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Clément Weill-Raynal : l'auteur de la vidéo du Mur des cons assume et dit avoir fait son travail de journaliste
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Interview

Clément Weill-Raynal : l'auteur de la vidéo du Mur des cons assume et dit avoir fait son travail de journaliste

Alors que depuis quelques jours, l'affaire fait grand bruit. journaliste judiciaire chez France 3, confirme qu'il est bien l'auteur de la vidéo du "Mur des cons" et explique ses motivations.

Atlantico : Le SNJ-CGT vous accuse d'être l'auteur de la vidéo du "Mur des cons". Vous confirmez ?

Clément Weill-Raynal : J'assume parfaitement être l'auteur de cette vidéo et j'en suis fier. 

Dans quels circonstances l'avez-vous tournée et pourquoi ?

Je n'ai pas commis un acte anti-déontologique. Je n'ai fait que mon travail. Je suis tombé sur le "Mur des cons" le 3 avril dernier alors que je réalisais une interview de la présidente du Syndicat de la magistrature, Françoise Martres. Ce qui au départ a attiré mon attention, c'est qu'elle ne voulait pas que l'on tourne dans cette pièce. J'ai insisté pour des raisons de luminosité avant de remarquer le "Mur des cons". J'ai agi spontanément, le déclic a été rapide. J'ai senti qu'il fallait révéler ces images au public. Mais je n'imaginais pas alors les répercussions...

Pourquoi ne pas avoir proposé vos images à France 3 ?

Tout cela m'a échappé. Au début, je me demandais ce que ces images valaient vraiment. Je ne pensais pas forcément qu'elles pouvaient avoir un tel retentissement. C'est pourquoi, je les ai montrées à un magistrat. Celui-ci m'en a demandé une copie. J'ai appris ensuit qu'il les avait transmises à Atlantico. Finalement, je suis heureux d'avoir révélé une pratique scandaleuse au public. Je n'ai fait que remplir mon devoir d'information.

Comprenez-vous la réaction du Syndicat des journalistes-CGT qui a demandé votre traduction devant le conseil de discipline de France 3 ?

Je connais leurs pratiques et leur sectarisme, mais je suis tout de même sidéré. Il m'accuse de manquement déontologique alors que je n'ai fait que mon travail. J'interprète cela comme la défense d'un journalisme servile. En outre, ils se montrent incohérents dans leurs accusations puisqu'ils me reprochent à la fois d'avoir volé les images et de ne pas les avoir communiquées à ma chaîne. Si on suit leur logique, France 3 se serait alors rendu coupable de recel. En réalité, il s'agit d'un prétexte pour demander ma tête. La CGT veut me punir d'avoir dénoncé un syndicat proche de leurs orientations.

Craignez-vous pour votre poste ?

Si je devais être sanctionné, je le prendrais pour une grande injustice et je l’interpréterais comme une sanction politique. D'autant plus que la CGT applique le deux poids deux mesures. En juin 2008, lorsque des journalistes de France 3 avaient volé et diffusé des images du off de Nicolas Sarkozy appartenant à la chaîne, le SNJ-CGT avait pris leur défense. Ils avait demandé officiellement à la chaîne qu'"on ne touche pas à un cheveu de ces journalistes".  Lorsqu'il y a un véritable vol, la CGT couvre les personnes suspectées et lorsque je filme une vidéo personnelle révélant un scandale public, elle veut m'abattre.

Propos recueillis par Alexandre Devecchio

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