, Rock Vibrations, Le Livre de la Bonne Humeur, Bill Gates et la saga de Microsoft, etc. Daniel Ichbiah a aussi écrit Robots - Génèse d'un peuple artificiel

Parmi les biographies musicales écrites par l’auteur figurent celles du groupe Téléphone, de Michael Jackson, des Beatles, d’Elvis Presley, de Madonna (il a également publié Les chansons de Madonna), des Rolling Stones, etc. 

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Dans les faits, il s’avère que le pouvoir effectif de Google dépasse celui que détenait Microsoft aux alentours du changement de siècle. La société de Page et Brin dispose d’une arme terrible, presque impossible à supporter. Elle a la capacité de réduire à néant n’importe quel individu, n’importe quelle société, en la faisant disparaître de ses résultats de recherche.

C’est à partir de l’année 2002 que Google a commencé à user de cette arme terrifiante. Le géant de Mountain View a d’abord cherché à mettre au pas les sites Web qui tentaient d’influencer artificiellement le PageRank.

La société SearchKing plaçait des liens publicitaires sur divers sites Web populaires afin que ses clients puissent monter dans l’index de Google. Durant une année et demie, cette tactique a été payante. Et puis Google a trouvé à redire que l’on cherche ainsi à truquer des résultats. À partir du mois d’août 2002, les sites affiliés à SearchKing se sont écroulés dans les pages du moteur de recherche. SearchKing a intenté un procès en octobre, mais n’a pas obtenu gain de cause.

En août 2004, plusieurs services français de « référencement », coupables d’avoir, eux aussi, voulu influencer artificiellement les résultats de Google, se retrouvent exclus, purement et simplement. Sans avoir reçu le moindre avertissement préalable, ces services se retrouvent du jour au lendemain absents de l’outil le plus usité sur le Web.

La puissance de Google est telle qu’elle peut même intimider des entreprises de taille mondiale. Ainsi, en février 2006, le site de BMW a disparu de Google durant 48 heures, après que fut découvert que ce constructeur avait dupé l’algorithme PageRank.

Dans d’autres cas, il a pu sembler que la sanction de Google s’exerçait avant tout envers un concurrent, même s’il est difficile d’en apporter des preuves flagrantes. Au début de l’année 2004, des tractations avaient démarré entre le comparateur de prix Kelkoo et Yahoo! en vue d’un rachat éventuel. Presque immédiatement, le niveau de classement de Kelkoo a entamé une chute dans les résultats de Google.

Kinderstart, qui proposait un moteur de recherche destinée aux enfants, a vu son PageRank tomber à zéro durant l’année 2005, occasionnant une baisse de 70 % de son audience. La société a attaqué Google en justice mais a perdu son procès, la cour de San José (Californie) ayant estimé que Google avait le droit d’intervenir à volonté sur ce PageRank.

En 2004, la part de marché du moteur de recherche de Google n’était encore que de 56,4 %, mais elle était en constante progression. L’offre équivalente de Microsoft, MSN Search, se trouvait loin derrière, avec 9 % des utilisateurs, et ce, bien qu’il soit proposé par défaut dans les PC avec Windows. Si la tendance était à la hausse pour le premier, elle était en chute pour le second.

Sur le sol français, la progression de Google a semblé irrésistible, passant de 30,1 % en 2002 à 82 % à la fin de l’année 2005[1].

Ces centaines de millions d’usagers de par le monde sont devenus autant de sources de clics potentiels pour les adwords. En conséquence, dès la fin 2006, Google a passé le cap des 10 milliards de dollars de revenus.

Il y avait une vache à lait cachée dans Internet, et c’est Google qui l’a accaparée…



[1] Source : Xiti

 Extrait de "Les Nouvelles Superpuissances", Daniel Ichbiah, (First Editions), 2013, 17 euros. Pour acheter ce livre, cliquez ici.

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