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Philippe Ulrich : "Je retrouve avec Angry Birds le plaisir que j’ai pu prendre avec un jeu comme Tetris".
Philippe Ulrich : "Je retrouve avec Angry Birds le plaisir que j’ai pu prendre avec un jeu comme Tetris".
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De drôles d'oiseaux

"Angry Birds Space" : le nouvel opus du jeu vidéo le plus addictif au monde

Le développeur finlandais Rovio sort ce jeudi une nouvelle version de son jeu phare Angry Birds. Les oiseaux en colère évolueront maintenant dans l’espace et seront désormais propulsés en apesanteur. N'y a-t-il pas un risque de lasser les utilisateurs ?

Philippe Ulrich

Philippe Ulrich

Philippe Ulrich est l'un des personnages historiques du jeu vidéo en France.

Il a participé notamment à la création des sociétés de développement de jeux vidéo Ere Informatique et Cryo Interactive. On lui doit ainsi des jeux tels que Crafton & Xunk, L'Arche du Capitain Blood ou Dune.

Désormais reconverti dans la musique, il fut notamment le producteur du disque Chambre avec vue d'Henri Salvador.

Voir la bio »

Atlantico : Le développeur Rovio sort ce jeudi une nouvelle version de son jeu Angry Birds. Comment expliquez-vous le succès du « jeu le plus téléchargé de l'histoire » ?

Philippe Ulrich : C’est un tout. D’abord, il y a le « gameplay » : il n’y a pas beaucoup d’interfaces aussi simples et efficaces que celle d’Angry Birds. Ensuite, le rythme est agréable, il n’y a pas besoin d’avoir de reflexes particuliers, il suffit de bien savoir viser.

Ensuite, toute une histoire est racontée à chaque tir. On voit son projectile partir trop loin, trop haut, trop bas, et il y a cet équilibre instable des choses qui commencent à bouger, à tomber etc. Sans compter ces pauvres cochons qui attendent leur sort sans bouger…

Il y a un coté « fun » et attractif à coté duquel  il est difficile de passer, que l’on soit jeune ou vieux. De plus, cela comble un temps de loisirs assez court qui se répète souvent dans la journée, parfaitement compatible avec les plateformes que sont les téléphones portables ou Facebook.

Un jeu universel pour tous les types d’utilisateurs ?

Les jeux avec un test de collision assez rapide, et avec des tirs, sont habituellement pour les garçons. Lorsqu’on échange des carottes et des poireaux, c’est pour les dames un petit peu plus âgées. Les jeux où on réfléchit, avec des diamants et des étoiles, c’est surtout pour les petites filles…

Ce qui est génial avec Angry Birds c’est que cela satisfait tout le monde. Il y a de la collision mais pas trop, on est pas obligé de réagir à l’instant présent.  

Quel regard portez-vous sur les parodies du jeu qui pullulent sur Internet ?

Le sommet de la réussite est d’être parodié. Il est formidable d’atteindre ce stade pour un jeu vidéo. D’autre part, il est intéressant de remarquer qu’Angry Birds est aussi, à l’origine, une parodie des autres jeux vidéo. Il parodie manifestement les jeux vidéo classiques où l’on se prend relativement au sérieux, où des vaisseaux « ennemis » sont canardés avec des armes très sophistiqués…

Ici, on a un lance-pierre géant dans un jardin et les ennemis sont des cochons. Il y a un coté pince-sans-rire. C’est totalement dans la veine des jeux « casual » qui parlent à tout le monde et qui font venir des tas de gens qui n’étaient pas dans le jeu vidéo. Cela devrait réconcilier ceux qui mettent en avant la violence des jeux vidéo avec notre industrie.

A quel jeu historique pourriez-vous comparer aujourd’hui Angry Birds ?

Je retrouve avec Angry Birds le plaisir que j’ai pu prendre avec un jeu comme Tetris. J’ai eu un plaisir énorme à jouer à ce jeu, à regarder sa carrière s’amorcer et à le voir gagner tous les esprits sur la planète. Je me demandais si l’on retrouverait un jour le même type de sentiments avec un autre jeu. Je retrouve aujourd’hui le même plaisir de voir exploser Angry Birds à un tel niveau.

Les développeurs sortent une nouvelle version du jeu plusieurs fois par an (Pâques, Halloween, Noël, Hiver etc.). Que pensez-vous de cette stratégie ?

C’est une stratégie excellente. Souvent ces sociétés de jeux vidéo ne sont pas des multinationales. Le fait que les développeurs se creusent la cervelle pour développer, décliner le concept, et continuer à surfer sur la vague du succès est quelque chose de tout à fait logique.

A eux de trouver le juste milieu pour ne pas trop écœurer leurs fans et faire en sorte que le jeu continue d’être « fun ».

Le prochain opus du jeu se déroulera dans l’espace. Les oiseaux seront désormais propulsés en apesanteur. Une jouabilité trop complexe peut-elle dénaturer le jeu ?

Le jeu original suit les lois de la gravité, des règles de physique que tout le monde connait et accepte. Il est difficile de dire ce que donnera un jeu dans l’espace qui défie ces lois. Cela éveille tout de même ma curiosité, j’ai envie d’aller voir…

Je suis toujours un optimiste convaincu et j’aurais tendance à penser que c’est une bonne chose et que cela ne va pas dénaturer le jeu original.

De toute manière, le jeu original, je l’ai. Je pourrais toujours y revenir si la version « espace » ne me convient pas, si les sensations ne sont pas les mêmes.

Le développeur Rovio a collaboré avec la NASA pour mettre en place cette nouvelle version. Cela vous surprend-t-il ?

Si un petit génie de la physique à la NASA s’est passionné pour Angry Birds et leur a donné quelques conseils, je trouve cela génial.

A l’époque de  l’Arche du capitaine Blood, j’avais reçu des gens qui voulaient récupérer des algorithmes. Il s’est révélé que c’était des responsables de chez Matra et des militaires français qui voulaient faire un simulateur de lance-missiles…

              Propos recueillis par Jean-Benoît Raynaud

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