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La loi de finances est-elle un budget ou un "tract électoral" ?
©Reuters / Pool New

Edito

La loi de finances est-elle un budget ou un "tract électoral" ?

Le projet de budget pour 2017 qui vient d’être présenté en porte la marque au point que Cécile Cornudet des Echos n’hésite pas à le qualifier de « tract électoral »l.

Michel Garibal

Michel Garibal

Michel Garibal , journaliste, a fait une grande partie de sa carrière à la radio, sur France Inter, et dans la presse écrite, aux Échos et au Figaro Magazine.

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On le constate chaque jour davantage : le quinquennat de François Hollande a en réalité duré quatre ans. Car le Président, même s’il continue de résider à l’Elysée est redevenu le chef d’un parti politique qu’il tente à grand peine de réunifier. Le projet de budget pour 2017 qui vient d’être présenté en porte la marque au point que Cécile Cornudet des Echos n’hésite pas à le qualifier de « tract électoral ». Il ne comporte aucune vision, aucun grand projet dont la réalisation pourrait se poursuivre au fil des ans. C’est un catalogue de dispositions souvent contradictoires justifiées uniquement par le souci de réaliser l’impossible synthèse entre ceux qui acceptent un virage social—libéral et les frondeurs qui  prônent le « à gauche toute ! »

Deux expressions caractérisent le prochain budget : renoncement et relâchement

. -Renoncement aux réformes de structures nécessaires, qu’ont accomplies tous nos voisins et qui accentuent le retard de la France sur ses partenaires. On en reste toujours aux coups de rabot, sans s’attaquer à l’essentiel. Le nombre de fonctionnaires aura augmenté de 30000 pendant le quinquennat , alors que la fonction publique emploie déjà davantage de monde que la moyenne européenne. L’Etat empruntera 185 milliards l’an prochain, pratiquement  la même somme que cette année, mais en bénéficiant de taux d’intérêt moins favorables car le loyer de l’argent – au plus bas – va commencer à remonter.

-Relâchement , parce que les objectifs de rigueur sont abandonnés. Ainsi  le plan d’économies de 50 milliards qui devait intervenir entre 2015 été 2017 est déjà ramené à 40 milliards en raison de dépenses nouvelles résultant des cadeaux fiscaux qui se succèdent depuis le début de l’année, tandis que la plupart des économies annoncées seront portées à la charge des collectivités locales et des régimes sociaux, avec les incertitudes que l’on devine  sur les résultats.

Mais le plus inquiétant réside dans les hypothèses retenues avec cet optimisme qui caractérise toujours François Hollande, à laquelle ne se plie pas généralement la réalité (cf. la fameuse courbe du chômage qui refuse de s’inverser). Ainsi, le budget prévoit une croissance de 1,5%, à laquelle personne ne croit, en particulier le Haut Conseil des Finances publiques qui vient de faire savoir que ce chiffre était improbable. Ce qui rend les prévisions de recettes peu crédibles avec le risque d’être surévaluées. De même le coup de frein aux dépenses publiques parait irréaliste .Il prévoit des économies pour l’Unedic et la sécurité sociale qui ont peu de chances d’être réalisées tandis que la mise en place du prélèvement à la source risque dans un premier temps de peser sur le montant des rentrées fiscales et d’aggraver le déficit.

Enfin l’aspect le plus sévère réside dans toutes les mesures dont l’impact sur les comptes publics se feront sentir surtout à partir de 2018. Une manière de créer un handicap à la droite si celle-ci revenait au pouvoir, en rendant pratiquement impossible ses projets de baisse des impôts. Mais ce comportement serait suicidaire aussi pour la gauche, à moins que celle-ci ne  se livre à un tel exercice parce qu’elle a acquis la conviction qu’elle ne serait plus au pouvoir à partir du printemps 2017.

 

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