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Quand la presse féminine donne naissance au culte de l'homme objet
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Hommes à croquer

Quand la presse féminine donne naissance au culte de l'homme objet

La presse magazine féminine incite-t-elle ses lectrices à consommer du mec comme on consomme un produit ? Aujourd'hui, hypersexualisation et hyperconsommation se téléscopent sur le papier glacé des magazines. Les hommes sont en passe de devenir des sextoys. La libido féminine serait-elle aujourd'hui enfermée dans des impératifs de consommation, et après que l'on eut, à raison, combattu contre la femme-objet, les corps ne seraient-ils pas en train de tous devenir des objets de consommation ? Partie (1/2).

Arthur Vivien

Arthur Vivien

Arthur Vivien est le fondateur et animateur du blog Homme Culture & Identité consacré à l'identité masculine et aux situations des garçons, des pères et des hommes dans la société. Arthur Vivien s'oppose par ailleurs à tous ceux, et toutes celles, qui veulent opposer la femme à l'homme par des actions militantes idéologisées.
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Je suis un homme de 40 ans. Depuis un an, je lis la presse féminine pour me faire une idée de ce que cette presse raconte aux femmes à propos des hommes. Les postures de la presse féminine sont-elles exemptes de sexisme et de clichés à l'égard des hommes ? Que dit cette presse à celles qui partagent nos vies ou qui y aspirent ? A une époque où les féministes veulent rompre avec les stéréotypes et les clichés, notamment avec leur théorie du genre, il serait temps qu'on se penche aussi sur les clichés déversés sur les hommes sans limite aucune. Voici à quoi était résumé l'homme début 2011dans la presse féminine. Âmes sensibles s'abstenir... (Par début 2011, il faut entendre avant l'affaire DSK parce qu'après, la presse féminine a changé de credo évidemment, tous les hommes ont ressemblé à DSK pendant plusieurs mois dans les colonnes de la presse. Ce sera le sujet d'un autre article).

L'homme, un nouveau joujou sexuel

Très souvent dans la presse féminine, l'homme est réduit à sa plus simple expression : son sexe. C'est bien connu l'homme se réduit à sa libido, il est un être animé, obnubilé par son sexe. En toute occasion la presse féminine le rappelle jusqu'à l'obsession névrotique. Dans les pages de la presse féminine, on parle de sexe comme on parle de mode, à savoir avec le ton de ce qui est prêt-à-consommer. Si parfois les femmes reprochent aux hommes de trop être centré sur leur sexe, et bien là, dans la presse féminine, on y va pas par quatre chemins, c'est comme comme un tout à l'égout, sauf que c'est un "tout-au-sexe".

Avons-nous d'autres choses à partager ensemble ? Les relations entre hommes et femmes peuvent-elles être empreintes d'autres valeurs que le sexe ? En fait, c'est comme si la presse féminine prenait les hommes pour des SexToys... Il est étrange qu'après des années de dénonciation de la femme objet, on en soit arrivé à l'homme objet réduit à son sexe de surplus. A force d'excès, n'est-on pas en train de façonner une génération de femmes qui finiront par penser que la relation à l'homme se réduit au sexe, faisant fi de la tendresse amoureuse par exemple.

A force de parler de sexe, l'homme n'est-il pas en train de devenir un SexToy pour de nombreuses jeunes-femmes ? Peut-on emmener ses lectrices n'importe où, jusqu'à "consommer-du-mec" en l'occurrence ? A force de caricaturer l'homme en le résumant à son sexe, les journalistes rendent-elles service à leurs lectrices ? Femmes voulez-vous partager des moments de vie avec un sextoy ou avec "un-homme-qui-vous-aime" ? La presse féminine offre aux femmes une vision consummériste de la vie, mode, shopping et hommes tombent dans le même moule et cela est bien navrant car à force de caricatures (ces hommes tous des obsédés), il arrive que l'on puisse s'y perdre. Ou pour le dire autrement, à force de caricatures et de raccourcis, on ne finit par voir que le versant sexuel des hommes, alors qu'ils ont aussi bien d'autres choses à partager avec vous, un coeur et de la tendresse par exemple.

Le règne de la Sexitude (comme aurait dit madame Royal)

Dans la presse féminine, les hommes, notamment les acteurs de cinéma, sont représentés sous l'angle de leur "sexitude". Il faut être sexy, appeler à l'instinct sexuel la horde de lectrices avides d'un prêt-à-consommer des plus pavloviens à force de tourner semaine après semaine les pages de leur mag fétiche (c'est rien que du papier glacé pourtant !). L'image de l'homme est enfermée dans des stéréotypes faciles qui ne nourrissent aucun idéal tangible sauf celui de la consommation. Quelle image les lectrices peuvent-elles avoir des hommes après avoir lu cette prose consummériste ?

En leur servant semaine après semaine les mêmes clichés éculés, on s'assure certes un lectorat fidèle enfermé dans des représentations journalistiques bien loin de l'homme next-door. Les hommes simples, honnêtes, courageux, droits ou sincères n'ont que peu de place dans ces magazines. Qu'importe le contenu, pourvu qu'on ait l'ivresse de ces stars masculines sur papier glacé, miroir fantasmatique d'un désir féminin conditionné : "tu trouves pas qu'il est sexy celui-là ?", "Ouais, il est trop, je le mangerais bien pour mon 4 heures !". A force de s'émoustiller entre filles devant Brad Pitt ou l'un de ses congénères, comme peut-on aborder la vie avec l'homme next-door ?

Au fond, cette presse, règne de la sexytude, sert peut-être de pis allez pour les femmes d'aujourd'hui enfermées dans le célibat (des millions de femmes en l'occurence) ou dans l'UCPA (Un-Coup-Par-An). Mais où est l'oeuf et où est la poule dans cette histoire ? Est-ce la société qui est à l'image de la presse ou la presse façonne-t-elle les réalités de nos vies ? Les journalistes se défendront en disant qu'elles ne font que relayer des tendances, les journalistes ne s'estiment pas responsables de grand chose en fait, même lorsqu'ellent accordent une pleine page à une pratique sexuelle qui concernent 0,00009% de l'humanité ou même lorsqu'elles inventent purement et simplement des pratiques (La vie sexuelle des magazines - Comment la presse manipule notre libido et celle des ados ? par Anne Steiger).

Alors à force de jouer avec les sexes, à force de voir le monde par le sexe et pour le sexe, la presse ne sert-elle pas que ses propres intérêts ? L'instinct sexuel est une part de notre vitalité, il est précieux, mais entre les mains de vendeurs de papier, ne devient-il pas un empêcheur de rencontres simples et sincères qui soient autre chose que du prêt à consommer ? Pour moi le choix est facile car il est évident que la sexytude est un faux-ami. Mais pour vous qu'en est-il ?

Ne manquez pas la suite de cet article dés dimanche.

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