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Fini de flirter

Mélenchon/PCF/Verts : le PS rappelle qui est le patron

Le Parti de gauche s'est plaint de ne pas avoir été convié à une réunion entre le Parti socialiste, les Verts et le Parti communiste qui s'est tenu ce dimanche. Les négociations portaient pourtant sur la meilleure façon de contrer le Front national dans les circonscriptions où il pourrait atteindre de bons scores. Une réunion qui sonne l'heure de la reprise de contrôle pour le Parti socialiste.

Atlantico : Le Parti communiste, les Verts et le Parti socialiste se sont réunis ce dimanche afin de définir les circonscriptions dans lesquelles il était possible de contrer le Front national aussi fort soit-il. Le Parti de gauche n’a pas été convié aux négociations et s’en ai plaint dans un communiqué publié ce lundi. Peut-on en déduire que le Parti socialiste est en train de rallier ses troupes pour les législatives mais désire le faire sans la participation du Parti de gauche ?

Gérard Grunberg : Il faut bien comprendre que l’élection présidentielle et les élections législatives sont deux élections bien distinctes. Les communistes ont eu des résultats très faibles lors des dernières élections, en particulier en 2007. Après cela ils avaient besoin d’un candidat médiatique qui leur épargnerait des scores trop faibles et c’est cet objectif qu’une alliance avec Jean-Luc Mélenchon leur a permis de réussir. Le score final, de 11%, était plus faible que celui attendu mais reste mieux que les résultats précédents. Les législatives sont l’affaire du parti communiste car les sortants sont tous communistes. D’autre part le Parti de Gauche n’existe pas en tant que tel et ne représente pas beaucoup d’élus sur le terrain.

Il s’agit donc de rassembler les forces du Parti Socialiste, du Parti Communiste et d’Europe Ecologie Les Verts et de se mettre d’accord pour éventuellement pouvoir présenter une candidature unique là où il y aurait des chances de ne pas passer face à des candidats UMP et du Front National. D’ailleurs, dans ces cas précis, il pourrait peut-être y avoir des places à prendre pour des candidats du Front de Gauche non rattachés au Parti Communiste par exemple. Mais cela montre bien que le Front de Gauche, pour l’instant, n’est qu’une confédération et n’a pas encore réussi sa mutation en vrai parti avec un leader solide.

De son côté la machine communiste continue d’être responsable de sa politique surtout lorsqu’il s’agit des élections législatives qui restent, avec les élections locales, les seules où ils ont une vrai chance. Il faut garder des élus pour pouvoir former un groupe parlementaire dont le seuil est fixé à quinze députés.

N’y a-t-il pas un paradoxe du côté du Front de Gauche et surtout du côté de Jean-Luc Mélenchon qui prétendait ne pas vouloir briguer de postes à l’Assemblée et ne pas agir en son nom propre alors que finalement  le Parti de Gauche se plaint de cette réunion à trois ?

Le fait que Jean-Luc Mélenchon ait prétendu ne pas vouloir être candidat ne veut pas dire que le Front de Gauche ou encore le Parti de Gauche qui est le petit bastion mélenchonien de ce Front de Gauche ne veut pas avoir de députés, oui, ils le souhaitent.  Ici le parti communiste tente d’imposer son tempo au Front de Gauche

Le parti socialiste joue donc toute sa stratégie dans ces législatives autour d’une alliance avec le Parti Communiste ?

Comme toujours les communistes et les socialistes ont intérêt à s’entendre, et vont s’entendre sur des problèmes de désistements. Ils ont besoin d’une majorité à l’Assemblée Nationale pour éviter que François Hollande ne se retrouve pas coincé dans une configuration de cohabitation. Le partenaire habituel avec lequel le Parti Socialiste travaille depuis longtemps, avec lequel il a l’habitude de signer des accords électoraux, parce que plus discret et beaucoup moins tonitruant que Jean-Luc Mélenchon reste le Parti Communiste. Du côté du Parti Socialiste, c’est une façon de montrer aussi qu’il n’est pas le deus ex machina du Front de Gauche.

Les communistes n’ont pas du tout l’intention de donner tout le pouvoir au Front de Gauche. D’ailleurs le problème c’est de savoir ce que deviendra cette formation, sera-t-elle un vrai parti ou restera –t-elle une confédération avec un Parti Communiste fort puisqu’il représente près de 80%. On parle de cheval de Troie, ceci dit, le cheval de Troie n’est pas encore dans la cité. Les communistes ont voulu montrer qu’ils sont encore une force politique sur laquelle il faut compter.

Ensuite, il n’est pas certain que le parti socialiste soit convaincu par la candidature de Jean-Luc Mélenchon , et par la façon dont il mène sa politique.

Le Parti Socialiste a poussé des élus issus des Verts à se présenter dans des circonscriptions présidé par un de ses membres, n’y a-t-il pas un risque de créer une dissidence ?

Il faudra analyser cette situation au cas par cas. Le parti socialiste et les Verts vont tenter d’empêcher la dissidence évidemment. Voyez d’ailleurs comment le cas de Paris, avec Cécile Duflo a été résolu par un possible poste de ministre puis la récupération de son poste par un membre du parti Socialiste. Donc le tout sera de minimiser les candidatures sauvages socialistes, même s’il en aura certainement, afin de tenter de respecter le plus scrupuleusement possible l’accord passé avec les Verts alors même que cet accord pouvait paraître déraisonnable compte tenu des rapports de force.

Propos recueillis par Priscilla Romain 

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