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François Hollande à San Francisco.
François Hollande à San Francisco.
©Reuters

Les entrepreneurs parlent aux Français

Et si la Start-up République voulue par François Hollande devenait une réalité ?

François Hollande a promu devant les géants de la Silicon Valley lors de son voyage officiel aux Etats-Unis le concept de "start-up République", inventé par l'Elysée pour décrire son ambition de faire de la France un pays propice à la création d'entreprises innovantes.

Patrick Levy-Waitz

Patrick Levy-Waitz

Patrick Levy-Waitz est président d’ITG, groupe de portage salarial et président de la Fondation IT.

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A l’occasion de son voyage officiel aux Etats-Unis, François Hollande a promu un concept destiné à redonner vigueur à notre croissance : lancer une Start-up République. L’objectif est d’orienter l’économie française vers l’innovation et d’offrir à l’entrepreneur, en particulier dans l’économie numérique, un écosystème - financier, fiscal, administratif - le plus accueillant possible.

Et si c’était un gouvernement de gauche qui installait une véritable politique entrepreneuriale en France ?

Le début du quinquennat fût tendu, il aura fallu du temps pour problématiser correctement les enjeux fiscaux, ou la remise en cause de statuts comme l’auto-entrepreneur, qui bien qu’utile contenait des arrière-pensées dé-régulatrices.

C’était sans compter sur la mobilisation d’entrepreneurs, corps intermédiaires d’un nouveau type : aussi attachés à la compétitivité que des patrons classiques, aussi attentifs au bien-être des salariés que des syndicalistes. Aura émergé des réseaux sociaux tout un bestiaire composé de poussins et de pigeons, tous légitimés par leur réussite à créer de l’activité et donc de l’emploi.

Et si grâce à leur positionnement les marqueurs du pays avaient évolué ? Et si la crispation initiale avait débouché sur une plus grande fluidité des relations entre politiques et entrepreneurs ?

C’est en tout cas à la suite de ces mouvements que le gouvernement a infléchi ses positions. La taxation outrancière des plus-values ? Abandonnée. La suppression de l’auto-entrepreneur ?  Le régime n’a pas été détruit mais reste incertain. François Hollande a lancé les Assises de l’Entrepreneuriat, le gouvernement a renforcé ses aides aux entreprises innovantes et a même mis un coup de canif au monopole bancaire en ouvrant les vannes du financement participatif.

Désormais lancée, cette nouvelle orientation pourrait replacer la France et ses nombreux atouts dans le numérique, dans le peloton de tête des nations innovantes et donc créatrices d’emploi…à condition que les actes suivent vraiment.

Une réalité française : pas de liberté sans une dose de sécurité

Si cette inflexion prend forme au sommet de l’Etat, elle ne pourra pourtant pas ignorer l’inclinaison naturelle de nos compatriotes à redouter la prise de risque. Cette donnée culturelle a récemment été confirmée par l’étude de CAA de janvier 2014 qui a placé la France comme l’un des pays les plus réticents au risque en Europe.

Cette inclinaison est d’ailleurs ressentie par les cadres qui considèrent qu’en matière d’emploi, la priorité est d’encourager ceux qui veulent développer une activité en diminuant leurs risques, selon l'étude d’ITG Entreprendre autrement sur les cadres.

Alors comment concilier cette crainte légitime et le besoin de souplesse inhérent à la nouvelle économie ?

Les start-up et leurs opportunités contiennent aussi beaucoup de risques, elles ont besoin pour s’adapter à leur croissance, pour consolider leur évolution, des compétences d’experts qu’elles n’ont pas encore les moyens d’employer à temps plein. Sécuriser la prise de risque des entrepreneurs et la croissance de ces entreprises innovantes, c’est aussi et surtout leur permettre de recourir de façon souple au travail par mission.

Le portage salarial : l’illustration d’un consensus productif

Et si finalement c’était ce gouvernement de gauche qui réussissait à lancer cette Start-up République sur la base d’un consensus national ? Ce fut le cas pour une nouvelle forme d’emploi en pleine expansion, le portage salarial. Dès juin 2013, le gouvernement a donné un signal pourtant passé inaperçu en faveur de cette formule. Michel Sapin a pris un arrêté ministériel pour sécuriser le recours au portage ; une deuxième étape importante après sa reconnaissance juridique par la loi de modernisation du marché du travail de 2008 portée par Xavier Bertrand…

Symbole de cette évolution, la reconnaissance du portage démontre que le gouvernement a intégré que le monde du travail évolue vers une diversification des trajectoires professionnelles. Les solutions pour l’emploi se trouvent aussi dans ces solutions hybrides qui offrent plus d’autonomie professionnelle mais également un filet de sécurité sociale qui permette aux salariés de se lancer.  

Pour tous ceux qui ne veulent pas créer leur entreprise tout de suite, légitimement craintifs des tracas administratifs et fiscaux, il existe d’autres formules pour conquérir leur autonomie tout en conservant  la sécurité du régime salarial. Pour beaucoup d’entrepreneurs, le portage salarial est donc devenu une étape utile pour lancer en toute sérénité son aventure entrepreneuriale. 

Tous les Français ne seront pas des Start-uppers, mais tous pourraient tirer profit de ce salutaire virage en explorant des nouvelles formes d’emplois. Les salariés pourraient envisager plus sereinement leur transition professionnelle en créant leur propre activité et les « vrais » entrepreneurs pourraient bénéficier d’un filet de sécurité qui leur permette de se lancer.

La rencontre de ces talents exerçant à l’extérieur de l’entreprise en portage et des start-ups pourrait pérenniser et sécuriser la croissance de ces dernières. Elle pourrait enfin et surtout moderniser notre façon de concevoir le travail grâce à ces nouvelles formes d’emploi. Un véritable développement durable au sens strict du terme de nos Start-ups.

Et si après tant de temps perdu, la Start-up République redonnait enfin espoir à une France crispée et à des millions de salariés inquiets de leur futur ?

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