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"Immigration, idéologie et souci de la vérité" de Michèle Tribalat : une démonstration technique des erreurs des démographes "bien-pensants"
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"Immigration, idéologie et souci de la vérité" de Michèle Tribalat : une démonstration technique des erreurs des démographes "bien-pensants"

Une dénonciation courageuse -quoique nécessairement un peu technique- des données chiffrées de l’immigration

Jean-Pierre Tirouflet pour Culture-Tops

Jean-Pierre Tirouflet pour Culture-Tops

Jean-Pierre Tirouflet est chroniqueur pour Culture-Tops.

Culture-Tops est un site de chroniques couvrant l'ensemble de l'activité culturelle (théâtre, One Man Shows, opéras, ballets, spectacles divers, cinéma, expos, livres, etc.).

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THÈME

Au moins depuis Lyssenko, le zélé biologiste de Staline, on sait que science et idéologie ne font pas bon ménage. Pourtant, il semble qu’au sein de l’Institut d’études démographiques, une coterie prenne, pour des raisons purement idéologiques, des libertés avec la vérité scientifique dans l’étude des migrations. C’est en tout cas ce que dénonce madame Tribalat dans un ouvrage d’humeur dans lequel elle s’en prend notamment à l’éthique scientifique de François Héran qui fut directeur de l’Ined (Institut national d’études démographiques)  pendant 10 ans.

Or le sujet est d’importance, pas seulement dans le cadre de la campagne présidentielle, mais parce que la taille des migrations et les politiques éventuellement mises en place pour les réguler détermineront la physionomie de la France dans les décennies qui viennent. Sur ce sujet on voit bien le rôle du biais idéologique ; très schématiquement : à droite, on régule les flux migratoires dans la crainte d’un “grand remplacement“ ; à gauche, on laisse faire dans l’espérance d’une société multiculturelle.

POINTS FORTS

Ce que nous dit Michèle Tribalat, c’est que dans ce combat de communication, les chiffres sont d’importance capitale, non seulement parce qu’ils contribuent à l’édification de l’opinion, mais aussi parce qu’ils influencent la décision politique. Aussi sa démonstration, très technique, des errements de ses collègues démographes “bien pensants“ est-elle un sujet d’étonnement pour le lecteur non averti, mais confiant dans la conscience professionnelle et l’éthique de ces spécialistes : études tronquées, manipulation des chiffres, choix de périodes de référence inappropriées, approximations hasardeuses, mensonges purs et simples… tout semble bon pour que les données prétendument scientifiques cadrent avec l’idéologie.

L’ouvrage rétablit la vérité des chiffres et pèse les scénarios d’évolution de la population française en fonction des hypothèses plausibles d’immigration.

Enfin, Michèle Tribalat illustre, par le cas de l’ouvrage de Stephen Smith, Ruée Vers L’Europe (Grasset 2018), voué aux gémonies par François Héran et sa coterie, l’articulation entre les démographes bien pensants et les organes de presse qui se veulent dans le “camp du Bien“, Le Monde, Libération, l’Obs… pour fabriquer l’opinion. Tout dissident est accablé de mépris et privé de tribune.

QUELQUES RÉSERVEs

L’approche de la démographie n’est point triviale. Madame Tribalat entraîne son lecteur dans les arcanes des calculs statistiques et des concepts de base de cette science dont il n’est pas nécessairement familier. Même si c’est indispensable à la démonstration centrale de l’ouvrage, c’est parfois un peu pesant.

ENCORE UN MOT...

Dans un domaine aussi sensible que l’immigration, dénoncer publiquement les magouilles et les approximations de ceux qui, maîtres de l’information scientifique, sont censés être irréprochables sur le plan éthique, est un devoir périlleux dont il faut rendre grâce à Madame Tribalat. Même si la lecture n’en est pas toujours facile, la gravité du constat qu’elle établit mérite bien quelques efforts d’investissement intellectuel.

UNE PHRASE

« D’une certaine manière, la prégnance d’une idéologie pro-immigration dans la sphère savante produit un certain laxisme, voire une roublardise, dans l’analyse scientifique du phénomène migratoire en France, mais aussi une certaine fainéantise, un penchant pour l’à-peu-près. En effet, pourquoi dépenser beaucoup d’énergie à prouver ce qui relève de l ‘évidence idéologique ; les pairs n’y regarderont pas de trop près, car il ne faut pas « faire le jeu de… »  et les médias non plus, tout prêts qu’ils sont à gober le message pourvu qu’il ait la bonne tonalité. » P. 103

L'AUTEUR

Démographe depuis 40 ans, Michèle Tribalat est une spécialiste des migrations. Auteur de nombreux ouvrages dont Assimilation, la fin du modèle français, elle est en butte depuis des années à l’hostilité de certains de ses collègues qui tentent de disqualifier ses travaux ; elle polémique régulièrement avec le démographe Hervé Le Bras.

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