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La série "The Serpent" de Hans Herbots, Toby Finlay et Richard Warlow avec Tahar Rahim, Jenna Coleman, Anesh Edireweera, Billy Howles et Ellie Bamber est à retrouver sur Netflix.
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"The Serpent" de Hans Herbots, Toby Finlay et Richard Warlow : en plein dans les babas

La série "The Serpent" de Hans Herbots, Toby Finlay et Richard Warlow avec Tahar Rahim, Jenna Coleman, Anesh Edireweera, Billy Howles et Ellie Bamber est à retrouver sur Netflix.

Jean Ruhlmann

Jean Ruhlmann

Jean Ruhlmann est historien et maître de conférences en histoire contemporaine à l'université Lille III et à Sciences Po Paris. Il est également l'auteur de Ni bourgeois Ni prolétaires. La Défense des classes moyennes en France au XXe siècle (Seuil, 2001).

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"The Serpent" de Hans Herbots,Toby Finlay et Richard Warlow : en plein dans les babas

Mammoth Screen, diffusée sur Netflix en 8 épisodes (55 à 59 mn chaque)- Mini-série coproduite par la BBC
Avec Tahar Rahim, Jenna Coleman, Anesh Edireweera, Billy Howles, Ellie Bamber
 

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Thème

 • Dans l’Asie du Sud et du Sud-est au milieu des années 1970, un étrange personnage évolue dans le monde des routards occidentaux qui ne cessent d’affluer sur la route de Katmandou. Toujours prêt à leur rendre service et à les accueillir à l’hôtel Kanit House de Bangkok où il a élu domicile, ce touche-à-tout débrouillard et facilitateur fait dans la pierre précieuse. Du genre réservé, il est en couple avec la charmante Monique, ce qui ajoute une touche glamour et chaleureuse à une hospitalité apparemment désintéressée.

• Seulement l’énigmatique Alain est-il qui il prétend être ?  Après l’avoir rencontré, la québécoise Marie-Andrée Leclerc a abandonné son identité première, pour s’appeler Monique. Alain, qui dispose d’un solide réseau, est comme un poisson dans l’eau à Bangkok, jusqu’à ce qu’une expatriée française se répande auprès des autorités diplomatiques contre lui, l’accusant d’empoisonnement, de vol et même de meurtre. Au même moment, Herman Knippenberg, impétueux 3ème secrétaire à l’ambassade des Pays-bas en Thaïlande, veut tirer au clair la disparition de deux jeunes touristes hollandais sans histoire, du moins jusqu’à ce qu’ils croisent la route d’un certain Alain Gautier, négociant en pierres précieuses...

Points forts

• Par une série de flashbacks impeccablement agencés, la série rompt avec la linéarité de l’histoire et développe un rythme alerte, propre à réserver diverses surprises au spectateur. De la même manière, ce procédé permet de rentrer par touches successives dans la vie antérieure de l’énigmatique Alain et de comprendre certains ressorts de sa personnalité.

• Tahar Rahim, qui campe à merveille ce “serpent“, excelle à révéler les multiples facettes d’un tueur à sang froid, détrousseur de Hippies : impassibilité et goût de la dissimulation, patience reptilienne pour sélectionner et ferrer ses proies, indifférence à la souffrance d’autrui et absence totale d’empathie. Ajoutons à cela un sentiment d’impunité et la certitude de n’être en rien responsable du sort fatal qu’il réserve à ses victimes, mis sur le compte de la discrimination subie en raison de ses origines mêlées. Menteur et manipulateur pathologique, ce serpent-là n’est guère éloigné du tueur en série tel que le définit Douglas dans Le Tueur en face de moi (voir chroniques Mindhunter saisons 1 et 2).

• Autour de ce prédateur en chef évoluent des personnages qui cultivent tous à divers titres une complexité les rendant intéressants et humains. C’est notamment le cas de Marie-Andrée, alias Monique, très ambivalente vis-à-vis de son redoutable amant, lequel s’y entend à merveille pour exploiter ses multiples failles. Que dire du jeune Knippenberg, aussi agité que lucide, indigné par la “royale“ indifférence des autorités consulaires et diplomatiques tant britannique que hollandaise ? La série dresse un portrait sans concession de ces gens payés rubis sur l’ongle, qui se préoccupent plus de leur partie de golf ou de tennis que du sort de leurs compatriotes en danger mortel.

• La série se déroule sur fond de tubes d’Aznavour, Dutronc et consorts particulièrement bien choisis, même s’ils sont parfois grinçants, comme le Requiem pour un con de Gainsbourg. Le Moonlight Mile des Rolling Stones vient achever en apothéose ce périple meurtrier, tout comme il concluait Sticky Fingers, l’un des albums majeurs du groupe, qui berça les seventies.

Points faibles

• Passage obligé pour mieux situer les séquences, les vues sur les mégalopoles asiatiques ne parviennent pas à éviter un Bangkok de carte postale, et les aperçus de Karachi ou de Bombay sont à peu près de la même facture...

• Le surjeu de Knippenberg et l’accent québécois très approximatif de Monique gâchent parfois (mais assez peu) le plaisir.

En deux mots ...

Le Serpent rappelle à une réalité très sombre des babas aussi cools que naïfs, partis pour l’Asie avec des rêves d’évasion tragiquement fracassés.

Un extrait

Alain Gautier [avant de faire assassiner Stéphanie Parry] : « Mais c’est quoi l’amour? C’est juste un conte de fées pour enfants, pour des abrutis comme vous. »

Le réalisateur

• Toby Finlay et Richard Warlow ont adapté le parcours meurtrier de Charles Sobhraj, petit braqueur multirécidiviste, devenu tueur et détrousseur de Hippies sur les routes de Bangkok à Katmandou au milieu des années 1970, et actuellement emprisonné au Népal pour les crimes qu’il y a commis.

• The Serpent a été dirigé par le réalisateur belge Hans Herbots, spécialiste des séries (The Spiral, Riviera).

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