Comment s'entendre avec les autres en fonction de leurs comportements | Atlantico.fr
Atlantico, c'est qui, c'est quoi ?
Newsletter
Décryptages
Pépites
Dossiers
Rendez-vous
Atlantico-Light
Vidéos
Podcasts
Social
Comment s'entendre avec les autres en fonction de leurs comportements
©ANATOLII STEPANOV / AFP

Bonnes feuilles

Comment s'entendre avec les autres en fonction de leurs comportements

Dans son ouvrage "Tous des idiots ?", paru aux éditions First, Thomas Erikson décrit une méthode révolutionnaire de classification des comportements en quatre profils –; les Rouges dominants et ambitieux, les Jaunes spontanés et optimistes, les Verts patients et amicaux, les Bleus méthodiques et précis –; et explique comment identifier et interagir avec chaque type. Extrait 2/2

Thomas Erikson

Thomas Erikson

Thomas Erikson est expert en communication et conférencier. Il travaille essentiellement avec des entreprises et des organisations souhaitant se développer du point de vue du leadership. Son ouvrage Tous des idiots ? a déjà conquis 1 million de lecteurs aux quatre coins du monde.

Voir la bio »

Pour faire bref, un groupe doit rassembler toutes les couleurs pour créer la meilleure dynamique possible. Dans l’idéal, chaque couleur y sera représentée à parts égales. Le Jaune propose une nouvelle idée, le Rouge prend la décision, le Vert la met en œuvre et le Bleu procède à une évaluation et vérifie que les résultats sont de qualité. Mais en réalité, on est généralement très loin de cette configuration rêvée. Il n’est pas rare que nous trouvions des Jaunes installés à des postes davantage destinés à des Rouges, ou, dans le pire des scénarios, parvenus à se hisser à la place d'un Bleu. Il existe de nombreux exemples de personnes portant la mauvaise casquette et cela s’explique en partie par le fait qu’ils ne possèdent pas les compétences requises pour mener à bien leur mission. En outre, tout est affaire de motivation. Les motivations, diverses d’une personne à l’autre, peuvent altérer le comportement de base dans des situations bien précises. Mais pour comprendre cette dimension, il faudrait réaliser toute une étude et ce n’est pas un sujet que je traite dans le présent ouvrage.

Dans ce cas, comment constituer votre équipe ? Jetez un œil au dessin ci-dessus. Il montre de manière limpide pourquoi certaines combinaisons sont plus adaptées que d’autres. Si vous êtes en phase de recrutement, cela pourrait être une bonne base de départ.

Comme vous pouvez le constater, différents assortiments de couleurs donnent de bons résultats. Encore une fois, il existe certaines exceptions, mais admettons que personne au sein du groupe n’ait connaissance de son schéma comportemental et manque donc d’une grande conscience de soi. Par exemple, il est généralement plus facile pour des individus de travailler ensemble s’ils évoluent au même rythme.

Les associations naturelles

En regardant le diagramme ci-dessus, nous pouvons constater que l’association Bleu-Vert pourrait fonctionner sans trop d’efforts de la part des deux parties. Ils se reconnaîtront assurément dans la capacité de l’autre à respirer calmement et à bien réfléchir avant d’agir. Puisque tous deux sont introvertis, chacun se sent en sécurité avec l’autre. Aucun n’ira construire des châteaux en Espagne et ils garderont tous deux les pieds bien sur terre. Ils ne stressent pas mais aiment aller au fond des choses. Ils peuvent certes avoir du mal à prendre des décisions, mais celles qu’ils prendront seront probablement mûrement réfléchies.

De même, Rouges et Jaunes travaillent ensemble en bonne intelligence, car ils sont tous deux impulsifs et vont de l’avant. Les deux sont puissants et extravertis et, dans la mesure où ils s’expriment facilement, ils n’ont aucun mal à trouver les bons mots. Ils privilégieront certes un axe différent dans la conversation, mais le dialogue demeurera fluide. Les deux se fixent des objectifs élevés et ont l’esprit vif. Une équipe de Jaunes et de Rouges imprimera un tempo rapide. Sachant tous deux ce qu’ils veulent, ils motiveront leur entourage pour accomplir des exploits. Les difficultés apparaissent quand un Rouge perçoit un Jaune comme trop bavard, puisqu’aucun des deux n’est auditeur dans l’âme, ils décrocheront quand cela les arrange.

Les associations complémentaires

Il est également souhaitable de considérer l’autre axe et ce que privilégient les différentes couleurs. Bleus et Rouges sont focalisés sur les problèmes. Les Rouges sont assurément plus intéressés par l’objectif à atteindre que par la façon d’y parvenir, tandis que pour les Bleus, c'est strictement l'inverse (mais au moins, ils parlent de la même chose). Ils se consacrent tous deux au travail et passent peu de temps à parler football ou décoration d’intérieur, sauf peut-être au moment du déjeuner. Ils se complètent très bien. Si nous comparons cela à une voiture, le Rouge sera l’accélérateur tandis que le Bleu sera le frein. Les deux sont nécessaires pour parvenir à rouler. L’astuce consiste à ne pas appuyer sur les deux pédales en même temps.

De même, il est assez logique de placer un Vert à côté d’un Jaune. Leur rythme de travail sera différent, mais tous deux considèreront l’autre avec une certaine curiosité. Ils estiment que les gens sont intéressants et importants. Si l’un d’eux aime se la couler douce, l’autre apprécie de s’amuser. Ils trouveront assurément un axe commun. Le Vert permettra au Jaune de prendre tout l’espace dont il a besoin. L’un parle, l’autre écoute. Cela pourrait bien fonctionner.

En outre, les Verts savent calmer les Jaunes légèrement hystériques qui ont parfois du mal à garder les pieds sur terre. Bien entendu, ils risquent de ne pas consacrer suffisamment de temps à exécuter leur tâche, mais ils passeront un excellent moment. Leur entourage risque également d’avoir le sentiment qu’ils n’obtiennent aucun ré sultat concret et ne font que s’amuser. Dans la mesure où les deux ont des difficultés à dire « non », mieux vaut éviter de leur confier trop d’argent.

Les associations difficiles

Il existe dans le même temps des combinaisons très compliquées. Ils ne seront pas pour autant incapables de travailler ensemble, mais vous devrez prendre certaines difficultés en compte. Une solution exsite si les deux parties élèvent considérablement leur conscience de soi.

Regardez le tableau de la page 211. La colonne de droite sous chaque couleur montre ce que la personne voit de bien et de positif dans son profil. La colonne de gauche montre que son contraire absolu pourrait le percevoir de manière moins favorable. Vous avez probablement déjà entendu parler d’une personne jugée extrêmement ennuyeuse, mais lorsque vous la rencontrez, vous découvrez un être très intéressant ayant plein de côtés passionnants. Qui a raison et qui a tort  ? Chacun a son point de vue sur la question. Le problème réside dans l’interaction entre chaque couleur et son parfait contraire. L’image positive exprime la façon dont chaque profil se voit. L’image négative illustre la façon dont la personne est perçue par les autres. Nous voyons les choses différemment.

DES PROBLÈMES CONCRETS SE POSENT DONC

Rassembler un Rouge et un Vert pour exécuter une tâche relèverait du défi. Si la tâche requiert une coopération efficace, des problèmes risquent de surgir rapidement. Au début, le Vert est très passif, notamment par rapport au Rouge, qui est déjà en mouvement avant même d'avoir écouté les instructions. Si le Vert estime qu’il est pénible de jouer son rôle, le Rouge a déjà démarré en en faisant tout un foin.

Le Rouge tolérera mal les plaintes permanentes du Vert concernant sa charge de travail. Dans le même temps, le Vert considérera le Rouge comme un tyran agressif qui n’écoute jamais rien. Néanmoins, dans des circonstances favorables, cela peut fonctionner. En général, un Vert est bien entendu prêt à coopérer. C’est sa force. Il s’entend bien avec la plupart de ses semblables, car il ne se met pas en avant inutilement. Il est en fait assez logique d’associer un Rouge et un Vert. Un Rouge aime donner des ordres et un Vert consent généralement à en recevoir. En nous basant sur les théories de Marston (voir page 244), nous prenons cependant conscience de la grande difficulté de demander à un Jaune et à un Bleu de collaborer. S’il n’y a aucun signe de conscience de soi, une grande tension naîtra dès le départ. Le Jaune se plongera immédiatement dans la tâche exécutée sans avoir la moindre idée de ce qu’il faut faire ou de la manière de procéder. Il lira bien les instructions, mais il n’écoutera pas ce qui est dit sur la nature de la tâche. Il s’épanchera sur l'aspect passionnant de la mission dont ils ont hérité. Pendant ce temps-là, le Bleu commencera à lire et à rechercher les contenus éventuellement disponibles, tout cela sans dire un mot. Il réfléchit en demeurant plus ou moins immobile.

Le Jaune le considérera comme l’être le plus ennuyeux qui lui ait été donné de rencontrer. Le Bleu, en revanche, ne sera perturbé que par le caquetage permanent du Jaune. Il se mettra à bouillir intérieurement à cause de l’incessant brouhaha. Il est persuadé que le Jaune est un moulin à paroles qui manque de sérieux et ne mérite pas qu’on lui prête la moindre attention. Et lorsque le Jaune prend finalement conscience qu’il ne s’est pas mis le Bleu dans la poche, il remue encore plus ciel et terre. Dans le pire des scénarios, il essaiera de charmer le Bleu, ce qui débouchera sur une fin de non-recevoir. Ils prendront place chacun dans leur coin, la mine déconfite, et pour des raisons complètement différentes.

La solution, mon ami, c’est la conscience de soi.

Extrait du livre de Thomas Erikson, "Tous des idiots ?", paru aux éditions First. 

Lien direct vers la boutique Amazon : ICI

En raison de débordements, nous avons fait le choix de suspendre les commentaires des articles d'Atlantico.fr.

Mais n'hésitez pas à partager cet article avec vos proches par mail, messagerie, SMS ou sur les réseaux sociaux afin de continuer le débat !