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Dominique de Villepin à l’assaut des médias sociaux pour arracher ses 500 signatures

L'ancien Premier ministre a indiqué disposer de 460 signatures. Pour récupérer, les 40 signatures qui lui font défaut, il lance une campagne numérique pour inciter les élus locaux à le parrainer.

Anthony Hamelle

Anthony Hamelle

Anthony Hamelle est un communicant curieux.

Chargé de cours au Celsa (Université Paris IV Sorbonne), il s'intéresse aux sciences humaines et sociales (anthropologie, sociologie, droit, sciences politiques,... ).

Il est responsable de la communication numérique "Villepin 2012".

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Nous sommes à quelques jours de l'échéance du dépôt des 500 parrainages que tout candidat à l'élection présidentielle doit pouvoir réunir pour être autorisé à se présenter aux Français. C'est dans un pareil moment de cristallisation de l'opinion et des médias sur le petit et le grand mêlés, sur un simple rouage et un enjeu majeur, que nous devons nous rendre à l'évidence : il y a quelque chose de pourri dans notre démocratie.Le filtre des 500 parrainages, censé écarter tout candidat farfelu, loufoque ou anti-républicain de la campagne présidentielle, a été dévoyé.

Seuls les candidats des grands partis «établis» ou les petits candidats, parfois loufoques, toujours inoffensifs aux yeux des autres, sont à même de passer cet obstacle. Alors que, selon l'esprit de la loi, les candidats représentant des alternatives crédibles ne devraient pas être empêchés, ils deviennent pourtant les victimes collatérales de ce système. Il est souhaitable, sinon probable, que ce système des 500 parrainages sera remplacé avant l'élection présidentielle de 2017, peut-être par un système de parrainage citoyen, mais qu'importe à dire vrai ; il reste encore 4 jours pour déverrouiller l'élection présidentielle de 2012, et c'est l'horizon que certains d'entre nous se sont fixé, notamment ceux qui soutiennent Dominique de Villepin dans sa candidature.
Que faire en quelques jours ? Comment éveiller la conscience des 45.000 maires et autres élus locaux à ce déni de démocratie ? La question paraît démesurée, la réponse est pourtant simple : remplir tous les interstices de l'espace public qui permettent de sensibiliser les maires et d'obtenir leur parrainage. D'un côté, les moyens directs (largement utilisés) : porte-à-porte, appels téléphoniques, lettres ouvertes et courriers. De l'autre, les moyens indirects : tribunes dans la presse, déclarations sur les plateaux radio et télé. Ailleurs et entre tous il y a bien évidemment Internet. Nous nous sommes donc posés une question inédite dans le champ de la netcampagne française : comment utiliser Internet pour inciter les élus locaux à parrainer Dominique de Villepin puis pour recueillir les dits parrainages ?
Il faut tout d'abord réceptionner les flux spontanés. L'audience d'un site web de campagne dépend en grande partie de la visibilité du candidat dans les médias, télé en tête. De ce point de vue, compte tenu de la faible part d'antenne accordée à Dominique de Villepin par les principales chaînes de télévision, notre campagne n'est pas la mieux lotie. Néanmoins quelques dizaines de milliers de visiteurs se rendent chaque mois sur le site http://www.dominiquedevillepin.fr, et les maires ou autres élus locaux ne manquent pas à l'appel - nous avons récemment reçu un courriel d'un maire d'une commune de 77 habitants nous informant qu'il entendait parrainer Dominique de Villepin. Aussi mettons-nous en avant le récit que Dominique de Villepin fait de cette bataille des parrainages, au jour le jour, ainsi qu'une adresse de contact à la disposition des maires. Cette réception des flux spontanés, aussi nécessaire soit-elle, n'est évidemment pas suffisante.
Afin de dépasser un rôle purement expectatif, le dispositif Internet de Dominique de Villepin offre aux citoyens de prendre part à un moment de la campagne dont ils sont habituellement tenus éloignés, celui des parrainages. Pendant que les autres candidats sont déjà occupés, pour certains, à mener la campagne du second tour ou, pour d'autres, à se disputer les places d'honneur, nous ne grillons pas les étapes. Anticipant sur ce que sera peut-être le système en place dans cinq ans, nous proposons aux internautes de parrainer, symboliquement, la candidature de Dominique de Villepin au travers d'une e-pétition disponible sur le site de campagne et depuis une application mobile - cette dernière a pu être utilisée lors d'opérations militantes afin d'aller à la rencontre de toutes les catégories de Français y compris ceux, nombreux, qui ne visitent pas les sites de campagne des candidats.
Plus important encore, nous permettons aux internautes les plus engagés d'interpeller les maires présents sur Twitter via un outil de "tweet-parrainage" contenant des messages pré-écrits, de moins de 140 caractères, pouvant être modifiés et envoyés à une liste régulièrement mise à jour de quelques centaines d'élus locaux présents dans cet espace. Certains de ces élus s'interrogent sur le bien-fondé d'une telle démarche, sur la capacité que nous donnons à de nombreux citoyens d'ainsi les interpeller. Il me paraît important d'expliquer en quoi Twitter constitue l'espace public en ligne le plus propice et le plus naturel pour cet exercice - à côté des nombreux autres espaces, plus confinés voire extimes, où le débat politique a lieu de manière moins structurée, comme sur les forums par exemple. Pour cela il faut se représenter Twitter, dans le champ politique, comme l'incarnation numérique du fameux "Speaker's Corner" britannique où chaque individu ayant une prétention à la parole publique peut disposer d'un promontoire dans un parc public et déclamer face à une audience qui s'étoffera - ou non - en fonction de la qualité et de l'intérêt de son propos. Twitter n'est guère différent, chacun y bénéficiant en toute égalité, au départ, d'un promontoire de même envergure.

La capacité à attirer des abonnés se fondera sur son statut préalable (femme ou homme politique de renom, journaliste, chercheur, etc.) ou sur sa capacité à tenir un propos de qualité, ce qui sur Twitter passe le plus souvent par l'humour et l'ironie, l'information exclusive ou la sélection d'informations thématiques utiles (rôle de "curation"). Une fois monté sur son promontoire, un déclamateur ne saurait donc refuser de se voir interpeller par une foule qu'il a volontairement recherchée pour être écouté, surtout lorsque cette foule s'est d'abord réunie à raison du statut préalable d'élu national ou local du propriétaire d'un compte Twitter. Les élus qui comprennent le rôle de Twitter dans le débat politique et acceptent de répondre à une interpellation répétitive et collégiale honorent ainsi pleinement leur charge. Pour ce qui concerne la démarche de "tweet-parrainage" mise en place pour Dominique de Villepin, on relève que près de 10% des élus que nous proposons d'interpeller ont déjà réagi aux tweets qui leur étaient adressés, contribuant ainsi à renforcer la place de cette question dans le débat et à créer quelques opportunités supplémentaires de collecte de parrainages.
Un dispositif Internet permet une adaptation rapide à chaque étape de la campagne, ce que nous faisons en le tournant tout entier vers les parrainages pour quelques jours encore, recueillant, encourageant et remerciant un engouement républicain en faveur de la candidature de Dominique de Villepin. Dès le 16 mars au soir ce dispositif sera pleinement au service de son projet de devoir…

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