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©Evert Elzinga / ANP / AFP

Effet de mode

Il n'y pas que le janvier sans alcool, les fumeurs de cannabis ont aussi pris la résolution d'un début d'année sans "défonce". Mais s'y tiennent-ils ?

Selon une étude publiée par l’université américaine du NYU, la consommation de cannabis suit une saisonnalité. Elle connaît une baisse au début de l’année et augmente en été et à l’automne.

Atlantico : Selon une étude publiée par l’université américaine du NYU, la consommation de cannabis suit une saisonnalité. Elle connaît une baisse au début de l’année et augmente en été et à l’automne. Si l’on oublie cette dernière année particulière, est-ce le cas en France ? 

Pascal Vesproumis : Selon l’étude récente du Pr Joseph Palamar (Grossman schilling or medecine, New York University) menée de 2015 à 2019, la consommation du cannabis répond à une répartition saisonnière.

Les 282767 usagers interrogés (adolescents et adultes) décrivent une consommation annuelle de cannabis qui se majore au fil des mois. Cependant cet usage semble moins marqué en hiver chez les adolescents.

En conclusion,les auteurs de cette étude concluent que le début de l’année correspond à une période propice à un apport moindre en THC (tetrahydrocannabinol).

Quelques généralités...

La consommation de cannabis s’inscrit préférentiellement dans un contexte festif chez les jeunes usagers, répondant alors en priorité aux regroupements étudiants hebdomadaires et saisonniers (vacances, week-ends en période estivale,festivals etc...).

La culture en extérieur de cannabis fournit naturellement du produit au delà du mois de mars.

Le phénomène récemment constaté en Europe dont en France,avec la vente de cannabis frelaté (avec vaporisation de cannabinoïdes de synthèse sur le cannabis), répond probablement de la volonté des producteurs d’augmenter les ventes dans cette période, en renforcer la concentration en THC du cannabis.

Qu’est ce qui pourrait expliquer cette variation de la consommation ? Est-ce les résolutions de début d’année ? 

Le Dry january ou défi de janvier imprime effectivement une vraie volonté d’inviter le plus de consommateurs (dont nous pouvons faire partie ), à tester leur volonté et leur capacité à changer leurs habitudes par rapport à l’alcool. L’abstinence de 1 mois peut naturellement concerner toutes les substances qui accompagnent la prise d’alcool, avec le tabac et le cannabis. Ils s’agit avant tout de pouvoir devenir observateur de soi-même et des autres en dehors de l’influences des substances psychotropes qui altèrent généralement nos capacités d’analyse et de jugement.Cette politique de réduction des risques deviendra je l’espère pérenne et probablement étendue aux consommateurs de cannabis.

Ces données renforcent l’idée de promouvoir des campagnes de grande envergure sur des périodes qui précèdent et annoncent les grands rassemblements estivaux.il n’y a pas de mauvais moment pour agir,mais des périodes à privilégier par le nombres d’usagers alors concernés.

Il me semble effectivement intéressant de rappeler la tendance au renforcement des produits en THC.

Le rapport de l’OFDT (Tendance) qui s’intéresse à l’évolution des nouvelles consommations rapporte ce risque majeur.

Extrait de « Substances psychoactives, usagers et marchés », Tendances récentes (2019-2020), Tendances /OFDT (décembre 2020) de Clément Gerome-Michel Grandihon :

« Des teneurs en augmentation et des prix plutôt stables.

L’augmentation des teneurs contenues dans les principaux produits constitue une autre tendance révélatrice, en relation probable avec la dynamique croissante de l’offre. En effet, l’importance de la production, la force de la concurrence et l’absence de tensions, liées par exemple à des pénuries provoquées par l’intervention des forces de l’ordre, inciteraient les acteurs présents aux différentes strates du trafic à moins couper les produits, qui tendent donc à parvenir plus purs au consommateur final. Ainsi, en 2019, les teneurs moyennes de la cocaïne (60 %) et de l’héroïne (22 %) contenues dans les saisies inférieures à 10 grammes, sont parmi les plus élevées jamais enregistrées en France. Il en va de même, mais pour d’autres raisons, liées notamment à la place de plus en plus importante prise par les variétés hybrides, pour le cannabis avec des taux de THC dans la résine (28 %) et dans une moindre mesure dans l’herbe (12 %) qui se situent à des niveaux inégalés (voir graphique ci-contre) ».

En conclusion, devant tout signe clinique de mauvaise tolérance après consommation de cannabis (sueur,céphalées,angoisse,tachycardie, fatigue, hallucinations, troubles mnésiques ) il semble nécessaire de rester prudents et de surveiller la survenue rare mais décrite d’accidents cardiologiques.

La qualité du cannabis répond donc aux méthodes de ventes,prêtes à tout pour contrebalancer la baisse de consommation !

 

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