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Jean Lassalle publie « La France authentique » aux éditions Glyphe.
Jean Lassalle publie « La France authentique » aux éditions Glyphe.
©THOMAS COEX / AFP

Bonnes feuilles

Jean Lassalle : « L’Etat providence a délaissé en partie les personnes en situation de handicap, les personnes âgées et les jeunes en situation précaire »

Jean Lassalle publie « La France authentique » aux éditions Glyphe. Jean Lassalle, candidat à l'élection présidentielle, s'attache à porter la parole des Français au coeur de nos institutions, à maintenir les services publics de proximité, à encourager les initiatives économiques locales et à rebâtir un État fort de sa devise : « Liberté, égalité, fraternité » et « laïcité ». Extrait 2/2.

Jean Lassalle

Jean Lassalle

Jean Lassalle est un homme politique français, né le 3 mai 1955 à Lourdios-Ichère (Pyrénées-Atlantiques). Il est élu député le 17 juin 2007, pour la XIIIe législature (2007-2012), dans la 4e circonscription des Pyrénées-Atlantiques. Il fait partie du Mouvement démocrate (MoDem) de Francois Bayrou Il préside depuis 2002 l'Association des Populations des Montagnes du Monde, réseau international de montagnards présent dans plus de 70 pays dans le monde. Il préside également l'Institution patrimoniale du Haut-Béarn qui a obtenu des investissements importants pour les bergers de montagne et la préservation de l'ours.
En juin 2003, pour être sûr de se faire entendre, il entonne l'hymne béarnais dans l'hémicycle pendant les questions au gouvernement pour obtenir le maintien d'une gendarmerie près du tunnel du Somport.
Le 7 mars 2006, il entame une grève de la faim pour empêcher une "délocalisation" au sein même du département des Pyrénées-Atlantiques d'une usine du groupe Toyal Europ, filiale du groupe mondial japonais Toyo Aluminium K.K, qui emploie 150 salariés dans la vallée d'Aspe située dans le département dont il est député. En 5 semaines il perd 21 kg et souffre de baisses de tension. Le 14 avril, il est hospitalisé d'urgence à l'hôpital Poincaré de Garches, ce qui provoque l'intervention du président de la république Jacques Chirac, du premier ministre Dominique de Villepin et du ministre de l'intérieur Nicolas Sarkozy. Ceux-ci parvenant à un accord avec la société Toyal Europ, le député cesse sa grève de la faim. Il participe ensuite activement à la campagne présidentielle de François Bayrou en 2007 . Il est élu député de MoDem aux législatives de 2007 à la suite d'une triangulaire .

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Il n’y a encore pas si longtemps, la France était une maison commune où toutes les générations se retrouvaient.

En vantant le jeunisme et la célérité, la mondialisation a laissé sur le bord de la route les populations les plus vulnérables. Curieusement, l’État providence a fléchi dans la foulée, délaissant en partie les personnes en situation de handicap, les personnes âgées et les jeunes en situation précaire. La valeur d’un être humain ne se mesure pourtant pas à l’aune de son potentiel économique ni de son pouvoir d’achat.

Conforter chaque citoyen dans sa dignité et sa grandeur, voilà l’âpre combat de mes jours et de mes nuits.

Arrêtons-nous un instant sur le cas de nos anciens. Lorsqu’elle cesse d’être active, la vieillesse n’est pas un naufrage ; c’est un autre continent.

Alors que l’espérance de vie a augmenté de vingt ans en trois générations, l’État doit prendre le quatrième âge en charge. Il doit accompagner cette rupture tragique de l’existence. Les aides à domicile étant trop coûteuses, nombre d’anciens sont placés en maison de retraite. Évitons qu’à l’approche de la fin, ils se sentent obligés de rompre toutes relations avec leurs enfants afin de ne pas être un poids pour eux. Une double peine. Parfois grabataires et séniles, nos aînés ne sont plus «productifs» aux yeux de l’économie de marché, pourtant leur richesse est immense. Ils sont les témoins, la mémoire vive de notre société. Nous ne pourrons pas bâtir l’avenir sans eux.

Sur les 10 500 maisons de retraite présentes sur le territoire français, 53% appartiennent à l’État, 29% à des associations (j’ai longtemps dirigé l’une d’elles) et 18 % à des entreprises commerciales. L’État doit, d’une manière ou d’une autre, encadrer les pratiques des établissements privés, afin qu’ils ne mégotent jamais sur les portions de carottes râpées ou le nombre de protections pour personnes incontinentes. Cela s’est vu!

Par ailleurs, beaucoup d’emplois restent à créer: aides-soignantes, personnel animant des ateliers adaptés au grand âge (peinture, théâtre, musique…). Je suis persuadé que ces évasions ouvrent la voie à une fin plus sereine. L’État devrait également encourager le bénévolat, cet état d’esprit selon lequel une action est rétribuée de manière symbolique. Donner de son temps sans être rémunéré est un trésor qui comble autant celui qui offre que celui qui reçoit.

Si la République doit veiller sur les plus fragiles, et notamment le 4e âge, elle pourrait adopter une démarche un peu plus proactive à l’égard du 3e âge. C’est la « silver économie », ou économie des seniors.

Selon la DREES, 3e et 4e âge représentaient, fin 2019, 17,8 millions de personnes, soit 27% de la population française. Économiquement, c’est plus de 13% du PIB, sans compter les 10% qu’ils rétrocèdent à leurs descendants chaque année. Socialement enfin, 48% des associations françaises (1,4 million) sont tenues par des retraités. En outre, ce sont encore bien souvent des retraités qui assurent le fonctionnement quotidien des plus petites communes. Sans oublier leur rôle d’aidants…

Ainsi les jeunes retraités en pleine possession de leurs moyens ont encore un rôle à jouer. Il arrive que leur inactivité les plonge dans un certain désarroi, un sentiment d’inutilité. Ils se sentent dépréciés, en un mot ils s’ennuient. Offrons-leur de retrouver leur estime et la place qui leur revient dans la société. Mettons leur disponibilité en face de besoins concrets demeurés sans réponse. Nos anciens pourraient aider la jeunesse, soit en la formant, soit en la soulageant dans sa tâche (en gardant par exemple les enfants).

Des incitations en ce sens, valables également pour les chômeurs, devraient permettre à la collectivité de renforcer les liens intergénérationnels.

Une France réunie d’un bout à l’autre de la vie.

MES PROPOSITIONS

LE HANDICAP

• Définir une politique des handicaps, y compris non visibles.

• Restructurer les Maisons départementales de personnes handicapées pour réduire les délais de prise en charge.

• Supprimer les seuils d’âge de la prestation de compensation du handicap.

• Déconjugaliser l’allocation aux adultes handicapés, c’est-à-dire quel que soit le revenu du conjoint.

• Former et revaloriser les accompagnants d’élèves en situation de handicap. Les AESH doivent recevoir une formation adaptée au regard des nombreux handicaps qu’ils peuvent rencontrer. Généraliser les temps plein à 24 heures avec un salaire net à 1700 euros.

• Revaloriser le statut et le salaire des aidants qui s’occupent de personnes en situation de handicap.

• Adapter les logements, centres de loisirs et équipements urbains aux personnes à mobilité réduite.

LA JEUNESSE

• RSA jeunes : étendre le dispositif actuel aux jeunes sur critères de revenus et/ou sous condi[1]tion de formation. Il ne concerne aujourd’hui que les jeunes parents d’enfants et ceux qui peuvent justifier d’heures de travail.

• Accorder aux étudiants un prêt de 20000 euros à taux zéro, garanti par l’État.

• Mettre en place un suivi psychologique et une insertion des élèves victimes de harcèlement. Les professeurs et les parents d’élèves sont souvent impuissants face à ce phénomène qui sévit de plus en plus par manque de moyens ou d’aide de la hiérarchie.

• Encourager les temps d’activités périscolaires. Rythme scolaire qui servira à l’apprentissage du sport, de l’art, de la littérature, de la culture. Pour la découverte de nouvelles passions ou vocations.

• Étendre la gratuité des transports publics ou la création de tarifs préférentiels pour les jeunes.

• Pour le logement étudiant: développer les logements intergénérationnels, facteurs de cohésion sociale entre les personnes âgées, souvent isolées (un phénomène accentué avec le covid-19). Les étudiants peuvent par exemple effectuer quelques heures dans ces logements auprès des personnes âgées en échange de loyers préférentiels. Ce système a été mis en place avec succès dans des résidences à Toulouse.

LE QUATRIEME AGE

• Reconnaître aux 17,8 millions de retraités la qualité et le statut de troisième partenaire social officiel, en leur donnant à parité avec les deux autres partenaires (syndicats de salariés et organisations professionnelles d’employeurs) l’accès au Conseil Économique Social et Environnemental, au Conseil d’Orientation des Retraites, au Comité de Suivi des Retraites, à toutes les caisses qui les concernent sans exception (qu’elles soient de base comme les Caisses Nationales d’Assurance-Vieillesse ou d’Assurance-Maladie ou complémentaires, privées ou publiques), y compris la future Caisse Nationale de Retraite Universelle, qui en l’état usurpe double[1]ment et honteusement son appellation puisque, sans les 18 millions de retraités, elle ne peut bien évidemment se prétendre ni nationale ni universelle.

• Garantir par la Constitution et au titre de la solidarité intergénérationnelle, le maintien absolu du pouvoir d’achat des retraités face à l’inflation. Il s’agit notamment, en le gravant dans le marbre de la Constitution, d’interdire toute discrimination fiscale ou sociale (exemple la dernière majoration de CSG), dont le poids effectif et définitif pèserait uniquement sur les retraités.

• Revaloriser le statut et le salaire des aides à domicile qui s’occupent de personnes en situation de dépendance.

A lire aussi : Jean-Lassalle : « Le renouveau de l’agriculture et de la ruralité pourrait prendre la forme d’un authentique projet de société » 

Extrait du livre de Jean Lassalle, « La France authentique », publié aux éditions Glyphe

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