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Secrétaire d'État : un métier 
qui ne sert (parfois) à rien
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Théodule

Secrétaire d'État : un métier qui ne sert (parfois) à rien

David Douillet a quitté son secrétariat d'État aux Français de l'étranger ce mardi. S'agissait-il d'un simple sas vers le poste de ministre des Sports qu'il va désormais occuper ?

 Authueil

Authueil

Authueil est un célèbre blogueur.

Soutier dans un grand paquebot de la république, il fréquente régulièrement les couloirs de l'Assemblée Nationale.

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David Douillet vient de quitter son strapontin du quai d'Orsay pour rejoindre un vrai ministère (même s'il est de seconde zone), celui des Sports. Il n'aura pas été bien longtemps secrétaire d'État aux Français de l'Étranger, au point qu'on peut se demander à quoi a servi ce poste, sinon comme sas pour attendre que le poste initialement visé, celui des sports, se libère.

Souvent, les secrétariats d'État sont surtout destinés à faire de la communication, avec des intitulés parfois très démagogiques. On se souvient de Pierre Bedier, secrétaire d'État aux programmes immobiliers de la justice ou de Laurent Hénart, secrétaire d'État à l'insertion professionnelle des jeunes entre 2004 et 2005. Cela rappelait le ministre socialiste du temps libre de 1981.

En fait, le titre d'un secrétaire d'État ne veut rien dire, puisque le vrai patron, c'est le ministre, et que le secrétaire d'État traite les dossiers que le ministre lui confie. Cela peut se transformer en placard, comme pour Jean-Marie Bockel, qui a terminé comme secrétaire d'État à rien auprès d'une Michèle Alliot Marie qui ne lui confiait aucun dossier et lui déléguait juste les corvées de représentation. David Douillet était surtout un secrétaire d'État aux Affaires étrangères qui s'occupait vaguement de ce qui se passait à la direction des Français de l'Étranger, ou le directeur avait bien plus de pouvoir que lui.

Pour autant, il ne faudrait pas jeter le bébé avec l'eau du bain. Secrétaire d'État, c'est d'abord une voie d'entrée et de formation pour les fonctions ministérielles. Beaucoup de ministres, parfois les plus importants, ont commencé leur carrière comme secrétaire d'État. Cela permet d'apprendre le métier, car ministre, c'est un vrai métier. On voit d'ailleurs que les ministres « issus de la société civile » font rarement de bons ministres et sortent de leurs fonctions amers et lessivés, quand ils n'ont pas été broyés par leur administration et les dossiers qu'ils ont été incapables de gérer.

Le secrétaire d'État peut aussi être bien pratique pour décharger un ministre de certains aspects chronophages. Il y a toujours eu des secrétaires d'État au ministère des Affaires étrangères car les obligations de représentation y sont très lourdes, avec beaucoup de voyages à l'étranger. Dans ces cas là, le secrétaire d'État est surtout un vice-ministre, allant accueillir un chef d'État étranger à l'aéroport, faire la conclusion d'un colloque d'un groupe de pression que l'on se doit de caresser dans le sens du poil. David Douillet, quand il était secrétaire d'État, a pris sa part de ces tâches ingrates. C'est lui qui est allé accueillir récemment le président rwandais à l'aéroport lors de sa visite à Paris. Tout cela, seule une personnalité de rang ministériel peut le faire, car seuls les politiques peuvent assumer les fonctions de représentation.

Un secrétaire d'État peut donc être utile, à condition d'être bien intégré dans l'équipe ministérielle et d'avoir une véritable « fiche de poste », avec des attributions bien précises (même si elles ne sont pas officielles), sur lesquelles il a un peu de pouvoir. Si c'est juste pour un poste parking en attendant mieux ou une voix de garage avant d'être viré, ça ne sert pas à grand chose. Mais s'ils ne font pas trop de bêtises, ce n'est pas trop grave.

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